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Critique d'album

Electric Wizard


Witchcult Today


(12/11/2007 - Rise Above Records - Doom - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Witchcult Today / 2- Dunwich / 3- Satanic Rites Of Drugula / 4- Raptus / 5- The Chosen Few / 6- Torquemada / 7- Black Magic Rituals & Perversions / 8- Saturnine
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Le retour en grandes pompes (funèbres) des doomsters britanniques"
Maxime, le 27/11/2007
( mots)

Rares sont les groupes qui peuvent prétendre avoir créé un genre en l’espace d’un seul titre. Non content d’avoir constitué la principale antichambre du heavy metal, Black Sabbath a tout simplement forgé avec le premier morceau de son premier album les traits essentiels d’un des courants underground les plus tétanisants du hard rock. Sorti de la cuisse même des incubes de Birmingham en un jet noir et épais, le doom est tout entier contenu dans "Black Sabbath". Les riffs pachydermiques, le tempo léthargique, le chant imprécatoire. Tandis que trash, death, speed, stoner, grunge, gothic, true, core et autres power metal diluèrent chacun les secrets de fabrication du grand Sab’ en coupant la dose initiale avec des éléments impurs, seuls ces ténébreux instrumentalistes furent les garants obstinés du dogme. Un culte qui débuta dans les années 80 avec des groupes tels que Saint Vitus, Candlemass, Pentagram ou The Obsessed.

Le projet du doom est tout entier contenu dans ce défi : faire encore plus lourd, plus lent, plus suffocant que Black Sabbath. Les progrès techniques en matière d’enregistrement sont tels depuis les années 70 que pas mal de disques de doom sont de véritables chapes de plomb que Tony Iommi n’aurait jamais osé espérer façonner, même dans ses cauchemars les plus lugubres. Et depuis plus de vingt ans, tandis qu’au dehors les modes en matière de rock se font et se défont, les doomsters se vautrent dans leur fosse vaseuse, persiflant à qui veut l’entendre que l’apocalypse nous tend les bras. Véritable mouvement de contre-culture rock, avec ses codes vestimentaires et graphiques (pattes d’eph, longues chevelures, barbes imposantes, célébration des drogues et des puissances occultes) et ses sous-chapelles (drone, sludge), le genre est si souterrain qu’il ne s’est même pas vu pillé par les hordes de gamines gothiques de 15 ans qui portent des ceintures à clous et se teignent les mèches d’un noir de jais. Le doom reste pourtant la bande-son idéale pour une randonnée dans un cimetière nocturne.

Originaire du Dorset, Electric Wizard reste l’une des vitrines les plus alléchantes (ou immondes, c’est selon) du mouvement. Formé en 1993 dans la quiétude sourde de la campagne anglaise, le quatuor s’attire vite les faveurs de Lee Dorian, mythique chanteur de Napalm Death puis de Cathedral, fondateur du label Rise Above (Witchcraft, Sheavy , Firebird, Orange Goblin…), qui est à peu près au doom ce que Sub Pop fut pour le grunge. Un sceau de qualité. Ersatz mal dégrossi de Black Sabbath au départ, le combo affina de plus en plus sa formule malsaine pour offrir en l’an 2000 un Dopethrone quasi-unanimement salué par les connaisseurs. Considéré comme un cador du style depuis, chaque sortie d’un opus des sorciers électriques reste un évènement. Dont celui-ci, sixième réalisation studio.

Si les chamboulements esthétiques sont loin d’être la priorité dans un genre aussi monolithique que le marbre mortuaire, Witchcult Today, sans prôner l’évolution tous azimuts, se veut le fruit d’un travail bien fait et mûrement réfléchi. Le groupe a ainsi investi le studio Toe Rag (The Datsuns, The Bishops) et s’est adjoint les services de son producteur résident Liam Watson. L’association du lieu et du personnage, qui est à l’origine du Elephant des White Stripes, sont les solides soutiens d’un son 100% analogique et percutant. La seconde bonne nouvelle provient de l’artwork. La pochette d’un album de doom, et Electric Wizard n’a pas dérogé à la règle, étant le plus souvent atrocement laide, on reste agréablement surpris par le visuel de ce disque, sobre et épuré, rappelant les premiers numéros de Mad Movies comme les obscures revues dédiées au cinéma fantastique qui pullulaient dans les années 70 tels que Creepy ou Vampirella. La forme est en adéquation parfaite avec le propos puisque Witchcult Today s’improvise comme le synopsis d’un film bis italien où s’interpénètrent hommage à Mario Bava et aux productions de la Hammer, forces sinistres de Lucifer riant à la face du monde et apologie de la consommation de la marijuana.

Ainsi le morceau titre semble avoir été composé pour accompagner les déambulations glauques de Barbara Steele dans Le Masque du Démon ou pour appuyer les scènes gores des Giallos malsains de Lucio Fulci (L’Au-Delà, Frayeurs, La maison près du cimetière). Liz Buckingham tranche ses riff épais à la serpe, criblant l’atmosphère de guitares abyssales. Il est clair que tout espoir a totalement fui le paysage. Tout est enseveli dans un brouillard poisseux. Anéanti par la lave morbide de ses comparses, Justin Oborn, perdu dans le néant, déclame les litanies d’un rituel visant à réveiller les forces du Mal dans le moyenâgeux "Satanic Rites Of Drugula", concluant ses psalmodies sur un "Dunwich" hanté par les âmes égarées n’ayant pu trouver le repos éternel en scandant jusqu’à plus soif "La fin est proche, c’en est fini de nous". Même sanction pour "The Chosen Few", qui n’est qu’un lent ensevelissement dans une tombe profonde et boueuse. Le propos s’engage quelque peu vers un psychédélisme statique sur "Torquemeda", mais les deux ultimes pièces du disque s’empressent de ramener le débat six pieds sous terre. Même si longuet dans son ensemble (avec de telles velléités vintage, autant rester dans les bornes d’un simple vinyle, soit une bonne quarantaine de minutes), Witchcult Today devrait sans problème ravir les aficionados qui se plongeront avec délice dans les brumes de cet album accablant de noirceur. Les autres ont de grandes chances de sortir terrifiés de l’affaire, et jureront y avoir entendu le chant terminal de l’humanité, englouti dans un feed-back sépulcral.

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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