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Compte-rendu de concert

The Black Keys


Date : 16/03/2011
Salle : Olympic (Nantes)
Première partie :
Nicolas, le 19/03/2011
( mots)
Privilégiés, les nantais ? Certainement. Alors que le duo d'Akron annonçait il y a quelques semaines qu'il annulait sa tournée européenne pour cause de surmenage (c'est dur, vous savez, de gagner un Grammy), il maintenait pourtant deux prestations françaises : Paris (bien sûr) et Nantes. Avec le recul, il faut savoir doublement savourer la chance inouïe d'avoir pu voir en live les Black Keys sur une date miraculée, de surcroît dans une si petite salle (500 âmes à tout casser) tandis que les parisiens devaient se contenter de l'Olympia - avec le tarif qui va avec.

Faisons court : un concert en semaine, surtout quand il faut se taper 1h30 de route en voiture en sortant du boulot, c'est difficile à planifier. Moyennant quoi la première partie de cette soirée, Birds Are Alive, a malheureusement dû passer à la trappe faute d'une arrivée suffisamment ponctuelle sur les lieux du crime. A peine le temps de se frayer un passage pour se rapprocher de la scène que les deux américains débarquent sous les cris quasi-hystériques de la foule. C'est un fait : avec Brothers, les Black Keys ont quitté le rang de sinistres inconnus tout juste bons à faire de la figuration (de luxe) dans les festivals à celui de ténors incontestables (et incontestés) du rock n' roll à tendance bluesy. Inutile de dire que le concert est sold-out depuis 4 bons mois. Pourtant, ceux qui ne connaissaient pas les vieux albums du duo avant le live en sont rapidement pour leurs frais, car le couple Auerbach - Carney n'est pas décidé à faire la moindre concession d'entrée de jeu. C'est donc à deux, "à l'ancienne", que les Keys attaquent le set avec cinq titres issus de leurs trois premiers albums. La scène se voit toute entière occupée par les deux hommes : Patrick Carney sur la gauche, tel un squale débonnaire en chemise, flanqué de ses légendaires lunettes cerclées, se rend maître d'un curieux drum kit avec grosse caisse déportée latéralement, le buste et le regard tournés sournoisement vers son collègue, maltraitant ses fûts avec brutalité en n'hésitant pas à frapper simultanément des deux mains dès qu'il en a l'occasion - technique plutôt primitive mais diablement efficace ; Dan Auerbach sur la droite, impeccable de cool-attitude dans son blouson en cuir, teint vitreux et oeil hagard sous sa nouvelle coiffure à mèche, offre un contraste saisissant entre son allure limite maladive et son incroyable vitalité scénique. Le show offert par le chantre du blues-rock est ébouriffant d'énergie et de sensibilité : armé de sa vieille Harmony Stratotone (une antiquité élimée par de longues années de concert), l'homme se plie en deux, saute en tous sens, se tortille au rythme de ses riffs imprégnés de fuzz, et tricote le manche de sa guitare avec une facilité déconcertante. Rien à redire : dans son genre, Auerbach est énorme. Le public en redemande et salue par de nombreux sifflets admiratifs ses prouesses à la six cordes. C'est à peine si on remarque que l'homme possède également une voix magnifique, mais il est vrai que les micros de la salle, trop axés sur les aigus, ne lui rendent pas hommage.

Clairement, le début du set est magistral. La formule du duo blues-rock fonctionne à la perfection et s'avère la plus impressionnante tant sur le plan du son que de la vitalité. Les choses se calment un peu dès que l'on aborde Brothers, nouvel opus des Keys au sein duquel le groupe a élargi sa palette sonore. Arrivent donc un bassiste et un claviériste qui se placent naturellement en arrière de la scène pour ne pas occulter les stars de la soirée. Imperturbablement, les Black Keys enchaînent alors avec la série de tubes blues pop de ce dernier album, gros carton critique et publique, dont la mise en scène live se voit axée sur la sobriété. Auerbach a troqué sa Stratotone pour une plus conventionnelles Gibson blanche, et son jeu de guitare se fait plus épuré et moins démonstratif. La prestation demeure impeccable, et les "Next Girl", "Tighten Up" et "Howlin' For You" s'enchaînent à la perfection, montrant bien les gros progrès de songwriting du duo. Ici, les instruments ne sont plus des objets de jouissance mais des accessoires qui se mettent imperturbablement au service de la mélodie, les riffs se font moins techniques, les effets sonores s'avèrent moins prégnants, mais l'apport de la basse et du clavier permettent au son de rester bien ample. Alors que le set atteint son rythme de croisière, le bassiste et le claviériste quittent la scène et les Keys embrayent sur les vieux pots ("I'll Be Your Man", très efficace) et sur quelques resucées d'Attack & Release repensées pour le duo guitare-batterie, relançant ainsi l'énergie du set de fort belle façon tandis que le rideau de fond tombe pour faire apparaître un immense "The Black Keys" tout en diodes luminescentes. Hélas, c'est déjà fini : après un court rappel conclu par l'excellent et catchy "Your Touch" (le morceau de choix de Magic Potion), Dan Auerbach et Patrick Carney fuient rapidement les lieux, le premier en ayant bien pris soin de remercier ses ouailles, et le second sans même avoir jeté un regard à l'assistance. C'est le seul reproche que l'on pourrait formuler à ce concert dense et magnifique : 1h10 de spectacle, même à un tel niveau, ça fait un peu court. On peine à imaginer que le groupe aie parcouru des milliers de kilomètres en avion pour une poignée de concerts si brefs alors qu'ils étaient, l'avant-veille encore, au boulot à Nashville sur leur nouvel album. Bah, peu importe : le concert était fantastique et il est peu probable que l'on revoie un jour les Black Keys dans une salle de cette capacité, alors ne boudons pas notre plaisir.

 

Setlist

Thickfreakness
Girl Is On My Mind
The Breaks
Stack Shot Billy
Busted
Act Nice and Gentle (The Kinks cover)
Everlasting Light
Next Girl
Chop and Change
Howlin' For You
Tighten Up
She's Long Gone
Ten Cent Pistol
I'll Be Your Man
Strange Times
I Got Mine

Rappel
Sinister Kid
Your Touch
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