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Rock en Seine 2010


Maxime, le 07/09/2010

Dimanche 29 août


Un premier coup d’œil penaud sur le ciel de ce dimanche nous indique que le temps sera beaucoup moins clément que la veille. On se résout à en prendre notre parti. Bloqué dans la torpeur dominicale, on loupe donc la brochette d’ouverture, snobant les fades Success qui n’ont de triomphal que le nom pour se poster en bonne place pour le passage des Black Angels, accueillis par une foule encore clairsemée et un énorme joint de la taille d’un cigare cubain tendu face au chanteur par le premier rang. Venus roder leur troisième opus qui se profile pour la rentrée lors de quelques dates estivales, les Texans déboulent placidement, et la machine se met progressivement en branle : les guitares sombrent lentement dans la fuzz et la voix d’Alex Maas, encore plus pénétrante en live que sur disque, se décante dans l’atmosphère. Mais la transe psychédélique promise n’a pas lieu en ce début d’après-midi dominé par des gamins décidés à micro-pogoter dès que la rythmique amorce un début d’emballement. Le combo plie bagage au bout d’une demi-heure alors qu’on commençait à peine à décoller. Dommage.


On va ruminer sa frustration du côté de Eels. Si E est probablement le songwriter le plus dépressif de l’indie-rock US (ce qui n’est pas un mince exploit au vu de la concurrence), le bonhomme a choisi d’aborder sa prestation sans complexe. Une troupe barbue envahit la scène, façon groupe de reprises de ZZ Top, E arbore un bandana de motard du plus moche effet. Le set est à l’avenant, le répertoire amorphe du groupe étant revu et corrigé à la guitare cradingue. "Souljacker Part 1" est déversé à la sauce Detroit, "Mr. E’s Beautiful Blues" travesti en "Twist & Shout", "I Like Birds" dévale à toute allure sur orage de décibels. C’est plaisant et bon enfant, mais on préfère encore écouter ce répertoire chez soi sur sa platine, au crépuscule.


La fin du concert de Eels dévoile un tunnel d’ennui qui ni Wayne Beckford ni Rox ne parviendront à égayer. On visite alors l’expo photo en suivant des yeux la démarche claudicante et voûtée de Daniel Darc, on s’étonne de voir un jeune se vanter au téléphone d’avoir pris une photo avec Jean-Paul Huchon comme s’il s’agissait d’un acte situationniste des plus subversifs, on contemple avec dégoût la laideur des stands sponsors, celui d’une quelconque boisson énergisante avec sa techno abrutissante, les Nivea girls en flics sexy proposant une coiffure au gel affreuse, SFR et son podium de slam, on fait la queue devant les roulottes de bouffe régionale aux prix prohibitifs, on observe la foule oscillant mollement d’une scène à l’autre, semblant davantage mue par l’injonction d’un certain de devoir d’amusement que par réelle passion, on va pisser sa bière dans l’espace presse/VIP en ricanant devant le speech de Jack Lang. Bref, ces moments de solitude qui traversent la vie de tout festivalier, ces instants où il se demande un peu ce qu’il fait là.


Il fait de plus en plus froid, les jambes sont lourdes, la lassitude se fait sentir sur le visage des festivaliers. C’est avec peu de conviction que l’on s’aventure vers la cascade. Heureusement pour nous, la bonne surprise du jour s’appelle Fat Freddy’s Drop. Un septète enjôleur maniant avec brio la soul, le reggae, le jazz et le dub. Les Néo Zélandais nous entraînent dans des constructions alambiquées et des montées en puissance captivantes. Si bien que c’est le sourire aux lèvres que l’on passe cette petite heure en leur compagnie. Le frontman possède un grain soul des plus attachants et derrière les machines un bibendum dodeline la tête au son des basses, pour un spectacle qui fait presque oublier la platitude de cette journée.


La meute festivalière se rue bientôt vers les Ting Tings. Les premières minutes nous font dresser ce constat somme toute fort logique : ce groupe est aussi médiocre sur disque que sur scène. Belle constance. Katie White piaille dans son accoutrement cette espèce de pop bâtarde et putassière, ni électro ni punk ni rock ni rien. Purement de la viande de festival, du son prêt à consommer, du bouger de popotin prêt à l’emploi, plug-and-play, tu branches l’ampli et tu gigotes. La foule y trouve son compte et des petits groupes se meuvent sur les singles uniquement sous les yeux bovins de la population prise d’une torpeur générale, dans une ambiance analogue à celle du passage de MGMT l’année dernière. On reste quand même durant une demi-heure devant ce spectacle insipide, c’est dire si on s’emmerde. La soirée rattrapera heureusement cette journée mi-figue, mi-raisin.


Rapidement autour de la cascade, les quinqas - ils sont nombreux aujourd’hui - se pressent pour assister à la reformation de Roxy Music. Pourtant le groupe n’a pas fière allure. Six choristes, deux violonistes, deux saxophonistes et un Bryan Ferry ventripotent, pour un concert quasi pathétique où chaque morceau se termine sur un solo de saxo. Il y a trop de reverb, trop de lumières violettes, trop de mise en scène feinte. Sans s’en rendre compte le groupe offre au public une belle parodie de rock vieillot et délavé. Dommage. C’est un peu triste, drôle aussi.


Trêve de plaisanterie, si les spectateurs se sont déplacés aujourd’hui, ce n’est pas pour Roxy Music, mais bien pour Arcade Fire (photo), alors que sur la scène de l’industrie les trublions de Crystal Castles lancent leur show. Le concert démarre énergiquement avec un très bon combo "Ready To Start" /"Laïka"/"No Cars Go". Win Butler affiche son habituel look ringard et sa mèche de cheveux gras, Régine nous raconte sa joie d’être ici, simplement. Tout avait bien commencé, mais le groupe ralentit rapidement la cadence. Les nouveaux titres rendent bien, mais ne possèdent pas le brin de folie de Funeral, la troupe s’est un peu assagie. On retiendra un agréable "Rococo" repris en chœur par la foule avant l’averse. La pluie, parlons-en. Pendant la prestation, les éléments se déchaînent si bien que la pluie oblige le groupe à se retirer. Pourtant de l’autre côté, les Crystal Castles jouent encore, alors qu’il pleut des cordes. Qu’importe, Arcade Fire revient pour une dernière chanson, "Wake Up", magistrale dans cette ambiance apocalyptique. Malgré tout, une fois le show terminé, le spectateur reste un peu sur sa faim, car ce dimanche est loin d’avoir tenu toutes ses promesses.


Le site du festival
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Album de la semaine

Pearl Jam


Gigaton


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Si tout le monde connaît l’adage “qui aime bien châtie bien”, il semblerait que certains fans aient du mal à laisser leur formation fétiche se faire vertement critiquer, quand bien même elle n’aurait à l’évidence pas réellement cherché à se surpasser. Qu’on ne s’y trompe pas : Pearl Jam est un grand groupe, l’un des meilleurs à avoir émergé durant la décennie 90, une formation techniquement solide, artistiquement intègre et qui peut de surcroît compter sur un chanteur d’exception, mais un groupe qui a eu un peu trop tendance à vivre sur ses acquis durant les vingt dernières années. D’aucuns auront pu se contenter des corrects Lightning BoltBackspacerRiot Act et autre PJ (on peut même y ajouter un ou deux disques au passage) tandis que d’autres auront conspué le quintette de Seattle pour son évidente paresse. Rétrospectivement, et à l’écoute de ce Gigaton assez inespéré, ces derniers n’avaient pas tort, même si l’horizon Ten - Vs - Vitalogy paraît encore bien loin.

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