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Critique d'album

Alabama Shakes


Sound & Color


(20/04/2015 - ATO - Revival southern - Genre : Rock)
Produit par Blake Mills

1- Sound & Color / 2- Don't Wanna Fight / 3- Dunes / 4- Future People / 5- Gimme All Your Love / 6- This Feeling / 7- Guess Who / 8- The Greatest / 9- Shoegaze / 10- Miss You / 11- Gemini / 12- Over My Head
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un deuxième album particulièrement réussi, portant le soul rock de Brittany Howards vers les sommets"
Nicolas, le 11/05/2015
( mots)

Quatre coups de médiator assénés avec virulence sur une matrice de velour, couplets de satins blues dans un écrin de cordes nacrées portés par une madonne engeoleuse, refrain apothéotique expulsé crûment dans un torrent d’orgue Hammond, pont apaisé en trompe l’oeil qui relance la cavalcade des guitares, et cette structure en flux et reflux, toute en nuance, méticulosité et délicatesse. “Give Me All Your Love” est l’un de ces morceaux définitifs, l’une de ces évidences qui vous transperce, comme échappée d’un temps immémoriel, la réponse parfaite au “Since I’ve Been Loving You” de Led Zeppelin. Un titre si gigantesque que l’on peine à croire qu’il soit le fruit d’une si jeune formation. Si le nom d’Alabama Shakes ne vous disait rien jusqu’à maintenant, on ne peut dès lors que vous conseiller de réviser vos référentiels.


Le quatuor d’Athens avait déjà amplement retenu l’attention avec son premier album, Boys & Girls, paru il y a quatre ans. On y découvrait le rock sudiste gorgé de blues des Shakes ainsi que la patte vocale de Brittany Howards, la gironde chanteuse noire à la voix de feu, une voix si radicale qu’on l’a très vite comparée à celle de Janis Joplin, avec tous les habituels raccourcis dont raffolent les journalistes en mal d’imagination. Laissons Janis dans sa tombe et louons l’organe de la rondelette américaine qui se hisse sans problème à la hauteur des Aretha Franklin, Robert Plant et autres Bon Scott, les deux derniers n’étant pas le fruit d’une élucubration éthylique mais ayant bien été cités en référence aux reprises de Led Zep et d’AC/DC prisées par le groupe à ses débuts. Aux côtés d’Otis Redding ou de James Brown, car Alabama Shakes ne se contente pas de jouer du rock, aussi influencé soit-il par ses cadors black, mais charge sa musique d’une soul brûlante, d’un rythm and blues langoureux (évitons par pitié le sigle R&B qui renverra immanquablement à la soupe servie par Beyoncé ou Rihanna) et d’un funk quiet. De fait, à l’énoncé de son patronyme, on pourrait initialement se trouver déçu par une musique que l’on aurait bien imaginée “secouée”. Que nenni. Le rock des Shakes est pondéré, paisible, presque cossard par instants, pour mieux éclater ensuite en jets de flammes ardentes. Si Boys & Girls laissait présager le meilleur, Sound & Colour déborde d’une ineffable classe.


L’orgue Hammond, déjà lui, accueille l’auditeur sur le morceau titre, comme une invitation à se recueillir dans une église d’Atlanta, mais très vite la lourde frappe de Steve Johnson dissipe toute torpeur en lançant la machine à soul Murphy qui, en fin de titre, se drappe, dans un confortable manteau de violons. Introduction idéale au so funky et gaillard “Don’t Wanna Fight”, encore une pièce de classe mondiale portée par la gargantuesque vocaliste qui laisse apprécier les nuances de son jeu et de son timbre, tandis qu’en arrière fond les giclées de guitares s’en donnent à coeur joie. La plupart des morceaux de Sound & Colour jouent sur des tempos lents, un rythme propre à nous faire ressentir une torpeur moîte, stuporeuse, indolente, ambiance southern rock dynamitée par les musculeuses vocalises de Britanny Howards, et le tout avec une vraie, une authentique cohérence d’ensemble. On sent le travail du live, l’envie de bercer les foules américaines pour mieux les prendre par surprise au gré de quelques morceaux plus pêchus. Mais si les Shakes tirent en grande partie leur bagout des performances de la chanteuse, on ne saurait trop insister sur trois instrumentistes qui font bien plus que jouer les backing musicians. Que serait devenu le cool “Dunes” sans les coups de bouttoir surpuissants d’un Johnson qui, derrière ses fûts, rappelle bien souvent un certain John Bonham ? Ailleurs, c’est la basse de Zac Cockrell qui cristallise les titres, comme sur le refrain de “Future People” où les conflagrations de la quatre cordes bavent avec jubilation sur le refrain d’un morceau chaloupé dégoulinant de guitares funky. Ceci dit, les trois hommes savent se montrer sages, développant des ambiances qui prêtent au farniente (“This Feeling”) ou aux escapades caribéennes (“Guess Who”). Plus loin, l’exercice du slow à trois temps se voir revisité avec une morgue toute zeppelinienne coupée à la gouaille d’un James Brown (“Miss You”), glissant vers une grande ode charnelle qui flâne le nez dans les étoiles par une nuit sans lune (“Gemini”). Et c’est lorsque l’on s’est laissé emporté dans la nonchalance que le rock se rappelle à notre bon souvenir, tantôt abrasif et crissant (“The Greatest”, là encore tout en déferlantes refluant avec placidité), tantôt pugnace et concerné (“Shoegaze”, un titre qui, pour le coup, n’a rien de shoegaze).


Du tout bon, donc. Alabama Shakes transforme l’essai et magnifie son style sur un deuxième album étonnament mature, aussi travaillé dans l’esprit que direct dans la délivrance, un véritable condensé de musique noire américaine en un peu moins de cinquante minutes. Sound & Colour s’est hissé en tête du Billboard la semaine passée, et ce n’est certainement pas le fruit du hasard. Un disque qu’on ne peut que vous recommander chaudement, très chaudement.

Note de 4/5
Un condensé de soul, funk et rock porté par la voix merveilleusement rétro de Brittany Howard. Le second album d'Alabama Shakes est une totale réussite.
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