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Rock en Seine 2010


Maxime, le 07/09/2010

Vendredi 27 août


Sous un ciel lourd qui annoncera quelques jolies giboulées en ce vendredi, le parc de Saint-Cloud accueille sa plus grosse affluence depuis l’existence du festival. Plus de 100 000 spectateurs piétinent dans la gadoue en attendant de franchir le sésame. Un premier trajet dans les allées nous permet de constater l’équilibre des forces en présence. Si les Ray-Ban colorées, les shorts ultra shorts en jean, les franges et les T-Shirts marins ont plus que jamais le vent en poupe, le clan teenage punk entend bien dominer les débats. Une bonne partie du public n’a de poitrine que pour Blink 182. Les différents stands merch sont vandalisés. Il y a des anciens ados qui n’ont pas oublié les frasques pop-scato de Mark, Tom et Travis et des nouveaux convertis. Un groupe qui a beaucoup plus la côte que les vétérans d’Offspring, relativement moins arborés sur les t-shirts lors de leur passage l’année dernière.


Mais une belle brochette nous attend avant retrouver le trio de San Diego. On passera sur le set de Band Of Horses, bonne pop indie quelque part entre Death Cab For Cutie et Nada Surf, mais exécutée de façon bien trop lisse pour faire de nouveaux convertis. Le coup de rein qu’il fallait donner pour lancer les hostilités viendra de Kele, sur la grande scène. Le leader de Bloc Party, décidé à se fringuer comme un kéké pour la rime et son rôle de chauffeur de foule, vient défendre son album solo le long d’une prestation agonisant sous beats syncopés et nappes de sons drônés. C’est fait pour danser et ça remplit parfaitement son office. Rendez-vous sur la scène de la cascade pour Foals. Autant dire qu’on partait avec un a priori assez négatif sur ce genre de groupe très prisé par les Inrocks, un parti pris qui s’efface au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Rythmique tonique et ferme comme la cuisse d’une jeune tennis woman, motifs de guitares décochés en une acuponcture sèche, le groupe marque des points. Et puis Yannis Philippakis a un jeu de scène aux bords de l’autisme assez rigolo au final. Mais le groupe frappe le plus fort lorsqu’il se tourne vers son premier album, beaucoup plus riche en hymnes pour public festivalier que pour les plages plus intimistes de leur second disque, peu destinées à ce genre de prestations où il faut faire court et aller à l’essentiel. S’il y a trop de formations bâties sur ce modèle à l’heure actuelle, il n’est pas impossible que Foals résiste à la grande purge qui risque fort de frapper ce courant dans quelques mois.


Les Kooks leur succèdent devant un public quasi-identique le long d’un set sans surprise en forme de best of, efficace mais transparent. On passe. Skunk Anansie fait son grand retour sur la grande scène. Skin déboule sur les planches comme éjectée d’un canon de cirque, casque chromé et manches protubérantes en forme d'ailes d’oiseau. Mais l’enthousiasme du début s’estompe rapidement. La Grace Jones du rock nineties possède certes un charisme évident et une voix animale de premier choix, propice à tous les écarts punk-funk-soul, mais le tout est appuyé sur un répertoire si faible musicalement que le soufflet retombe progressivement. On attendra que Cypress Hill leur emboitent le pas pour se mettre à se déhancher un peu, à grand renforts de beats hydrauliques et de phrasés enfumés. L’odeur âcre de la marijuana s’élève doucement de la foule, encouragée par les imposants américains qui par ailleurs se bornent à faire les cents pas et haranguer le public. En termes de vision et d’ambition scénique, Jay-Z n’a malheureusement pas encore fait assez d’émules parmi ses collègues hip-hoppeurs. On se rend donc placidement du côté de la scène de l’industrie pour aller prendre l’air du côté des French Cowboy. Quatuor d’âge mûr flanqué de charmantes, choristes, le groupe fourbit un joli set où se disputent folk-rock, rock’n’roll et reprises ("Another Brick In The Wall"), le tout dans une ambiance détendue et décalée bienvenue. Apprécié avec une bière bien fraiche, c’est du tout bon.


Mais il faudra attendre 21 heures pour que se produise le premier vrai frisson rock’n’roll de cette édition avec le passage du Black Rebel Motorcycle Club. Il faut dire que les conditions sont idéales pour une telle prestation. La pénombre vient de s’installer, des bourrasques de bruine ondulent sous les projecteurs oscillant entre blanc d’outre-tombe et jaune pisseux. C’est dans cette ambiance sépulcrale que le trio, flanqué de leur nouvelle et charmante batteuse, investit les lieux au son de "Be My Baby" des Ronettes. Capuche vissée sur le crâne, Robert Levon Been entonne avec ses comparses un "Beat The Devil Tattoo" tribal et venimeux en guise d’entrée. Leur dernier-né brille magistralement et ne fait que confirmer qu’il s’agit bien là de leur meilleur effort depuis Take Them On, On Your Own. "Conscience Killer" ou "War Machine" ne font que dérouler une somptueuse litanie de voix nasillardes, de basses suffocantes, de batterie sourde, le tout quelque part entre désenchantement et transe sous binaire. On a beau jeu de dire que leurs disques se ressemblent un peu tous et qu’ils sont inégaux, mais quand les Américains enquillent leurs meilleurs titres à la suite (et il y en a finalement un bon paquet), rien sur cette terre ou en Enfer ne rivalise avec eux. On en redemande.


C’est dans une ambiance beaucoup plus festive que Blink 182 sonne le rassemblement sur la grande scène. L’air presque aussi juvénile qu’à l’époque de leur gloire il y a 10 ans, les punk-poppeux de la Bay Area dévident leur best of devant un public conquis d’avance. Entre les fans de la première heure et du dernier quart d’heure et les curieux, c’est dans une ambiance bienveillante que se déroulent les hostilités. Plus sobres que leurs comparses de Green Day les Blink mènent le propos avec une efficacité toute américaine. Les plaisanteries fusent au ras des bermudas ("Comment dit-on vagin en français ?", "pipi, caca, poopoo, c’est universel !" – à méditer), les tubes défilent. Travis Barker impressionne toujours autant par sa frappe de singe sous coke (qu’il se presse de réactiver les Transplants avec son pote Tim Armstrong, please !) et c’est en toute logique à lui que reviendra la tâche d’asséner le clou du spectacle, plate-forme mouvante où il moulinera la tête à l’envers dans le plus pur Motley-Crüe staïle. Pour les nombreux kids, c’est au son de "turn your lights off, carry me home", que bat le rappel vers les tentes. On s’attardera encore un peu sur les lieux pour la tranche electro.


Car pendant que les Californiens ravivent leur punk-rock prépubère, Deadmau5 invite les amateurs d’électro fine à venir se trémousser sur la scène de l’industrie. Le Dj propose une minimale efficace riche en effets visuels. Il s’offre même le luxe de venir haranguer la foule avec un masque de souris. Le public le lui rend bien, et vibre, plus d’une heure, au son des basses. Une bonne solution pour défouler son corps et terminer sa journée loin des minets en chaleur.
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Album de la semaine

Pearl Jam


Gigaton


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Si tout le monde connaît l’adage “qui aime bien châtie bien”, il semblerait que certains fans aient du mal à laisser leur formation fétiche se faire vertement critiquer, quand bien même elle n’aurait à l’évidence pas réellement cherché à se surpasser. Qu’on ne s’y trompe pas : Pearl Jam est un grand groupe, l’un des meilleurs à avoir émergé durant la décennie 90, une formation techniquement solide, artistiquement intègre et qui peut de surcroît compter sur un chanteur d’exception, mais un groupe qui a eu un peu trop tendance à vivre sur ses acquis durant les vingt dernières années. D’aucuns auront pu se contenter des corrects Lightning BoltBackspacerRiot Act et autre PJ (on peut même y ajouter un ou deux disques au passage) tandis que d’autres auront conspué le quintette de Seattle pour son évidente paresse. Rétrospectivement, et à l’écoute de ce Gigaton assez inespéré, ces derniers n’avaient pas tort, même si l’horizon Ten - Vs - Vitalogy paraît encore bien loin.

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