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Critique d'album

Starcastle


Citadel


(00/10/1977 - Epic records - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Shine On Brightly / 2- Shadows of Song / 3- Can't Think Twice / 4- Wings of White / 5- Evening Wind / 6- Change in Time / 7- Could This Be Love / 8- Why Have They Gone
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Il n’existe que deux sortes de musique : la mauvaise et la bonne - Duke Ellington "
Daniel, le 03/06/2021
( mots)

Paradoxe spatio-temporel et sémantique. 


A Londres, en 1977, le controversé Sid Vicious rallie les Sex Pistols. La ville bouillonne au son des groupes qui collectionnent les décibels désaccordés, les t-shirts déchirés, les tempi speedés, les épingles à nourrice et les cheveux hirsutes. 


Les Sex Pistols chantent :


Que Dieu bénisse la Reine


Et son régime fasciste


Qui te transforme en crétin


En bombe atomique potentielle


Il n’y a aucun futur


A 160 kilomètres de là, au Nord-Ouest d’Oxford, des Américains (à la coiffure permanentée) vêtus de pulls à col roulé et de pantalons en Tergal beige (avec le pli soigneusement repassé) enregistrent leur troisième album de rock progressif. 


Starcatle chante :


Comme une étoile qui te raconte le temps d’une nuit


L’amour t’invite à t’approcher et briller


Tu attendais ce moment depuis toute ta vie


Alors ouvre tes grands yeux bleus


Et brille de mille feux


A la surprise générale, Epic a remis la main au portefeuille en convoquant à nouveau Roy Thomas Baker pour produire Starcastle. Et, cette fois, tout le monde s’est envolé pour l’Angleterre, à destination des studios résidentiels Chopping Norton Recordings, au cœur de l’Oxfordshire. 


Pour l’extrême anecdote, c’est le lieu où "Baker Street" de Gerry Rafferty vient d’être mis en boîte. Le bâtiment, dont les murs résonneront à jamais du solo de saxophone de Raphaël Ravenscroft, a, depuis lors, été classé au patrimoine culturel anglais ; il porte une belle plaque bleue pour en attester.


Miraculeusement, l’avion de nos amis Américains ne s’est pas écrasé en chemin et personne ne s’est blessé sur la route. 


Pendant que le sextet enregistre ce qui doit être l’album de sa vie, les jumeaux Greg & Tim Hildebrandt sont chargés d’élaborer une pochette à la hauteur de l’événement. Le duo magique vient de terminer l’affiche du premier Star Wars, sur laquelle personne ne ressemble à personne et où la Princesse Leia Organa a mystérieusement troqué son buste contre celui de Pamela Anderson. Leur boulot pour Citadel sera simplement magnifique (quoique incompréhensible).


Loin de leurs bases, les six musiciens de Champaign sont conscients de l’enjeu. Ils ont mis un peu d’eau dans leur vin de messe en composant huit titres, plus courts et plus "immédiats", dont certains auraient pu devenir des singles sur une autre planète. Les textes sont moins ésotériques que par le récent passé mais aussi un peu plus idiots. Tout le monde ne s’appelle pas Pete Sinfield, Peter Gabriel, Ken Hensley ou Michael John Moorcock.


Cette fois, Roy Thomas Baker s’investit dans le boulot. Son empreinte est clairement perceptible dans les effets sonores de son cru et, surtout, dans le traitement des voix (auxquelles il avait avoué n’avoir rien compris lors de l’enregistrement de l’album précédent).


Les titres sont pour la plupart excellents, à l’exception de "Can’t Think Twice" (au gimmick exaspérant) et de "Could This Be Love" (construit comme un single AOR peu convaincant). 


"Shine On Brightly" débute l’album dans l’habituelle bonne humeur et annonce des titres caractérisés par des chœurs remarquables et magnifiquement produits ("Shadows Of Song" ou "Wings Of White").


Herb Schildt orchestre ses claviers avec sa volubilité habituelle, passant par toutes les couleurs du spectre sonore, de Rick Wakeman (un peu partout) à Rod Argent (sur "Evening Wind", avec sa conclusion épique).


La dernière plage de la face B," Why Have They Gone" (un titre prémonitoire), se démarque du répertoire de Starcastle par son ambiance empreinte de nostalgie. Le groupe aspire à ce que l’été perdure mais admet que la nuit commence à tomber. Inéluctablement. Une dernière fois, Herb Schildt place quelques interventions absolument bibliques. Et le grand final est explosif. 


Il n‘est pas interdit de verser quelques larmes, parce que, désormais, les heures sont comptées.

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