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Critique d'album

Caravan


In the Land of Grey and Pink


(08/04/1971 - Decca - Rock progressif / Ecole de Ca - Genre : Rock)
Produit par David Hitchcock

1- Golf Girl / 2- Winter Wine / 3- Love To Love You (And Tonight Pigs Will Fly) / 4- In the Land of Grey and Pink
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Voyage dans les plus belles terres progressives jamais visitées"
François, le 05/06/2021
( mots)

De Proust à Sarraute, les choses, les évènements et les impressions qui suscitent le souvenir vivant de l’enfance sont de véritables attractions spirituelles au point de devenir l’objet d’une poétique. Ces sémiophores personnels commencent par évoquer un temps révolu pour proposer un voyage dans le passé, et en cela, ils sont d’une puissante fertilité pour l’imagination qui explique leur récurrence dans la littérature. 


Pour l’auteur de ces lignes, In the Land of Grey and Pink est de ceux-là. D’une part, et de façon très prosaïque, parce que celui-ci devait tourner régulièrement dans le domicile familial, ou à des moments particuliers, si bien qu’il correspond à des souvenirs et sensations d’antan, souvent flous, qui traversent l’esprit comme un frisson agréable. D’autre part à cause de sa pochette, qui, par ses couleurs peu franches et son dessin daté, évoque l’esthétique chaleureusement étrange des vieux dessin-animés qui s’est perdue irrémédiablement dans l’image de synthèse aseptisée et sans âme. Bien sûr, il s’agit également d’un univers fantastique en accord avec les tropismes de l’imaginaire enfantin (étant de la génération des films inspirés du Seigneur des Anneaux), ou d’un certain Pays des Merveilles – puisque la référence aux psychotropes n’est pas totalement absente de cette terre rose et grise. 


Bref, dès la première note de trombone du joyeux et chaloupé "Golf Girl", à laquelle répondent plus loin la flûte enjouée et l’orgue de Sinclair – le musicien qui a donné à la scène son identité sonore, c’est toute une œuvre qui revient à la mémoire, dessinant une véritable épopée musicale. Mais ne soyons pas trop tenté par le registre de l’aventure : "Golf Girl" est une entrée en matière parcourue par un certain flegme britannique, moins apaisé que débonnaire, qui fait toute l’originalité du propos et du groupe. 


Caravan fait partie de ce qu’il est convenu d’appeler l’Ecole ou la scène de Canterbury, un rassemblement d’artistes des premiers temps du rock progressif qui trouve sa cohérence dans la circulation de ces individus entre différents groupes et le côté décomplexé de leur musique aux influences jazz (Soft Machine s’y perdra) avec des touches de pop-humoristique. En étant plus expérimental, ce sous-genre fait un peu bande à part dans le monde du rock progressif, loin du symphonisme de Yes ou Genesis. Néanmoins, In the Land of Grey and Pink, en plus d’être le sommet du groupe et la plus belle réalisation de ce sous-genre, est également plus proche de l’esthétique du rock progressif symphonique. Preuve en est de la seconde face réservée aux très long "Nine Feet Underground" (presque vingt-trois minutes), même s’ils avaient presqu’atteint le quart d’heure sur l’album précédent avec "Can't Be Long Now / Francoise / For Richard / Warlock". Esthétiquement parlant, la fresque est une réappropriation très élaborée du discours jazz par le registre rock tant il se fond dans l’expérience progressive proposée par le groupe. Le titre est indubitablement jazzy sans que cela ne saute immédiatement aux oreilles : l’hybridation est parfaite et unique. Apaisé, riche en chorus (saxophone et claviers - vraiment, quel son !), c’est une véritable progression mélodique qui mène vers une seconde partie à l’ouverture planante et orageuse (du pur Camel préfiguré), le tout dans une construction inattaquable, sans anicroche, qui donne une belle unité à ces 20 minutes. Le retour du chant tamisé est sublime, avant qu'un final saccadé et heavy (qui rappelle un peu la transition de "Can’t Be Long … ") ne boucle l’ensemble avec majesté. 


La somptuosité de l’album ne s’arrête pas là. L’ouverture pastorale et folk de "Winter Wine" n’a d’égale que la douceur des harmonies gracieusement élaborées entre claviers, guitare et chant. La bonne humeur de "Love to Love You" rappelle le décalage pop de la scène canterburyenne. Enfin, l’excellence d’"In the Land of Grey and Pink", chaloupé et planant, articule les multiples interventions instrumentales pour une pérégrination esthétique émouvante et surprenante. 


Prenez ces lignes comme un prospectus publicitaire pour les contrées faites de gris et de rose qui s’offrent à vous pour un séjour ô combien dépaysant et en même temps immédiatement familier, au point de devenir à coup sûr une destination régulière. 

Commentaires
jeanseb, le 25/07/2021 à 20:43
Ce qui distingue Caravan de Soft Machine et des groupes de rock progressif, c'est que les compositions et leur interprétation ont massivement gardé le format "chanson", "song", truc qu'on a en tête et qu'on apprend pour le chanter. C'est sans doute dû à Pye Hastings, mais aussi à Richard Sinclair, deux merveilleux chanteurs et conteurs.
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