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Billet Albums

Pourquoi le Record Store Day ?


Alan, le 18/04/2015

Ça y est, c’est parti ! Comme chaque année depuis maintenant neuf ans, ce troisième samedi d’avril fédère artistes, fans et disquaires autour d’une seule et même cause : promouvoir sans relâche la culture du disquaire indépendant qui s’estompe malheureusement un peu plus d’année en année. Car clairement : à l’heure où Amazon et Google viennent jusqu’à votre fenêtre livrer à grand renfort de drones vos achats effectués en trois clics la veille, à quoi bon s’aventurer dans les rues les plus hasardeuses qui environnent Châtelet pour aller dans une boutique miteuse acheter un disque qu’on paiera sans doute plus cher que sur les sites d’achat en ligne ? Avec en plus le développement exponentiel de l’e-commerce de seconde main, Internet propose désormais un catalogue colossal pour des sommes dérisoires, sans parler des innombrables offres de streaming et des tout aussi nombreuses plates-formes de téléchargement qui font encore et toujours progresser l’impitoyable format digital face aux supports physiques : c’est pas si cher, ça prend pas de place et c’est somme toute de relativement bonne qualité. Y’a pas à dire : le digital, ça a très clairement ses points positifs.

Et malgré tout, impossible de m’émoustiller face à une bibliothèque iTunes qui n’en reste pas moins incroyablement fournie - sans doute bien plus que tout ce que papa, maman, tonton ou grand-mère ont pu rassembler en plusieurs dizaines d'années. Pourtant, tout est là : les chansons, toutes sans exception, les pochettes d’albums, colorées et attrayantes, et toutes les informations que l’on peut - ou non - renseigner à loisir, jusqu’aux BPM de chaque morceau - sans doute un délire de batteur. Mais rien n’y fait : il n’y a décidément rien de fascinant à voir défiler des amas de pixels et des séries de 1 et de 0 toutes savamment encodées. À défaut d’être magique, le digital reste tout de même pratique, mais bon. Fait chier quoi.

Où est passée la magie qui accompagne le rituel d'acquisition d’une nouvelle galette ? Celle qui commence par le passage des doigts qui effleurent l’emballage plastique - voire même la pochette cartonnée pour les fans inconditionnels de vintage - de chaque disque en parcourant les rayons à la recherche de la perle rare ? Ce même emballage plastique qui nous fait pourtant systématiquement pester dans les minutes suivant l’achat : qui n’a jamais connu ce sentiment d’exaspération face à cette foutue languette rouge qui demeure insaisissable, même avec des ongles ? Putain ! Pour peu que des stickers aient été collés non pas sur ce même emballage mais bel et bien directement sur le boîtier, ce sont quelques pénibles minutes qui s’ajoutent à ce calvaire qui n’a déjà que trop duré. Mais quand enfin l’objet se voit entièrement déballé…

C’est comme tenir un trésor entre ses mains : on l’observe, on l’admire, on le chérit. Puis on le décortique avec attention, le regardant sous tous ses angles avant de finalement introduire l’objet tant convoité dans une platine adéquate et d’appuyer sur lecture. Et c’est alors un tout autre voyage qui commence, mais musical cette fois-ci, venant compléter au sein d’une synesthésie contemplative une expérience visuelle et tactile déjà riche et délicieuse… du moins quand l’album en question en vaut la peine, parce qu’avec son identité visuelle tout bonnement dégueulasse et criarde et sa caisse claire de l’Enfer, St. Anger m’apparaît encore aujourd’hui comme les 20 € que je ne récupèrerai jamais, et ce presque dix ans après l’achat.

Il n’est nullement question ici de faire du bourrage de crâne quelconque, mais plutôt de partager un ressenti. Parce que le Record Store Day, c’est cela même : renouer avec le disque, à l’ère de la dématérialisation et de la boulimie musicale. Et quoi de mieux que de descendre chez un disquaire, un vrai, afin d’échanger et de partager avec d’autres passionnés ? Ça vaut quand même mieux qu’un billet posté sur un webzine… non ? Alors aujourd’hui, parce que c’est samedi, qu’il fait beau et que la plupart d’entre vous va sûrement en profiter pour aller faire un tour en ville, il pourrait être intéressant de s'arrêter quelques minutes chez un disquaire, sachant que celui-ci pourrait avoir son lot d’exclusivités à vous proposer aujourd’hui seulement. En voici d’ailleurs dix qui pourraient peut-être vous convaincre de prendre part à cette cinquième édition française du Record Store Day - allez, faisons les choses bien : Disquaire Day.

The Doors - Strange Days (mono)

Est-il vraiment nécessaire d’épiloguer une énième fois sur ce que représentaient les Doors et Jim Morrison en 1967 ? Sorti peu de temps après le Summer of Love, Strange Days est un incontournable de cette deuxième moitié des sixties marquée par la contre-culture hippie qui, aujourd’hui encore, fascine bon nombre de fans qui vendraient père et mère pour pouvoir goûter ne serait-ce qu’une seconde aux plaisirs coupables auxquels s’adonnaient les festivaliers de Woodstock. Vous êtes de ceux-là ? Dans ce cas, à défaut de prendre part à une orgie sous LSD (parce que bon…), vous pouvez toujours vous (re)mater Forrest Gump tout en écoutant Strange Days, sur vinyle et en mono. Comme en soixante-sept, quoi.

Foo Fighters - Songs From the Laundry Room

Parce qu’avant d’être l’un des plus gros groupes de rock de la décennie, Foo Fighters n’était ni plus ni moins qu’un alias pour sieur Dave Grohl qui, quand il ne martelait pas ses fûts pour Nirvana, composait ses propres morceaux. Ce sont donc quatre démos datant de cette période 1991-93 que l’on retrouve sur ce Songs From the Laundry Room, parmi lesquelles deux morceaux inédits - “Empty Handed” et “Kids in America”, une reprise de Kim Wilde. Un immanquable de ce RSD 2015, non pas pour son contenu, mais bel et bien parce qu’il a effectivement été enregistré dans une buanderie. Si si, c’est même Dave Grohl qui l’a dit. 

The Go! Team - “Ye Ye Yamaha” 

De par son identité aussi unique qu’éclectique, The Go! Team est un groupe qui mérite de toute manière qu’on lui prête attention. A fortiori, lorsque celui-ci propose sur vinyle un ode à la moto chanté en français par une Française, ça mérite au moins qu’on y prête une oreille, au mieux qu’on fasse l’acquisition de ce qu’Ian Parton appelle avec une part de vérité “une version plus badass d’”Harley Davidson” de Brigitte Bardot”. Et pour ceux qui sont restés coincés dans les années soixante avec Strange Days, vous n’aurez qu’à regarder Easy Rider : ça vous donnera une bonne raison d’écouter cette perle hallucinée qu’est “Ye Ye Yamaha”.

Johnny Marr - “I Feel You”

La guitare des Smiths qui convertit le synth-blues palpitant de Depeche Mode en un classique instantané de Brit-rock bluesy. Les plus concis se seraient contentés de dire “Johnny Marr qui reprend Depeche Mode”, c’aurait été tout aussi clair et amplement suffisant.

Robert Plant - More Roar

En sublimant sa musique sur Lullaby and… The Ceaseless Roar, un album à la croisée de toutes ses influences, Robert Plant poursuivait avec succès son épopée post-Led Zeppelin. Indéniablement un des meilleurs albums de 2014, Lullaby a droit avec More Roar à une sympathique extension comprenant trois versions live de morceaux issus de la galette… et même un bon “Whole Lotta Love” bien senti. Autant dire qu’on aurait tord de se priver.

Ride - OX4_

La reformation de l’un des groupes phares du shoegaze a fait couler beaucoup d’encre. Si vous n’êtes pas très familiers avec la musique de Ride, cette réédition est l’occasion rêvée de vous faire un aperçu global de la discographie d’un des groupes les plus influents des années quatre-vingt-dix - une entrée en matière de qualité avant d’attaquer Nowhere, chef-d’oeuvre fondateur du shoegaze aussi mythique que délectable.

Sex Pistols - Spunk

The alternative debut album” : paru en même temps que Never Mind the Bollocks, Spunk était un bootleg supposément mis en circulation par Malcolm McLaren himself. Album démo enregistré avant l’arrivée de Sid Vicious, celui-ci comporte l’ensemble des titres qui figurent sur son homologue officiel… dans une esthétique bien plus no future, avec une production joyeusement crade au possible sur certains titres. À (re)découvrir de toute urgence.

Stone Sour - Meanwhile in Burbank…

Quand Corey Taylor, l’un des meilleurs chanteurs de la scène metal actuelle, reprend cinq essentiels du répertoire hard ’n’ heavy, le résultat est tout simplement bluffant : qu’il s’agisse de l'enragé “Creeping Death” ou du débridé “Heading Out to the Highway”, Meanwhile in Burbank…, belle réussite de la part de Stone Sour, parvient presque à faire digérer l’éviction de Jim Root qui manque quand même un petit peu. Mais juste un peu, donc rien d'affolant.

The Stooges - Live at Ungano’s

Puisqu’on parlait punk, impossible de ne pas mentionner les Stooges : enregistré par Danny Fields, qui avait signé Iggy et les frères Asheton chez Elektra en 1969, ce live de 1970 voit les Stooges rejouer Fun House, alors tout juste sorti, en intégralité. La légende raconte que Johnny Winter et Miles Davis étaient présents dans l'assemblée, et que ce bon vieux Miles aurait même dit que “les Stooges sont originaux : ils ont la fougue”. Un concert des Stooges qui a su convaincre l’impitoyable Miles Davis, autant le dire tout de suite : c’est du très lourd. Ça tombe bien, c’est de retour dans les bacs aujourd’hui.

The Who - “Be Lucky”/“Can’t Explain”

Les Who fêtaient l’année dernière leurs cinquante ans de carrière - un sacré cap. Quoi de mieux pour résumer cinq décennies de rock british à la fois furieux et novateur qu’un 45 tours regroupant le premier et le dernier single du père Townshend et de sa bande ? 

Toujours pas convaincus ? Dans ce cas, joker Dave Grohl. Et oui, c’est bel et bien à tonton Dave que revient le rôle d’ambassadeur du Record Store Day cette année ! Si même avec ça vous ne changez pas d’avis, on ne peut plus rien pour vous.

Bon Disquaire Day à tous !

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Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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