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Marilyn Manson, vampire sous prozac


Maxime, le 05/06/2007

Christ inversé et amour cannibale


Il y a quelque chose de pourri au royaume de Manson. Comme un arrière-goût de fête finie, un parfum de naphtaline, d’armes mises à terre et de messe dite. Un vent froid comme le scalpel qui vient rompre le cordon ombilical reliant ce septième album studio à ses prédécesseurs. Car Eat Me, Drink Me est un disque de rupture. Pas la tranquille puis en mouvement puis tout court de notre cher président de la république ; la sèche, la définitive, la résolue. Manson y avance pour la première fois sans masque, non que son maquillage soit remisé au placard mais pour la première fois on sent les tourments de Brian Warner percer derrière l'enveloppe de son homologue artistique, son Janus maléfique qui a tellement absorbé son énergie et son identité au point de le rendre exsangue. C’est bien de vampire qu’il s’agit. Manson a beau citer Alice au Pays des Merveilles pour expliquer le titre de ce disque, le chanteur entrant de l’autre côté du miroir comme l’héroïne de Lewis Caroll, cette piste reste un trompe l’œil qui ne mènera pas bien loin pour qui veut comprendre les tenants et les aboutissants de cet opus.

Pas plus que l’option christique, mange-moi, bois-moi renvoyant bien évidemment au rituel de la Cène de l’Evangile, comme le rappelle l’intéressé : "L’idée d’être consommé par quelqu’un d’autre remonte au mythe du Christ. Un homme qui est devenu un symbole, puis une religion, et qui est consommé par tous ceux qui croient en cette religion." Mais Manson traite la figure christique sur le plan de l’inversement. Car cette fois-ci, le Révérend ne parle pas en parabole, contrairement à Jésus. Tous les personnages antérieurs qu’il s’était créés (l’antéchrist, Oméga…) revêtaient un rôle symbolique ayant pour fonction d’agir comme miroir grossissant sur le monde (et plus particulièrement l’Amérique) pour pouvoir mieux en stigmatiser les tares (politique, religion, société). Ici, le personnage qui vient se donner en offrande ne rayonne pas vers le monde mais se replie en lui-même, en position fœtale, centré sur sa douleur. Le symbole se voit dévoré par ses fidèles, non pour mieux perdurer et accèder à l'éternité via le mythe mais au contraire pour disparaître, s’effacer et laisser place à l'humain, délivré de son rôle prophétique. La fonction symbolique christique est ici inversée, Manson ne devenant pas immortel mais au contraire s’affirmant comme être humain. "Ce disque est l’occasion d’écouter pour la première fois Marilyn Manson devenir humain." Et un être humain, ça fait quoi à part dormir, baiser et manger ? Ça souffre.

Alors, vampire, oui. Mais pas le personnage romantique et séducteur des films de la Hammer ni la créature assoiffée de sang, plutôt le vampire dépeint dans le métrage de Coppola. Un être vieillissant et solitaire, ruminant dans son château poussiéreux ses amours perdues, maudissant sa condition immortelle et souhaitant, justement, connaître un sort semblable à celui des êtres humains. Assez de carnaval et de conquêtes, de provocations stériles et de gloires de pacotille. Roi en échec, parce que sa reine, sa muse, a quitté son royaume. Son divorce, élément déclencheur sans lequel cet album n’aurait pas vu le jour, irrigue tellement ce disque que, sans que personne ne l’évoque (dans la presse web, on est très docile vis-à-vis des attachés de presse), Manson revient tout naturellement sur cette période sombre. "Cet album n’est pas tant inspiré que ça de ma vie, mais si vous l’écoutez vous pourrez tout de même comprendre ce qui m’est arrivé personnellement. Il y a une part de moi dans cet album, parce qu’il a été écrit de façon très spontanée." Et cette part de lui a fortement été chamboulées par les affres et les déceptions de l’amour avec un grand A. "Avec mon mariage, j’ai eu l’impression qu’on me demandait de changer ce que je suis. Et je ne voulais plus être moi-même, je ne voulais plus faire de musique. J’en suis même arrivé au point où je ne voulais plus vivre."

Pour donner forme à cette tranche de vie mise en riff, Manson a opté pour un changement de cap assez net, et s’aventure sur les terres d’un rock plus épuré lorgnant généreusement sur la pop douce amère. Pourtant une partie de ses modèles demeure inchangés, notamment le caméléon Bowie (Diamond Dogs), mais sont aussi évoqués Radiohead (Ok Computer) ou encore Prince (Purple Rain). L’ambition mélodique est très clairement revendiquée. "Généralement, je n’écoute pas ma musique, cette fois-ci j’ai voulu faire un disque que je puisse apprécier, qui s’intègre à mon monde. Finalement, ça m’a poussé à mettre la barre plus haut au niveau du chant. C’est simplement l’album sur lequel je chante le mieux." Pour mettre en scène cette mise à nu discographique, Manson va opter pour une forme plus "théâtrale". "J’aimerais qu’elle soit centrée sur moi sur la scène en tant que chanteur et performer. J’essaie de faire en sorte que cette tournée soit aussi théâtrale que celle de Mechanical Animals. On a choisi de jouer avec Slayer aux Etats-Unis pour cette raison. Je voulais une tournée qui mette en avant ma noirceur et le côté sombre et romantique de ma musique." Rendez-vous donc aux Eurockéennes cet été, pour ceux qui auraient raté les récents concerts à Bercy, pour assister à cette thérapie par le riff sous les sunlights.


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