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Critique d'album

The Vaccines


Back In Love City


(10/09/2021 - AWAL Recordings - Noisy pop - Genre : Rock)
Produit par Andrew Maury

1- Back In Love City / 2- Alone Star / 3- Headphones Baby / 4- Wanderlust / 5- Paranormal Romance / 6- El Paso / 7- Jump Off The Top / 8- XCT / 9- Bandit / 10- People's Republic of Desire / 11- Savage / 12- Heart Land / 13- Pink Water Pistols
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le souffle chaleureux d'une brise estivale"
Julien, le 17/11/2021
( mots)

Avec l’arrivée de cette cinquième production de The Vaccines, un premier bilan s’impose.
En 2011 le titre de leur premier album What Did You Expect from The Vaccines ? interroge : s’agit-il d’une ingénieuse provocation ou d’un modeste manque de confiance en cette publication ? Toujours est il que l’ensemble fonctionne à la perfection : on goûte ici à une énergie désinvolte parsemée d’une mélancolie qui renvoie irrémédiablement aux plus belles heures de The Strokes. Un fort potentiel dont s’empare la presse britannique pour faire porter à la troupe de Justin Young les promesses du renouveau pour le rock alternatif “made in UK”. En réponse, The Vaccines réitèrent en 2012 avec Come Of Age et proposent une palette de tubes imparables, parfaits pour la diffusion de masse et l’incrémentation dans l’inconscient collectif. Les quatre gars de l’ouest de Londres semblent à bout de souffle au moment de sortir leur troisième opus English Graffiti, un laboratoire pour expérimentation d’un nouveau genre : fade et apathique. On avait laissé le groupe en 2019 avec Combat Sport, voulu comme le contre-pied parfait au précédent effort, certes plus incisif, mais au résultat plus que discutable. Le disque joue aux montagnes russes et laisse derrière lui un sentiment de nonchalance (pour ne pas dire de paresse) dans le travail de composition. 


Le lancement de Back In Love City, permettra-t-il de répondre aujourd’hui à la question posée en 2011 : What Did You Expect from The Vaccines ? : les britanniques arrêteront ils de nous promener de registre en registre au fil de leurs nouvelles productions pour nous offrir quelque chose de consistant dans sa globalité ?
Des souhaits qui ne seront qu’à moitié exhaussés et pourtant la qualité est bien au rendez-vous.
Explications. 


Le premier constat qui saute aux oreilles en lançant ce disque c’est l’immédiateté que l’on ressent dès la première écoute. Clairement ça passe ou ça casse mais la propension qu’à The Vaccines à balancer des mélodies entêtantes est assez incroyable. La recette est simple : une construction instrumentale rudimentaire, une rythmique lancée à vive allure et quelques arrangements pour doper un peu plus l’ensemble. Voilà. Derrière, Justin Young fait tout le travail ou presque, et sans s’y attendre on se retrouve à fredonner le refrain de “Paranormal Romance” tout un après-midi, ou à siffloter dans la rue “Jump Off The Top”. 


Mais cette approche primaire (qui aime bien châtie bien) porte en elle le défaut majeur de cette cinquième production, et plus généralement de The Vaccines, un manque cruel d’ambition technique dans la construction des morceaux. En résulte une impression de facilité et de légèreté qui fait des Londoniens un groupe impersonnel qui semble toujours chercher un style malgré une discographie relativement fournie maintenant. Leur crédo : l’efficacité mélodique. 


Un constat symbolisé (presque jusqu’à la caricature) par le premier single extrait de Back In Love City: “Headphones Baby”. Il s’en dégage une forme de naïveté un peu mièvre dont la démarche musicale est d’une déconcertante candeur. Mais quel modèle d’efficacité ! Un souffle positif indéniable ressort à l’écoute de ce titre qui effacera sans la moindre difficulté la morosité automnale pour nous replonger en été le long des routes de bords de plage. Une bouffée de chaleur accompagne ce disque au point de s’interroger sur une sortie mieux programmée en plein été tant le morceau “El Paso” invite à siroter un mojito, bercé par sa rythmique et bien calé dans un hamac. Un morceau vêtu d’apparats très grossiers : arrangements électro, souffle de réverb, boite à rythme… pris un par un ces éléments ont tout pour que l’on se retrouve en face d’une immondice pop/électro. Il n’en est rien, “El Paso” s’habille impeccablement de cette modernité sonore pour se transformer un single tout en chill, raffiné et une nouvelle fois inévitablement efficace. Un exercice casse-gueule que The Vaccines passent haut la main. 


C’est le second point majeur qui marque la qualité de cet album : les Anglais ont su apprivoiser les artificieux arrangements de la pop-moderne pour les mettre au service de leurs compositions. Ainsi le morceau éponyme “Back In love City” s’avance masqué par la réverb et les échos entendus sur les chœurs, et quand le pré-refrain parachève sa parade redondante, il est déchiré par un savoureux riff de guitare qu’Enio Morricone n’aurait pas boudé, faisant de la chanson d’ouverture une ville western futuriste absolument délectable. De la bande son pour cow-boy avant-gardiste, on passe à une guitare taillée pour apprenti-espion sur “Alone Star”, avant que le titre n’entre dans une dimension plus sophistiquée via l’utilisation de cuivres qui ne sont pas sans rappeler un registre déroulé par Kasabian. L’influence de l’ex monstres à deux têtes de Leicester devient plus que tangible sur “Wanderlust” avec son riff en introduction qui va se chercher une personnalité rageuse grâce à l’utilisation de la fuzz jusqu’à ce que les cuivres imposent un léger répit avant l’explosion finale. 


Enfin deux titres se chargent d’apporter du caractère et de la chair à un album jusque-là très agréable bien qu’un peu facile. On retrouve ainsi dans “Heart Land” un Justin Young qui évolue vocalement dans un registre qui renvoie au premier album de 2011, caresse mélancolique portée par une instrumentation sereine dont les accentuations sont mises au service d’une science mélodique merveilleusement prononcée. A l’opposé se trouve “XCT” : nerveux et sous tension. Le son est enragé et le flow balancé par son chanteur moud petit à petit chaque grains de sagesse contenus chez l’auditeur pour le faire complètement basculer dans la furia au travers de son outro épique bâtie pour mettre à l’envers une boîte de nuit ou une foule de festivaliers. 


Si Back In Love City n’est clairement pas l’album qui permet de définir The Vaccines dans un style qui leur serait propre, il a le mérite de souligner le talent mélodique que les quatre anglais (en particulier son chanteur) sont capables de cumuler au sein d’une même galette. Un cinquième opus qui nous propose une palette des genres et atmosphères en faisant fi de toute forme de redondance. Il faut en revanche tirer un trait sur la capacité des britanniques à dévoiler une forme d’ambition ou de sophistication par la technicité qui n’est clairement pas le fort du groupe londonien. Il n’en reste pas moins que Back In Love City est un disque réussi et qu’il se prêtera parfaitement à la diffusion lors des soirées entre amis. 


 

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