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Critique d'album

Supertramp


Supertramp


(10/08/1970 - A&M Records - - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Surely / 2- It's A Long Road / 3- Aubade / And I Am Not Like Other Birds of Prey / 4- Words Unspoken / 5- Maybe I'm a Beggar / 6- Home Again / 7- Nothing to Show / 8- Shadow Song / 9- Try Again / 10- Surely (reprise)
Note de 5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Un premier album énormément sous-estimé"
Mathieu, le 05/12/2020
( mots)

 Beaucoup pensent que la carrière de Supertramp débute avec la sortie de Crime of the century en 1974, troisième production du groupe leur ayant ouvert les portes du panthéon du rock. Pourtant, les deux albums qui ont précédés ne constituaient pas de simples coups d’essais, et méritent une écoute tout aussi attentive. Passé inaperçu lors de sa sortie, le premier disque du groupe fête cette année ses 50 ans et pour l’occasion, essayons de lui redonner un petit coup de jeune, celui-ci étant toujours aussi méconnu du grand public. Et pour preuve, il est introuvable sur les grosses plateformes de streaming. Un bon prétexte pour se rendre chez son disquaire pour y fouiller les bacs et se procurer un exemplaire, car finalement, on y trouve de bonnes (voir très bonnes) choses en prenant le temps de se plonger dans le regard troublant de cette rose humanoïde...


Avant toute chose, plaçons l’œuvre dans son contexte. L’histoire des Supertramp remonte à 1969, dans un club de Munich où la prestation de Rick Davis, accompagné de son groupe de l’époque The Joint, est remarquée par un millionnaire néerlandais, Sam Miesgaes. Après avoir financé le groupe pendant trois petits mois, l’homme d’affaire, guidé par son flair, évinça les autres membres du groupe pour ne garder que Davis et l’inciter à monter sa propre affaire. Contrat en poche, le musicien se lança dans une série d’auditions au cours desquels il tomba sous le charme des capacités vocales d’un certain Roger Hodgson. Richard Palmer - soit dit en passant futur parolier pour King Crismon - est enrôlé en tant que guitariste (il participera de très près à l’écriture des textes de ce premier disque) et c’est d’ailleurs lui qui baptisa Supertramp, inspiré par un roman de William Henry Davies. Enfin, Robert Millar est placé derrière les fûts, pour assurer les fondations rythmiques de la formation nouvellement créée.


Les quatre garçons enchainèrent les concerts, toujours dans le même club de Munich, histoire de se faire la main et de nouer une certaine complicité artistique. C’est ainsi, que quelques mois plus tard, ils décidèrent de rentrer au Royaume-Uni, l’idée d’un premier album en tête et soutenus par leur ange gardien aux billets verts, leur ayant décrochés un contrat auprès de A&M. Nous sommes en 1970 et Supertramp s’était lancé, sans producteur, dans la construction de leur premier album, enregistré – par superstition - exclusivement de nuit, dans un studio de Londres.


On qualifie généralement Supertramp de groupe pop/rock avec en tête leurs succès interplanétaires que sont "Give a Little Bit", "The Logical Song" ou encore "It’s Raining Again", poncés par les radios du monde entier. Pourtant, les débuts du groupe lorgnent vers une musique plus chiadée, épurée, aux accents fortement progressifs, et c’est justement l’absence de producteur qui rend ce disque unique en son genre. Chaque musicien est libre de s’exprimer dans cette ambiance globalement pop, teintée de notes progressives et grandement influencée par le mouvement psychédélique du début des années 70. Qu’on se le redise, l’album est sorti dans l’indifférence la plus totale, peut être en avance sur son temps, le rock progressif n’atteignant son apogée qu’au milieu des années 70. Le groupe n’a en effet connu le succès commercial que plus tardivement, en incorporant des éléments plus accessibles à leurs arrangements (ce qui ne manquera pas de créer certaines tensions entre Hodgson et Davies,  mais le débat n’est pas ici).


Si l’on connait le Supertramp post Crime of the century, ce premier effort peut paraitre musicalement assez épuré. Pas d’envolées symphoniques, de groove permanent, ni de solos de saxophone à foison. Le tout est ici contrabalancé par l’omniprésence de l’orgue de Davies et l’utilisation de la flute à bec. La technicité musicale n’en est pas moins absente, premier exemple avec "It’s a Long Road", aux rythmiques jazzy où la voix de Hodgson se mêle à merveille aux claviers sautillants de Davies. Un petit solo d’Harmonica bien sympathique vient même se glisser en conclusion de cette mise en bouche réussie. L’impressionnant "Nothing to Show" déboulant en ouverture de face B, vient d’ailleurs confirmer l’assurance et le talent des musiciens. On reste bouche bée face aux longues improvisations de claviers, guitare et percussions qui se partagent la vedette. L’équilibre est parfait, et le titre s’avère être l’un des plus réussi. On remarquera d’ailleurs ici les prémisses de l’identité du groupe que l’on connait aujourd’hui, avec un titre dynamique et des plus accessibles.


Malgré quelques redondances et passages un peu vides ("Shadow Song", un peu plate et monotone à mon goût et "Maybe I’m a Beggar", un peu longuette malgré un solo de guitare plutôt réussi), les Anglais parviennent à nous présenter un versant plus doux et sensible de leur personnalité avec avec des titres touchants. "Aubade / I Am Not Like Other Birds Of Prey", et son introduction mystérieuse, débouche sur un délicat arrangement construit autour d’une guitare folk et d’une basse ronde et chaude à souhait où le chant angélique de Hodgson peut tranquillement se poser. Mention spéciale, justement, pour la basse du titre suivant "Words Unspoken" qui apporte une magnifique profondeur à l'ensemble. 


"Try Again", ultime sursaut progressif, du haut de ses 12 minutes, complexe dans sa structure mais en même temps tellement naturel, prends le temps de développer chaque texture. Chaque élément est à sa place ici, même la véritable césure intervenant aux deux tiers du morceau permettant de nous remettre du magistral solo de guitare qui a précédé. On navigue tout au long de ce titre, entre ombre et lumière sans perdre le fil de ce qui nous est proposé. C’est cohérent, c'est savamment orchestré et l’alchimie entre les quatre membres est plus que notable. On notera le malin retour de la flute qui aura finalement joué un rôle central tout au long de l’album, apportant un côté authentique aux compositions. L’album se termine sur un air d’au revoir, avec "Surely", parfaite ballade de conclusion, introduite en début de disque.


Cet album peut s’avérer en somme comme l’un des moins accessibles de Supertramp mais mérite une oreille des plus attentives. On y décèle sans trop d'efforts de belles subtilités en se laissant emporter par la beauté des arrangements. Ce premier disque permet une approche du groupe sous un angle moins commercial, sans artifices et plus axé sur la musicalité. Un album clairement sous-estimé, retraçant les débuts de l'électrique paire Davis/Hodgson.


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