↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.

Eiffel : les ahuris assiègent l'Olympia


Maxime, le 04/12/2007

Olympia : Live Report (19 novembre 2007)


Arrivé boulevard des Capucines, on s’arrête quelques secondes pour admirer la vue. Eiffel s’illumine en néons rouges sur la façade de la plus mythique des salles parisiennes. Celle-là même qui s’est parée pour accueillir les Beatles il y a plus de quarante ans et qui n’ouvre désormais ses portes qu’aux tenants de la varitoche contemporaine ou des légendes passées sur le retour. Quelques exception demeurent : dans le hall on annonce la venue de Luke comme celle des Rita Mitsouko, un concert qui sera tragiquement annulé quelques semaines plus tard dans les circonstances que l’on connaît… Pour l’heure de petits groupes se forment sur le trottoir. On le sait tous, ce concert sera peut-être le dernier d’Eiffel dans sa forme actuelle… ou pas, le quatuor étant à ce jour toujours incapable de statuer de façon définitive sur son futur. Cependant les grèves des transports viennent jeter leur grain de sel dans ce grand rassemblement annoncé. Certains ne pourront pas venir, d’autres ont dû échafauder de savants plans de sauvetage. Agrippés à leur téléphone portable, les gens ne cessent de jouer au GPS afin de guider leurs camarades. Mais la joie prime sur les difficultés matérielles, et même l’apparat un peu guidé de l’Olympia, avec son tapis rouge brossé, ses glaces impeccables et ses ouvreurs en costume s’estompe sous la bonne humeur ambiante. Dans le hall, on fait circuler le texte des "Yeux fermés" qu’on nous demande de chanter lors du premier rappel. Partout, les spectateurs affichent fièrement leur t-shirt Les Ahuris, le collectif des fans d’Eiffel. Petit voyage à l'intérieur pour s’apercevoir que la salle n’est certes pas comble mais remplie aux trois quarts. On est loin de la bérézina annoncée. Petite victoire donc que cet Olympia arraché à la force du poignet, sans aide de la maison de disques, en se reposant sur le bouche-à-oreille et une communauté de fans très active.

Comme à son habitude, Romain Humeau s’approche du micro pour présenter la première partie. Cette fois-ci il s’agit de Victoria Tibblin, dont le buzz commence à monter notamment grâce à un titre passant sur le Mouv’. Dans le genre jolie jeune femme énervée, la blonde platine assure. Armée de sa SG et d’une tenue qu’on dira, hum, légère, Victoria rugit, gronde d’un râle rauque pour partir dans des cris suraigus la seconde suivante, dangereusement appuyée sur des riffs grésillants sobrement tranchés et une rythmique plombée. L’accueil reste poli, même plutôt chaleureux sur les titres les plus énervés ("Make Me Pretty") mais le nom d’Eiffel ne cesse de squatter l’esprit de l’assistance. Une parenthèse folk un peu longuette vient faire retomber un peu l’ambiance, mais le groupe sort la tête haute de l’exercice.


Une petite demi-heure plus tard paraissent les rois de la soirée sous les cris d’une foule se dressant comme un seul homme. Avoir interviewé Romain Humeau ne nous privilégiera pas beaucoup face aux autres spectateurs, l’homme étant resté très vague sur les surprises qu’il préparait pour ce concert. Le mystère se lève sur l’entame, avec un "Shalom" acoustique accompagné par des danseurs de Tango. Peu disert, on retrouve le quatuor tel qu’on le connaît : tout en nerf dehors. Les premiers titres, véritable batterie de petit brûlots rageurs ("Il pleut des cordes", "Saoul", "Ma part d’ombre", "Girls Just Wanna Have Fun", reprise de Cindy Lauper) sont enchaînés rapidement, même si le début reste un peu chaotique. Il y a des pains et le mix met trop en avant la voix d’Humeau par rapport aux distorsions de la guitare d’Estelle et la batterie de Christophe. Ce qui ne fait au final que sortir le set de l’aspect un peu solennel qu’il aurait pu avoir en lui conférant une fragilité bienvenue. Sur "Paris-Minuit" le public entame un véritable sprint avec Romain Humeau, scandant à tue-tête les moindres rimes de ce titre frondeur. Autre originalité : un violon et un saxo font de temps à autres leur apparition, notamment sur un "Bigger Than The Biggest" se barrant en délires free-jazz. Un peu longuet aux entournures.

La seule information tangible que nous détenions avant de rentrer dans la salle était que le groupe jouerait 27 titres, d’où la porte ouverte à tous les fantasmes. Eiffel allait-il interpréter des morceaux qu’on n’avait pas l’habitude d’entendre tels que "Quelqu’un", "Au néant", "T’as tout tu profites de rien", voire, allons-y carrément, allait-il piocher dans des inédits tels que le formidable "Versailles" ou l’insouciant "Douce adolescence" ? En fait, que nenni. Tandoori sera joué dans sa quasi-intégralité (à l’exception de "Rien n’est pour de vrai", "Gnomes On My Back" et "L’opium du peuple"), seul véritable prétexte à l’allongement de la set-list. Peut-être qu’on n’abordait pas ce live avec la bonne focale : il ne fallait pas attendre une espèce de grande messe où public et groupe s’étreindraient mutuellement en osmose totale. Pas d’instant sentencieux où on se crierait des "je t’aime" à qui mieux-mieux. Pas d’ultime best of avant de tirer sa révérence. Juste la dernière date d’une tournée, avec un album à défendre, avec plus de temps pour jouer, certes, mais pas de scénographie larmoyante en forme d’ultime adieu. Le public jette des confettis, et Humeau sursaute de surprise, aussi stupéfait que confondu face à cette attention réglée avec une ferveur métronomique par les fans.

Ce divorce entre une audience cérémonieusement préparée à un au revoir tonitruant et un groupe venu surtout livrer un bon concert se consomme lors du premier rappel qui s’ouvre sur les "Yeux fermés". Le scénario était parfait : les papiers étaient distribués, les paroles apprises par cœur, les briquets prêts à être allumés. C’était génialement goupillé. Il n’y avait plus qu’à laisser aller, Humeau chantant doucement l’un des titres les plus appréciés des fans et ces derniers lui restituant le texte d’un même mouvement, les yeux dans les yeux. Et puis voilà qu’au lieu de fredonner "s’accrocher… à rien", l'homme se met à chanter "s’accrocher… à que dalle". Petit moment de stupeur dans le public. Ultime pied de nez pour s'empêcher de verser dans la liturgie. Pour le reste, le rappel est essaimé d’une reprise de Brel ("le plat pays") puis d’"Inverse-moi" et d'un "Hype" aux petits oignons. Un petit speech pour remercier tout le monde ouvre le second rappel, suivit d’un formidable "J’voudrais pas crever" qui prend une couleur des plus poignantes vu le contexte. Humeau présente sa troupe, évoque les noms de tous ceux qui ont pu aider Eiffel à travers son existence et lance un ultime : "à bientôt… ou pas". Alors que les lumières se rallument le public ne cesse de scander "Eiffel, continue !" Entende qui pourra.
En savoir plus sur Eiffel,
Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Album de la semaine

The Killers


Pressure Machine


"

Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

"
À lire également