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Led Zeppelin - The Songs Remain the Same ?


Steven Jezo-Vannier, le 13/10/2014

Rééditions épisode I : Led Zep III

Led Zeppelin III (Deluxe Edition)


Après avoir nous être intéressés aux toutes récentes rééditions de Led Zeppelin I et II, voyons maintenant à quelle sauce se déguste la nouvelle mouture de Led Zeppelin III qui conclue la première salve tirée par Jimmy Page en vue de moderniser son oeuvre. Là encore, pas question de nous livrer à une exégèse de l’album, on vous renverra à ce double avis complémentaire et pas complètement contradictoire pour vous faire une idée de la valeur de cet album atypique qui, à sa sortie, a surpris bon nombre d’auditeurs par son caractère essentiellement acoustique. Place, donc, à la technique et aux bonus.

Pour ce qui est de l’aspect technique, on ne va pas répéter ce qui a déjà été écrit à la page précédente étant donné que les axes de la remasterisation sont peu ou prou identiques d’un album à l’autre, cf encore une fois l’exposé très détaillé d’Alan à ce sujet. La différence, ici, tient dans l’ambiance folk et acoustique nettement prééminente de ce III, et de ce fait, les choix opérés avec succès sur les deux premiers disques ne sont pas toujours aussi pertinents sur le troisième. En clair, attendez-vous à quelques surprises, et pas toujours à des bonnes.

L'album remasterisé


Alan en a également parlé et on peut le confirmer : la voix de Robert Plant ressort nettement mieux sur cette réédition. Elle est plus claire, plus détachée des autres instruments et elle survole mieux les chansons. Tant mieux, cela nous permet de davantage profiter de l’album sur lequel Plant chante le mieux, délaissant ses recours systématiques à des aigus qui filent de l’urticaire à nombre des rédacteurs d’Albumrock et posant davantage sa voix sur des morceaux calmes. “That’s The Way”, “Gallows Pole”, “Bron Yr Aur Stomp” (et globalement toute la face B), voilà des morceaux qui bénéficient de ce lustrage vocal. Idem pour la basse de Jones, mixée plus forte, plus audible, plus incisive, et ce sont principalement “Immigrant Song” (impressionnant de dynamisme) et “Out Of The Tiles” qui en sortent grandis. Au rang des améliorations, on pourra éventuellement ajouter les grésillements initiaux typés vinyle d’”Immigrant Song” (encore) et de “Friends” qui confèrent au disque, malgré la volonté de moderniser le dirigeable, un côté authentique assez sympathique. Et puis on va s’arrêter là pour les compliments et aborder le gros point noir clairement spécifique à ce III, disque en très grande partie acoustique : les guitares folk. Très métalliques, elles souffrent d’un rééquilibrage vers les aigus qui apparaît agressif et limite désagréable sur certains morceaux. C’est d’emblée flagrant avec “Friends” qui perd une grande partie de sa douceur, mais surtout avec “Tangerine” qui en devient pour le coup presque inécoutable dans sa première partie (ça s’améliore avec l’arrivée de la slide). Donc clairement, n’hésitez pas à vous faire prêter cette version par un ami avant d’investir. Personnellement, malgré toutes les qualités énoncées, je suis retourné avec beaucoup de plaisir à mon ancienne version de 1994.

Le disque compagnon


D’autant que les bonus contenu sur le fameux disque compagnon n’arrangent rien à l’affaire. Autant pouvoir profiter du Live in Paris de 1968 sur le I était des plus appréciables, autant on se rend bien compte ici que Page a fait plus que gratter ses fonds de tiroir pour trouver un matériel un tant soit peu correct à nous proposer, remarque également valable pour le II. Et encore. Va pour le mixage alternatif d’“Immigrant Song”, moins réussi, c’est vrai, mais pas inintéressant, notamment dans son final et les effets vocaux de Plant qui en deviennent limite inquiétants. Va pour la version alternative de “Since I’ve Been Loving You”, moins enflammée, moins rentre dedans, plus bluesy, mais toute de même nettement moins typée et mythique que la version finalement retenue par Page sur l’original. Quant au reste… il faudra que l’on m’explique l’intérêt d’un instrumental pur pour “Friends” vu que le morceau tire une grande partie de sa force du dialogue voix-guitares et que les arpèges acoustiques sont tout de même très répétitifs, ou encore d’un instrumental sur “Out On The Tiles” (rebaptisé “Bathroom Sounds, on ne sait trop pourquoi). Les mixages alternatifs de “Celebration Day” et de “Gallows Pole” sont quasiment identiques aux versions initiales, et il faut vraiment tendre l’oreille pour repérer des différences sur un “That’s The Way” flanqué d’un dulcimer (pas entendu, pour ma part) et d’échos en arrière fond (ah bon, si Page le dit). Seul intérêt de la face B, une version électrique et nettement plus hard rock de “Bron Yr Aur Stomp”, rebaptisée ici “Jennings Farm Blues”, une version qui fonctionne plutôt bien mais qui ne parvient pas à faire oublier l’original, preuve que Page a eu raison d’insister sur l’aspect plus acoustique de ce III. Et pour conclure, on aurait en effet pu imaginer “Key to the Highway/Trouble in Mind” en lieu et place de l’atypique “Hats Off To Roy Harper”, un titre blues acoustique en fin de compte moins barré mais tout de même appréciable.

C’est donc un sentiment finalement très mitigé qui surnage après avoir écouté ce III nouvelle version, ce qui n’était pas le cas des deux albums précédents. Au moins, on peut reconnaître à Page le crédit d’avoir proposé une réédition qui change la donne et qui propose une vision réellement alternative de ce vieil album. Malgré tout, le manque de rondeur, l’aspect propret de l’ensemble et l'agressivité des cordes folk pourront en rebuter plus d’un. Quant à la version Deluxe et à son disque compagnon, mieux vaut vraiment être un gros fan pour se laisser tenter tant le contenu s’avère maigre. Faites-vous votre opinion avant d’acheter, mais quoi que vous décidiez, ne passez surtout pas à côté de ce monument du rock-hard-folk-blues et de l’un des plus grands disques du dirigeable plombé.

Nicolas
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