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Critique d'album

Soft Machine


Fourth


(28/02/1971 - CBS - Jazz Rock Psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- Teeth / 2- Kings And Queens / 3- Fletcher's Blemish / 4- Virtually Part 1 / 5- Virtually Part 2 / 6- Virtually, part 3 / 7- Virtually Part 4
Note de 4.5/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Le tournant jazz de Soft Machine est accompli ... hélas ? "
François, le 13/03/2021
( mots)

Ceux qui se sont essayés à Third reviennent de loin. Un album très long, très complexe d’accès qui se révèle réellement après de multiples écoutes – à moins que le coup de foudre n’intervienne au premier contact. Une œuvre démesurée, improbable, unique, qui est devenu un chef-d’œuvre intemporel (et, en même temps, un album complètement inscrit dans son époque). Personne n’en ressort indemne tant l’expérience musicale est intense. Toute la magie de Soft Machine se trouve enfin sublimée : ce groupe novateur parvenait à mélanger de multiples influences, tantôt rock, tantôt jazz, toujours pop, avec de multiples expériences instrumentales dont les fameux claviers de Mike Ratledge ou la voix de Robert Wyatt.


Après un tel monument, Fourth n’est alors qu’une déception. On peut même se demander ce qu’il fait sur le site tant les racines rock et pop ont disparu : il s’agit tout simplement d’un album de jazz, peu inventif, sans que la moindre étiquette "jazz-rock" ou  "jazz-fusion" ne puisse être invoquée, preuve qu’il est même en retard sur son temps (cette hybridation entre jazz et rock qui se développe depuis 1969 est en plein essor). Non, du jazz tout simplement, dans la majeure partie de l’album en tout cas. Est-ce un mal ? Pas en soi, mais Soft Machine perd ici tout ce qui fait son sel, son originalité, sa substance : il entre dans le rang, un certain rang du moins, et la folie qui l’animait semble s’évanouir. Est-ce mauvais ? Un amateur de jazz accompli pourrait plus aisément y répondre, et il n’est pas certain qu’il en ressorte particulièrement conquis au regard des autres productions dans ce genre. Bien sûr, on retrouve certaines aspérités propres à la formation, mais dans les grandes lignes, Fourth maintient son identité jazz dans ce qu’elle peut avoir de plus classique, regardant vers les années 1950 (pour sa dimension traditionnelle) et 1960 (pour sa dimension free). Bref, écoutez "Teeth" en ouverture, ou le très free-jazz "Fletcher’s Blemich", vous serez fixés. Robert Wyatt, étonnement discret (l’album est un instrumental), semble laisser sa place à Elton Dean et Mike Ratledge sur la direction musicale et cela se ressent. De même, la densité instrumentale permise par les musiciens invités en nombre (les cuivres mais surtout la contrebasse) renforce encore cet aspect. D'un point de vue technique et instrumental, Soft Machine demeure imprenable. 


La deuxième face de Fourth comporte néanmoins une longue suite intitulée "Virtually" et divisée en quatre parties. La première est résolument jazz, un peu smooth, avec une contrebasse bien mise en avant, des cuivres doux, une batterie insistant sur le charleston, et vraiment agréable. Dans un deuxième temps, on retrouve le son de Ratledge qui offre une touche canterburyenne indéniable mais demeure un titre de jazz classique et aérien. Plus expérimentale, la troisième partie comporte de réelles dissonances, un usage intense du feedback. On y retrouve certaines expérimentations présentes sous une forme différente au sein de Third. Le final croise le smooth-jazz de la première partie avec l’ambiance sonore de la quatrième, nous fait atterrir en douceur. Une belle pièce, il faut être honnête, mais loin de posséder toute la fantaisie dont était capable le groupe l’année précédente.


Suis-je le seul à le déplorer ? Je vous offre les mots d’un critique anglais de l’époque, cité par Aymeric Leroy dans son excellent L’Ecole de Canterbury (Le Mot et le reste, page 243), qui résument parfaitement mon état d’esprit face à Fourth : "Je n’ai rien contre le jazz, je trouve simplement étrange et regrettable que le groupe le plus original d’Angleterre soit parti dans une direction l’amenant à produire une musique qui l’est de moins en moins … " (John Ford, Time Out, avril 1971).


Absent au chant, Robert Wyatt quitte le navire après cet album pour fonder Matching Mole (au jeu de mots franco-anglais savoureux), renouant davantage avec l’esprit canterburyen qui, en 1971, était porté à ses sommets par l’autre groupe emblématique, Caravan au sein du sublime In the Land of Grey and Pink. De son coté, Soft Machine s’enfonce désormais dans le jazz la tête en avant ... Du reste, nous savons que notre critique, évidemment subjective, est également un peu polémique, cet album étant souvent apprécié voire préféré à Third. Je suis ouvert à tout avis contraire au mien, vous avez les commentaires.

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Barème
Sans intérêt
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Décevant
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Très bon album
Coup de coeur
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Culte
Critique d'album

Soft Machine


Third


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