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Critique d'album

King's X


Three Sides Of One


(02/09/2022 - Inside Out - Rock alternatif / Grunge / Har - Genre : Rock)
Produit par Michael Parnin

1- Let It Rain / 2- Flood, Pt 1 / 3- Nothing but the Truth / 4- Give It Up / 5- All God's Children / 6- Take The Time / 7- Festival / 8- Swipe Up / 9- Holidays / 10- Watcher / 11- She Called Me Home / 12- Every Everywhere
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le come-back miraculeux du groupe préféré de vos groupes préférés"
Maxime L, le 05/09/2022
( mots)

Il faut parfois savoir baisser les bras devant les évidences. Oui, écouter un nouvel album de King’s X en 2022 est un petit miracle en soi, et la sacro-sainte note que le chroniqueur doit attribuer au disque, disons le clairement, n’a aucune espèce d’importance ici.


3 Sides Of One, 13ème effort du groupe arrive donc 14 ans après XV (prends ça Tool). Et en quoi est ce un miracle me direz-vous ? Disons qu’il est arrivé deux trois bricoles aux protagonistes. Oh, trois fois rien : des soucis de management et de labels (pour un groupe qui n’a jamais été “rentable” et dont la Terre entière ou presque se contre-fout)*, de sérieuses infections à répétitions pour Dug Pinnick, deux crises cardiaques pour le batteur Jerry Gaskill qui, outre ses soucis de santé, a vu sa maison emportée par l’ouragan Katrina en 2005. Ajoutons à cela, la pandémie et vous aurez une idée assez précise de ce par quoi est passé King’s X, qui justifie pleinement l’utilisation du mot “miracle”, un qualificatif qui apparait donc comme une évidence. Notons que le disque est prêt depuis quasiment 2 ans, mais que le groupe voulait pouvoir le défendre sur scène, de manière justement à pouvoir rentabiliser les investissements auprès d’Inside Out, via la billetterie et le merchandising. Le sort décidant de s’acharner encore un peu davantage, leur tournée Européenne prévue cet automne a été annulée, en raison de problèmes de santé du guitariste Ty Tabor.


L’histoire a de toute façon oublié d’être tendre, et juste, avec le trio Texan. Des rendez-vous manqués, des choix parfois malheureux ou incompris** et surtout un manque de chance criant, pour un groupe qui aurait dû cartonner et exploser à la face du monde depuis, au minimum, les années 90, période faste pour la bande à Pinnick, avec une tripotée de classiques parmi lesquels Ear Candy et spécifiquement Dogman, et qu’on vous invite à découvrir prestement. Et pour paraphraser mon collègue Diego, King’s X, c’est un peu “le groupe préféré de tes groupes préférés”.


Pour continuer les présentations, et pour résumer les choses, disons simplement que King’s X a tout bonnement “inventé le grunge”. C’est Jeff Ament, bassiste de Pearl Jam qui le dit. Au delà du fait de savoir s’il a raison ou pas, gageons que c’est de toute façon très réducteur pour King’s X, puisqu’ils ont expérimenté des sonorités assez différentes, dans le hard fm notamment durant les années 80, et ont surtout apporté des éléments très spécifiques et en lien avec leur nombreuses influences*** : des harmonies vocales (directement inspirées des Beatles) et une énorme part de groove et de soul, grâce à la voix du patron Dug Pinnick, légende parmi les presque anonymes.


King’s X est un groupe à part, qui n’a donc jamais eu la notoriété méritée et qui est pourtant à la croisée de tout le rock américain, que l’on classera d’une manière assez triviale dans la catégorie fourre-tout dite de “rock alternatif”. Si le sujet vous intéresse, je ne peux que vous encourager à aller écouter l’épisode de podcast que je leur avait consacré et qui rentre dans les détails de ce destin il faut bien le reconnaitre, hors du commun et un peu maudit.


Intéressons nous maintenant à ce nouvel album. “Let it Rain” est arrivé en éclaireur en juin dernier, et avait suffi à me convaincre que oui, le trio Texan est vraiment de retour, et avec des choses à dire. C’est d’ailleurs une excellente idée de le positionner en ouverture du disque tant il fait office de début de -nouvelle- histoire, avec juste quelques échos de guitare qui se rapprochent doucement, mais sûrement, pour combler le vide d’une attente bien trop longue. Le fill de batterie introductif est chaud, rond, et la voix de Dug Pinnick est toujours aussi charismatique, ce dont on pouvait résolument douter ; le chanteur-bassiste atteignant cette année les …72 ans. Oui, vous avez bien lu. Comme si la nature, consciente de l’injustice faite au groupe, décida de lui promettre pour se rattraper, la “voix éternelle”.


Ce premier morceau est en tout cas une parfaite carte de visite pour qui ne connait pas le groupe, et ce “Let It Rain” serait un show-opener de grande qualité, de par son intro totalement adéquate et de par les “Everybody” scandés lors des refrains par Ty Tabor. La première écoute complète de 3 Sides Of One met en lumière plusieurs choses. Déjà, King’s X sonne toujours incroyablement carré, dans la droite lignée de leurs meilleurs opus, et bénéficie d’une production tout à fait à la hauteur de la part de Michael Parnin (un homme de l’ombre qui a notamment travaillé sur le mix de l'ultime album original de Lanegan). Ensuite, la répartition des voix assurant le chant principal est assez inhabituelle. Si vous suivez le groupe, vous savez que si les 3 musiciens sont chanteurs, c’est surtout Dug Pinnick qu’on entend et qui assure à la louche 90% du chant lead. 3 Sides Of One est de ce point de vue là bien plus équilibré puisque Tabor et Gaskill chantent chacun 3 morceaux. Et par conséquent, cela peut être considéré comme un premier léger défaut, en faisant perdre un peu de cohérence à l’ensemble du disque, les voix des 3 musiciens étant radicalement différentes. Mais une fois encore, mettons de côté la cohérence, et les éventuels ressentis inutiles et profitons d’avoir dans les oreilles, du nouveau matériel inédit.


Ce qui transpire également dès les premières écoutes, c’est la guitare de Ty Tabor. Les initiés le savent, Tabor est un extraordinaire guitariste, jamais suffisamment estimé pour être considéré en guitar-hero, mais il livre ici des solo ultra inspirés, qu’ils soient “à l’ancienne”, sur “Nothing But The Truth” ou volontairement déstructuré, comme sur “All God’s Children” (dont le riffing peut évoquer les Rival Sons). Et puisqu’on parle de riffs, certains sont absolument monstrueux, flirtant allègrement avec le métal. On pense aux refrains dévastateurs sur “Flood Part 1”, aux attaques syncopées de “Swipe Up”, étonnamment modernes pour un groupe de cet âge, ou aux murs de son érigés sur “Watcher”. Un mordant incisif, âpre et inversement proportionnel à sa voix, toujours aussi fluette (sans que ce ne soit un défaut), surtout comparée à celle de Dug Pinnick. Ne nous y trompons pas, le grand bassiste-chanteur reste LA voix et l’incarnation du combo, et chacune de ses interprétations dégage irrémédiablement quelque chose en plus : cette Soul totalement habitée, chaude et réconfortante et qui fait l’un des charmes du groupe. A ce petit jeu, la ballade “Nothing But The Truth” et son pont presque rythm’n soul est un modèle du genre.


Si l’album est d’une réelle accessibilité (la musique de King’s X n’a de toute façon jamais été “exigeante” de ce point de vue), il se bonifie après quelques écoutes, et comme souvent avec le groupe, laisse apparaitre 2 versants : les compos “punchy” et enlevées d’un côté, et de l’autre, des morceaux plus mid-tempo, qu’on va considérer par convention comme des “ballades” (ce qui n’est toujours pas un défaut). Et l’équilibre est tout à fait respecté sur 3 Sides Of One. Pour ce qui est des morceaux les plus réussis, ils sont souvent du côté des titres “rock”. Nous avons évoqué plus haut “Let It Rain”, ajoutons à la liste le massif et lancinant “Swipe Up” (encore une fois, quels riffs !), ou “Festival”, compo très “Foo Fighters compatible” et réhaussée d’un superbe solo de guitares harmonisées.


Et puis, chose parfaitement réjouissante, il y a un peu de folie sur ce disque, ce qui prouve si besoin en était, le plaisir pris par ces 3 musiciens, qui se connaissent par coeur, de simplement se retrouver et enregistrer de la musique. Un morceau comme “Give it Up”, en est le meilleur exemple. Un véritable uppercut Zztopien saupoudré de Soul et bardé de gimmicks irrésistibles, que ce soit les refrains, les choeurs à plusieurs voix ou un pont absolument jouissif, incandescent et qui fait la part belle aux percussions (et qui doit être une dinguerie en live). Même Ty Tabor s’en donne à coeur joie, sur un “Holidays” léger (et chanté par Gaskill), très Beatlesien dans l’esprit, qui sent bon le sable chaud, et qui se fend d’un très inhabituel “allright motherfucker” bien caché dans le dernier tiers.


Difficile de dire quelle place prendra 3 Sides Of One dans la hiérachie des disques de King’s X, mais très clairement : on s’en fout ! C’est le cadet de nos soucis, et sans doute la dernière chose à laquelle ont pensé Pinnick, Tabor et Gaskill à la composition de ces 12 chansons (pour 47 minutes, au passage le ratio idéal pour un album de rock). L’évidence d’assister à un petit miracle prend le pas, à plus forte raison quand celui-ci s’avère reluisant, inspiré, efficace et aussi accrocheur. Pas mal pour un groupe formé en 1979, qui n’a jamais connu le moindre changement de line-up, et dont les membres affichent 72, 65 et 61 ans.


Restent deux questions en suspend. Aura t-on la chance de les voir en live en Europe ? Et surtout, plus épineux et plus douloureux, 3 Sides Of One est il leur ultime album**** ? Si par malheur, c’était le cas, c’est à l’évidence une sortie par une très belle porte. À vous de l’entrouvrir, le groupe le mérite.


 


À écouter : "Let It Rain", "Give it Up", "Nothing But The Truth", "Holidays".


 


*pour donner un ordre d’idée, le groupe plafonne à 120 000 auditeurs mensuels sur Spotify, et son compte Twitter officiel ne dépasse pas les 6200 followers.


**le groupe fût considéré à une époque comme un “groupe de rock chrétien”, ce qu’ont toujours démenti King’s X, Pinnick précisant que “oui ils étaient Chrétiens dans le sens où ils essayaient de bien faire les choses, qu'ils tentaient d'aider les autres et de faire le maximum pour juste essayer simplement de bien se comporter”. Plus de détails dans l’épisode du podcast Recoversion.


***la presse à la fin des années 80 décrit le groupe comme un trio composé de 2 blancs, et d'un black avec une crête, qui sonnent comme si les Beatles et Motorhead jammaient avec une chorale Gospel.


****la présence d’un morceau comme “Flood Part 1”, sans qu’il y ait de Part 2 entretient l'espoir.

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