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Compte-rendu de concert

Rendez-Vous


Date : 25/09/2019
Salle : Aéronef (Lille)
Première partie : SRSQ, Drab Majesty, Oktober Lieber

Rendez-Vous à une soirée Post-Punk 

Mathilde, le 03/10/2019
( mots)

La programmation de ce soir fleure bon le Post-Punk et la New-Wave détrempée, surtout en cette semaine pluvieuse. Bière amère, cuirs et creepers, voilà l’ambiance feutrée de ce soir qui sied bien à l’Aéronef aménagée en scène "club" intimiste pour l’occasion.

SRSQ (prononcer "seer-skew") ouvre la soirée. Après la douloureuse perte de son partenaire avec qui elle formait Them Are Us Too en 2016, la chanteuse Kennedy Ashlyn revient avec un projet solo en 2018, Unreality. Du au fait que SRSQ a été annoncé à la dernière minute, la critique est ici peu réelle aussi car arrivée après le set… Mais on peut sûrement y présager de la Dark-Wave en matière Skaï avec une voix quasi lyrique et un storytelling méditatif.

Les prochaines quarante minutes seront campées par Drab Majesty, un duo de Synth Pop/ Goth- Wave/ ce soir il y a beaucoup trop d'appellations, et venu de Los Angeles. Le leader Deb Demure à la guitare a été précédemment batteur dans le groupe Marriages, et semble avoir un certain charisme parmi ses initiés depuis un bon nombre d’années. Depuis 2015 il partage la scène avec un clavieriste et distille dans des clubs branchés ses trois albums studios dont Modern Mirror sorti cette année. Le tout avec un forte identité visuelle, soigneusement mise en avant: les visages sont pâles et grimés et les costumes toujours kitsch et très eighties. C’est donc sous une apparence mi-Sebastien Tellier, mi-Michou que les deux faux blonds se présentent, concentrés à la Kraftwerk sous tutu (ils portent un genre de voilette). Pas si inaccessibles que ça ces américains, puisque dès le premier titre "The Other Side" le refrain reste vite en tête, avec des lignes de guitare toutes droit sorties de l’Hacienda et des accents Depeche Mode dans la façon de chanter. Plus loin ils ravivent The Breakfast Club avec le très Simple Minds "Dots In The Sky". Les nappes synthétiques s’entassent et font danser le public, entre le bar et l’avant scène, et l’ambiance club prend tout son sens, surtout quand les samples deviennent  Shoegaze (sur "Hath No Form") façon The Horrors. Pas très bavards, Drab Majesty livre un concert bien carré, prenant tout de même la liberté d’adapter certains de leurs morceaux pour le live (comme "Only A Mime" qui est joué en accéléré). Plus qu’une plaisanterie, un duo plaisant.

Vient le clou du perfecto, le coeur de la soirée, le rendez-vous, évidemment. Rendez-Vous est un groupe parisien Post-Punk décrit par les Inrocks comme "le groupe de rock français le plus passionnant de son époque", ni plus ni moins. Après deux EPs en 2014 et 2016 puis un premier album en 2018, Superior State, le groupe défraie les chroniques et dépasse cette sacrée Aya Nakamura (qui pourtant dead ça) dans le classement "Top 20 des chansons", toujours selon Les Inrocks. Alors dès que les cinq gamins débarquent, l’ambiance monte d’emblée de plusieurs crans. "Workout" fend l’air avec ses échos scandés par le chanteur. On les croirait sortis de Grande- Bretagne plutôt qu’autre chose -ce qui est ici gage de qualité- vues leurs vraies similitudes avec les (regrettés) Eagulls. Il ne faut pas attendre "Superior State" (du genre "Funk Soul Brother") et "Lakes" pour voir les éco-cups voler et le public pogoter. Sur scène l’entièreté du groupe dégouline. Pas bavard non plus, il se saigne pourtant aux quatre fromages pour porter haut sa prestation aux abois. Les titres montent en puissance et tension jusqu’au tubesque "Distance" repris en choeur ("The distance between you and IIII"). Certes les rythmes sont binaires comme pléthore de groupes du même acabit, mais le batteur fournit plus que de la rythmique et affiche une endurance hors norme en dégommant ses fûts. Ça feule presque ici, on a affaire à du Post-Punk dopé à de la Cold-Wave furibonde. Rendez-Vous est bien plus remonté que ses comparses de Frustration, et moins lyrique et plus speed que The Murder Capital ou Preoccupation. "Euroshima" est brillant de synthé arty et apporte un surplus d’élégance, avec une mélancolie mi-Cure mi-Sparks. C’est dire le champ d’action étendu du groupe. Etendu et suspendu (au plafond), comme la guitare sur le stratosphérique "Last Stop" dont l’outro en fait rêver plus d’un. Donc oui, les Rendez-Vous se débrouillent très bien, et sont même uniques en leur genre. Une espèce rare de l’hexagone à préserver.

 Après une telle expérience de cinquante minutes de transe, la salle s’est vidée de moitié et c’est bien courageusement que s’avancent les deux filles qui clôturent la soirée. Sans mauvais jeu de mots, Oktober Lieber n’a pas grand chose à voir avec la choucroute. Car l’ambiance n’est plus la même. Davantage minimalistes et retenus, les deux synthés dépotent un son à la Soulwax, en plus désossé. Les deux parisiennes (encore) ont sorti un album In Human de six titres qu’elles défendent ici. Au sein d’un univers mêlant rock, techno et musique industrielle, les deux jeunes femmes plongent l’Aéronef dans du tromboscope épileptique et séduisent les fans d’électro avant minuit, et la fermeture des portes.

 Des riffs acérés, une basse martelante et une rythmique métronomique, telle était la formule gagnante de cette belle soirée qui a ravi le public en quête de mélodie percutante et de lâcher prise. Un genre de soirée à thème pointue et aiguisée à renouveler!

 

Setlist de Rendez-Vous:

- Workout

- Superior State 

- Lake

- Double Zero

- Sentimental

- Paralysed

- Distance

- Exuvae

- Euroshima

- Last Stop

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