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Critique d'album

Elder


Lore


(27/02/2015 - Stickman Records - Psyché - Stoner - Genre : Rock)
Produit par Justin Pizzoferrato / Carl Saff

1- Compendium / 2- Legend / 3- Lore / 4- Dead Weight / 5- Spirit At Aphelion
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Lore, ou les limites de la conscience musicale hypnotisée"
Etienne, le 23/12/2015
( mots)

Le troisième album du trio de Boston est une étrangeté dont il est délicat de faire une quelconque analyse. Tout d'abord parce qu'Elder pratique un genre hybride de rock, sorte de stoner mêlé d'éléments empruntés autant au doom metal qu'au rock psychédélique et progressif. On pourrait sans mal rapprocher Elder d'Electric Wizard, un quatuor anglais de doom, quoique les américains s'émancipent davantage des occultes références au Sabbath. Ce genre de musique hétérogène est bien souvent délicat à critiquer tant il faut s'imprégner longtemps des morceaux du groupe pour mieux distinguer ça et là quelques perles de compositions souvent noyées dans un amas de distorsion peu digeste. Sauf que. Lore n'a rien de tout ça. L'album se révèle au contraire finement équilibré, entre son rocailleux et expérimentations osées, et tout semble indiquer une écoute facile et un plaisir immédiat. Cétait sans compter sur ces diables d'Elder qui offrent une heure de pure magie, scindée en seulement cinq morceaux. Le marathon commence.


Des cinq pistes présentes sur Lore, une seule s'affranchit de ne pas passer la barre des dix minutes, et encore "Deadweight" dure exactement 9 minutes et 27 secondes. C'est dire l'ampleur de ce qui attend l'auditeur aguerri qui osera presser la touche "Lecture". Pourtant, Lore n'agresse pas, ne propose aucunement une épopée tumultueuse et envoûte par la puissance de sa masse sonore et le brio de ses arrangements minimalistes. On retrouve tout au long de l'écoute assez peu d'effets à l'exception du trio guitare-basse-batterie qui occupe quasiment la totalité de l'espace sonore disponible, et c'est au compte-gouttes que Elder dispense avec maestria quelques pointes de guitares spatiales tout en phasing ("Lore") ou des touches ponctuelles de claviers aquatiques dans la superbe introduction du magistral "Spirit At Aphelion". Les boys du Massachussets osent même la référence outrageuse à Rush (voire au grand Genesis) dès l'introduction du morceau d'ouverture "Compendium", qui voit les guitares s'adonner à un motif cyclique d'une fluidité délicate, avant de basculer dans le côté obscur de Lore, celui d'une rage à peine contenue et d'une puissance abrasive.


Elder propose tout au long de Lore des riffs éclatants au son dantesque, comme celui de "Legend" qui succède avec lourdeur à une longue introduction psychédélique, dualité salutaire qui rythme ces longs morceaux. Bien plus qu'une réelle technicité, le jeu de la guitare est travaillé avec intelligence remarquable alliant à merveille des nappes grésillantes de distorsion avec des longues notes glissées, tirées et ajustées ("Compendium"), ce qui confère à Lore un atout stylistique indéniable. Si Nicholas DiSalvo (chanteur et guitariste) est très en vue dans ce nouvel opus, son comparse Matthew Couto s'affaire à rythmer l'ensemble avec des percussions chirurgicales, un tempo soutenu et un placement impeccable, en atteste l'énorme break de "Deadweight" qui conclut un pont épique et un solo à la wah-wah rond et malaxé à souhait avant de retomber sur le motif principal du morceau. Comme si toute la charge émotionnelle accumulée tout au long du titre ne tenait plus qu'à un fil, avant de définitivement basculer dans l'ombre: un moment de grâce totale. Couto se paie même le luxe de placer quelques silences épiques dans un "Compendium" qui se veut une entrée en matière définitivement réussie. Mais Lore jouit avant tout d'une synergie incroyable entre ces trois protagonistes, capable de créer à eux-seuls des ambiances symbiotiques d'une folle densité.


Alternant avec brio des instants d'une rage mastodonesque avec des ambiances hypnotiques floydiennes ("Lore"), Elder agite le pendule devant des yeux enclins à se laisser bercer par tant d'ingéniosité. Les paupières sont aussi lourdes que "Deadweight" est chaotique alors que Couto matraque ses cymbales avec une régularité méthodique, et on bascule dans les lymbes au son des vocalises lointaines, claires et aériennes de DiSalvo qui rappellent sans mal Black Temple ou encore le récent We Hunt Buffalo. Même si ces dernières flirtent parfois dangereusement avec les limites de la justesse ("Lore"), force est de reconnaitre que le frisson est constant à l'écoute d'un "Legend" bien manié et construit avec une efficacité notoire. On s'abandonne totalement au trio alors que les phrasés cristallins de "Compendium" habille le socle sonore tout en fuzz de la basse grondante de Jack Donovan, qui participe autant que ces petits camarades à maintenir l'état cataleptique dans lequel l'auditeur plonge sans retenue. Si les songes virent parfois au cauchemar lors d'un pont fantomatique écrasé par une binarité monstrueuse ("Lore"), on rejoint facilement les ambiances édulcorées du superbe artwork d'Adrian Dexter qui au travers de son hublot nébuleux appelle à contempler la pureté d'une nature rêvée au son d'un motif de guitare qui rappellera, osons-le, le grand Gilmour de "Echoes" (le dernier pont de "Lore"). C'est un auditeur à fleur de peau que la sensibilité de Lore transcende, autant par l'adresse de son interprétation que par la sauvagerie de sa musicalité.


Et alors que le charme de Lore opère encore sur l'esprit tourmenté, enjôlé et envolé, le superbe "Spirit At Aphelion" vient conclure une épopée musicale grandiose, une retraite spirituelle inattendue au son des motifs cycliques de Elder déclenchant une nouvelle fois l'aliénation totale des fidèles ayant tenté l'expérience. Émergeant à peine d'un voyage émerveillé, il faut admettre qu'Elder frappe un grand coup avec Lore en proposant, en seulement 5 titres, des pièces aussi alambiquées qu'efficaces. Dans le fond, il n'y a rien de bien neuf chez la triplette de Boston, mais le magnétisme qui émane de ses compositions intrigue, étonne et, irrémédiablement, attire. La longueur des morceaux proposés impose un abandon total de tout ce qui pourrait polluer l'écoute très introspective de Lore. Pas de doute, cet album percera toutes les carapaces et assujettira toutes les consciences pour mieux toucher au coeur.


Chansons conseillées: "Lore", "Spirit At Aphelion"

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