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Critique d'album

We Hunt Buffalo


Living Ghosts


(25/09/2015 - Differ-Ant / Fuzzorama - Dirty Grimmy Fuzz - Genre : Hard / Métal)
Produit par Jesse Gander

1- Ragnarok / 2- Back To The River / 3- Prairie Oyster / 4- Hold On / 5- Comatose / 6- Fear / 7- The Barrens / 8- Looking Glass / 9- Walk Again
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Sauvage virée dans les tréfonds des forêts brumeuses de l'Amérique septentrionale"
Etienne, le 17/12/2015
( mots)

Des immensités boisées du Canada émergent nombre de magnificences allant de vastes étendues verdoyantes fourmillant de faune et de flore en tout genre, au scintillement de la robe argentée des sapins enneigés sous la voûte céleste ondulant au gré des aurores boréales. Taillé dans l'érable le plus brut, We Hunt Buffalo s'imbibe des ambiances sylvestres des terres sauvages canadiennes pour distiller avec envoûtement son stoner divin, nappé d'une mélancolie intrusive et très personnelle qui confère autant à la condamnation vindicative d'un monde destructeur qu'à la tristesse des amoureux d'une nature ravagée. En atteste le superbe artwork de Living Ghosts, où l'énorme bison pourchassé embrase la ville, cœur des hommes, à des fins de rébellion et de retour de bâton bien mérité. Le tableau apocalyptique bariolé dépeint par le trio frappe d'entrée un auditeur embarqué dans une sauvage virée dans les tréfonds des forêts brumeuses de l'Amérique septentrionale, dont il ne pourra ressortir indemne.


"Groupe enclin à retrouver et délivrer ce genre mourant de rock 'n roll", la formation de Vancouver a déjà arpenté les routes sinueuses des provinces canadiennes avec des références du genre comme Monster Truck ou Red Fang. Actuellement signée chez Fuzzorama (Truckfighters, Deville, Witchrider) qui assure la distribution de la musique du groupe dans le monde entier, et chez New Damage Records pour le Canada (Danko Jones, Architects, Cancer Bats, USA Of Vietnam, Northlane), We Hunt Buffalo bénéficie d'une logistique de choix et d'un personnel encadrant expérimenté. Après son premier album éponyme sorti en janvier 2012 et l'EP Blood From A Stone datant d'octobre 2013, le trio de bûcherons voit son travail aboutir au-delà des espérances qu'on pouvait placer en eux. Loin d'une formation stoner classique, We Hunt Buffalo est une véritable révélation d'un genre qui étonnamment, est très loin d'avoir dit son dernier mot.


Les altruistes canadiens ne manquent pas de promener l'auditeur sous les cimes ensoleillées d'un bois magique où l'on se perd avec une candide curiosité. Hagard, on cherche son chemin au son d'un "Looking Glass" hypnotisant où les vocalises de Ryan Forsythe, d'abord susurrées, amènent une atmosphère surréaliste à mesure qu'elles gagnent en amplitude et que le trio construit cette longue pièce musicale riche en claviers nébuleux, tremblants sous les à-coups répétés d'une batterie écrasante de puissance. Assommé après un solo de guitare mirobolant, il faut l'énigmatique "Ragnarok" pour recentrer l'attention de l'auditeur avec une longue introduction planante. C'est plus sobrement, tout en écho, réverbération et toile de fond distordue, que le temps se fige et que le groupe nous amène dans une clairière verdoyante où il fait bon se ressourcer dans un torrent froid et régénérateur lors d'un "Back To The River" qui voit pourtant la guitare de Forsythe se délecter d'un riff incisif où la rondeur du son intelligemment travaillé de We Hunt Buffalo rend l'ensemble suave et d'une intensité alarmante. Les lignes mélodiques empruntées par le chant sont d'une efficacité palpable et suffisamment nuancées pour évoquer de brillantes références sans tomber dans un outrancier plagiat (Maylene And The Sons of Disaster), alternant brillamment de belles envolées lyriques claires avec quelques poussées criardes sémillantes. Pourtant, si le trio de Vancouver est capable d'envoûter avec une certaine majesté son auditoire flânant dans ses vertes contrées, il peut tout aussi bien conter la déchéance d'une nature aux abois, condamnée à la survie par la bêtise des hommes.


A l'instar de l'incendie ravageur de la pochette, "Prairie Oyster" écrase tout sur son passage avec son couplet hurlé sans retenue et ses accords gras, lourds et boueux, et tel un bison lancé à toute allure dans les étendues rurales décontenance par la dualité de son chant lorsque le refrain apparaît tout en harmonisations et en longues notes tenues. Un moment d'une urgence oppressante et une furie hors de tout contrôle aussi jouissive que désarmante, dont le propos sert habilement le feu d'un artwork qui prend tout son sens lors d'un "Fear" magistral où la force tellurique colossale du groupe accompagne avec un brio un "Livin' in fear, try to save yourself" sombre et pétrifiant. Les flammes se déchaînent à mesure que We Hunt Buffalo assomme l'auditeur avec ses phrasés de guitares subtils ne dépassant jamais quelques notes, ces breaks de batterie supersoniques et éphémères qui rajoutent à la prouesse technique un placement impeccablement efficient. Le calme se fait alors sentir, la fournaise s'atténue et laisse place aux terres arides, calcinées, desséchées, vierges de toute vie lors d'un "The Barrens" désabusé, dans une veine très hard-rock 70's qu'on pourrait facilement rapprocher du trio islandais Vintage Caravan. Et alors que la promenade entamée sous les lueurs d'un ciel radieux s'est muée en fuite empressée d'un lieu hostile, c'est une déambulation atrabilaire au milieu des cendres de cette nature contemplée précédemment qui s'annonce.


Ce sont des morceaux plaintifs, encore étouffés par les émanations fumeuses des vestiges des forêts brûlées qui structurent la dernière partie d'un voyage aux multiples émois. La guitare aiguisée de "Comatose" laisse l'auditeur dans un état cataleptique, son âme peinant à émerger du tumulte passé, malgré toute la hargne d'un Brandon Carter très en forme derrière ses fûts, n'hésitant pas à placer quelques fulgurances qui renverront directement aux grandes heures de Brann Dailor (Mastodon). Comme la promesse d'un renouveau, le morceau s'évanouit dans une nature nouvelle et "Hold On" adresse un message d'espoir salvateur avec cette voix de tête cristalline délicate qui se pose sur les guitares abyssales comme la plume tombant sur une mer d'huile. Le lent et exquis "Walk Again" parachève l’odyssée sylvestre d'un auditeur abasourdi par tant de maestria en exhortant ce dernier à continuer sa route, comme pour mieux résister, mieux sauver ce qui lui est si cher.


Conférant à ce stoner viril et décomplexé une dimension critique et artistique totalement inédite, We Hunt Buffalo s'assure une réussite totale. Transporté par la virtuosité des compositions du trio de Vancouver, on s'émerveille autant qu'on s'angoisse de cette exploration mouvementée dans les méandres des terres arborées canadiennes. Les émotions sont multiples, disparates, à la fois charnelles et cérébrales, et on se délecte avec une joie non-feinte du peu de titres proposés ici. Il faudra surveiller les canadiens de très près dans les mois à venir. Car nul doute que leurs ambitions osées les porteront aux yeux d'un plus grand nombre, et ce très prochainement.


Chansons conseillées: "Looking Glass", "Prairie Oyster" et "Walk Again"

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