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Marilyn Manson, vampire sous prozac


Maxime, le 05/06/2007

Fin du carnaval gothico-burlesque


Sorti le 4 juin, Eat Me, Drink Me joue donc la carte d’un (relatif) dépouillement. Loin des albums conceptuels précédents, éloigné des dissonances électro-indus comme des scories glam, le disque se fait le héraut d’un rock d’une facture plus conventionnelle bien qu’appuyée sur un son bien bétonné, bien, disons, américain. Noir, sombre, gothique, oui, mais rien d’ostentatoire. Les onze titres de l’album sont d’une même teinte, d’un même bloc, taillés du même marbre mortuaire. Le ton est donné dès le morceau liminaire, "If I Was Your Vampire", longue pièce élégiaque de plus de 6 minutes : ambiance plombée, chaque coup de batterie sonnant comme une sanction inexorable, déchirements de guitares. Ponctuellement, des grandes rasades de solos hard viennent traverser l’espace ("Putting Holes In Happiness", "Just A Car Crash Away"), étranges exercices de style dans l'univers de Manson, comme une espèce de Bon Jovi tordu arnaché sur un train fantôme. Sur ce dernier morceau, Manson se fait crooner glauque et verdâtre, ruminant au fond d’un bar lugubre sur une mélopée progressant comme un mécanisme diabolique et inflexible, menant inéluctablement sur la même issue.

Sur le premier single, "Heart-Shaped Glasses", Manson revient sur des terrains acidulés, avec une comptine en forme de supplique. "Ne brise pas mon cœur et je ne briserai pas tes lunettes en forme de cœur", la référence au Lolita de Nabokov étant évidente. Eat Me, Drink Me, bien que centré sur la douleur personnelle, n’est pas pour autant un disque statique comme peuvent l’être ceux de Joy Division, ou perpétuellement descendant, comme ceux d’Alice in Chains. Il avance de façon cyclique, la perte d’un amour laissant place à la découverte d’un autre, cependant menacée par les tourments antérieurs. Passé les cinq premières chansons, l’album prend du nerf, se risque à quelques ritournelles électriques, mais constamment placées sous une épée de Damoclès. Preuve en est ce "Are You The Rabbit" qui ouvre en grandes pompes une marche funéraire aussi glorieuse que lugubre qui minimise le final "Eat Me, Drink Me", manquant quelque peu de souffle.

Suffit-il de marquer une rupture pour convaincre ? Pas évident. Sur le fond, cet album reste conforme à la moyenne des productions de Marilyn Manson : bancal, pas intégralement de haut niveau. Si l’homme a toujours eu le nez creux quand il s’agit de mettre en image son univers et de titiller l’american way of life là où ça fait mal, ses disques ont tous été plus ou moins inégaux. Et ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. Parfois redondant, parfois plus convaincant, sans doute décevra-t-il quelques fans au vue de sa maigre teneur en singles potentiels. Car bien que moins violent que ses prédécesseurs, Eat Me, Drink Me est paradoxalement moins accessible. Et surtout, sont-ils prêts à accepter cinquante minutes de complaintes sans aucune diatribe contre Dieu, le gouvernement américain ou le star system ? Manson s’en sort toutefois avec un disque honnête, qui offre plusieurs fois matière à réjouir (bien que Mechanical Animals s’en sortait mieux sur le plan popisant). Mais son grand bazar gothico-burlesque a tendance à manquer.


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Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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