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Critique d'album

Rory Gallagher


Deuce


(28/11/1971 - Polydor - Blues Rock, Hard Rock - Genre : Autres)
Produit par

1- Used to Be / 2- I'm Not Awake Yet / 3- Don't Know Where I'm Going / 4- Maybe I Will / 5- Whole Lot of People / 6- In Your Town / 7- Should've Learnt My Lesson / 8- There's a Light / 9- Out of My Mind / 10- Crest of a Wave
Note de 5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Suite logique du premier opus, Deuce enrichit le répertoire de Gallagher qui trouve sa place parmi les grands"
François, le 09/05/2021
( mots)

Il était une époque, les années 1960 et 1970, durant laquelle groupes et artistes pouvaient sortir deux albums (parfois plus, pensez aux trois albums de Creedence en 1969). Certes, ceux-ci duraient un peu moins longtemps qu’à présent - entre 30 et 45 minutes, le temps d’un 33 tours : un argument fallacieux tant on connaît les disques dont la longueur est en partie due au remplissage. Surtout, il était fréquent que ces publications multiples au sein d’une même année soient d’une grande qualité : c’est le cas pour Rory Gallagher en 1971. 


Après la séparation de Taste et un premier album remarquable début 1971, Rory Gallagher retourne en studio avec ses mêmes camarades (Gerry McAvoy à la basse et Wilgar Campbell à la batterie, section rythmique de choc), plein d’entrain et de fougues dans le développement de son blues-rock saturé et mâtiné de folk ici capté dans des conditions proches du live, selon la volonté du musicien qui souhaitait rendre toute l’énergie dont il est capable dans l’interprétation. L’enjeu est bien sûr de percer (sans vrai succès pour ses deux premiers opus), faisant ainsi sortir l’Irlande de sa position périphérique. 


La direction musicale demeure la même que sur le premier essai, à la frontière du blues, du hard-rock et du folk, trois genres mêlés astucieusement sur "Used to Be", un blues-rock saturé aux harmonies traditionnelles, sur le mélancolique "Maybe I Will", entre arpèges et riff trépidant, ou sur le très bon "Whole Lot of People" dont le riff entraînant évoque le groove de Budgie tandis que le chorus au bottleneck est splendide. Une alliance des genres judicieuse, une triskèle qui assemble la puissance du hard-rock, les racines du blues, et les qualités harmoniques et mélodiques du folk. S’amuser à les réunir dans des dosages plus ou moins équilibrés s’avère plus exaltant que se centrer sur une grille esthétique particulière ("Don’t Know Where I’m Going", le lancinant et classique "Should’ve Learnt My lesson"), quoique le blues déluré de "In Your Town", futur moment de gloire sur scène (les parties instrumentales sont déjà nombreuses en studio, preuve du talent de Gallagher à la guitare), soit un bon moment de l’album. 


Les explorations sont diverses, allant jusqu’au jazz pour la rythmique de "There’s a Light" qui sert d’arrière-fond à l’expression du guitariste, de même que les compositions sont travaillées pour dépasser une certaine simplicité initiale. L’exceptionnel "Crest of a Wave", fondé sur un riff assez basique mais ô combien tubesque, trouve toute sa richesse dans le travail sur la montée en puissance, l’harmonisation entre les notes du solo final et ce même riff, un pont arpégé pour faire retomber la sauce, bref de nombreuses idées qui viennent donner de la consistance sans perdre en efficacité. 


Dans ses moments plus introspectifs, Gallagher propose également des titres sublimes comme le pur moment folk en picking "Out of my Mind", entre Irlande et Ouest sauvage, aussi triste sur ses refrains que joyeux sur ses couplets. Dans ce registre, "I'm Not Awake Yet" est peut-être l’incontournable de l’album : dominé par la guitare acoustique jusque dans le chorus, il est guidé par une basse plus bavarde qu’à l’habitude et une batterie très cadencée, tandis que le chant suit particulièrement bien les belles mélodies de cette composition. 


Si dans ce début de carrière solo, Rory Gallagher ne connut pas le succès mérité, il s’affirme déjà comme un musicien inventif et talentueux, enrichissant et renouvelant le blues-rock depuis l’Irlande tandis qu’au Texas un trio barbu apporte au même moment sa pierre à l’édifice. Grâce à des artisans sachant le faire évoluer, le genre est promis à un beau développement après son premier âge dans les années 1960. Il en va de même pour le guitariste irlandais. 

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