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Compte-rendu de concert

Garbage


Date : 07/11/2015
Salle : Zénith (Paris)
Première partie :

Vingt années de bonheur, d’expériences, de rencontres, de rêves et de mariages brisés” : tels furent les mots employés par Shirley Manson pour qualifier l’épopée vécue par Garbage depuis la sortie de leur premier album éponyme par un jour d’août 1995. Ou comment le quatuor avait alors emmené le rock alternatif nineties au-delà de ses propres frontières avec un opus rapidement devenu culte au sein des sphères alternatives ; au-delà du simple anniversaire, le 20 Years Queer Tour apparaît comme la célébration de l’oeuvre précurseur d’un groupe atypique, quelques quatre albums et un thème de James Bond plus tard - entre autres.

Alan, le 13/11/2015
( mots)

Remémorons-nous un instant l’album en question : un trésor d’orfèvrerie sonore, traumatisme chronique des synesthètes les plus pragmatiques qui à la couleur rose associe un rock tantôt brut, tantôt délicat et puisant ses influences aussi bien dans le metal et la dance que dans la noise bruitiste. Un kaléidoscope musical aussi bigarré que cohérent, magnifié par le vecteur d’émotions indéfectible que représente la voix de la chanteuse écossaise. Atypique et précurseur, assurément.

Le cycle Not Your Kind of People ayant pris fin il y a maintenant deux ans, 2015 tombait à point nommé pour marquer le coup et célébrer les vingt ans du manifeste emblématique de la troupe des feus Smart Studios. C’est donc suite à une réédition anniversaire que Garbage a entrepris d’écumer les salles américaines et européennes pour une trentaine de dates entièrement consacrées à l'ère 1995-1996, le groupe jouant pour l’occasion l’intégralité des morceaux enregistrés au cours de cette période.

C’est au Zénith parisien que Shirley Manson et ses comparses ont choisi de faire escale en France ce samedi 7 novembre, renouant pour l’occasion avec un public fidèle et dévoué arborant dans sa majorité, en plus des traditionnels t-shirts à l’effigie du groupe, perruques et boas en adéquation avec la pochette de l’album éponyme dont il était question ce soir. Une lubie dont Shirley Manson elle-même ne s’est pas privée.

Pink is the new black

C’est suite à un film d’introduction compilant interviews et images d’archive que Garbage entame le set : à la manière du théâtre d’ombres, “Subhuman” se voit exécuté par cinq silhouettes évoluant sur un gigantesque voile obstruant la scène. Occupant sans contrainte l’espace scénique en deux dimensions évoqué ici, la silhouette de Shirley Manson monopolise l’attention, celle-ci laissant deviner un corps exempt de toute forme de rigidité et se laissant emporter par le rythme dicté par la rigueur métronomique de la frappe de Butch Vig, toujours épaulé par l’ex-Jane’s Addiction Eric Avery à la basse.

C’est alors que le batteur moustachu entame le drumfill d’ouverture de “Supervixen” que le voile tombe, laissant apparaître une Shirley Manson envoûtante au rose capillaire en symbiose avec le boa ornant son pied de micro. La couleur se voit ici déclinée en cinquante nuances, des éclairages de la scène jusqu’à la robe de dame Manson et le vernis phosphorescent de ses ongles. Soutenues par une sono tonitruante, les guitares du duc Erikson et de Steve Marker rugissent tandis que la voix profonde et magnétique de Shirley Manson chante la domination succubienne que celle-ci exerce ici presque malgré elle sur un public béat d’admiration.

La dame poursuit son jeu de séduction sur “Queer”, s'enroulant alors dans son boa pour magnifier l'aura presqu'érotique se dégageant d’elle avant d’évoquer explicitement l’orgasme féminin sur “Girl Don’t Come”. En état de grâce, Shirley Manson s’impose comme une véritable bête de scène, évoluant à loisir entre les apostrophes mordantes adressées à ses camarades musiciens de “Not My Idea” et les frêles mélopées de “Milk” : malgré un registre plus restreint qu’auparavant, Manson manie toujours son organe avec maestria et délivre une performance tout bonnement sensationnelle avec comme point d’orgue un final détonnant assuré par un “Vow” cathartique et étincelant. On en viendrait presque à se permettre un “Wow.” émerveillé et admiratif.

Long live the queen !

En dépit de son statut souverain, Shirley Manson n’en reste pas moins humble et avenante, ne manquant aucune occasion d’échanger et partager avec son public. C’est ainsi dans un écossais des plus authentiques que celle-ci s’adresse à son assemblée, ne tarissant pas d’éloges pour tous ceux qui ont fait le déplacement ce soir afin de célébrer avec le groupe un anniversaire si particulier : “Jamais nous n’aurions pensé être encore présents après toutes ces années, et c’est à vous - et vous seuls - que nous le devons.

C’est avec “Driving Lesson” que Garbage clôt son cérémonial, interprétant de ce fait l’ultime morceau issu de la période 1995-1996 énoncée plus haut. C’est ainsi à un bon nombre de reliques exotiques que le public s’apprête à dire au revoir, la majorité ayant eu droit pour l’occasion à un ultime baroud d’honneur avant d'irrémédiablement disparaître des futures tournées - car oui, Garbage a d’ores et déjà entamé l’enregistrement d’un nouvel album et compte bel et bien revenir défendre ses (sa ?) couleurs une fois ce-dernier achevé.

C’est par un appel à la lutte pour l’égalité que Shirley Manson introduit “Cherry Lips”, la fervente militante de la cause homosexuelle dénonçant avec ardeur les discriminations dont la communauté gay est encore victime aujourd’hui. S’en suit un final frénétique avec un “Push It” enflammé et fédérateur qui déchaîne les passions au sein de la foule et vient mettre un terme à près de deux heures de festivités. Acclamations, applaudissements, remerciements : c’est face à un Zénith euphorique que Garbage quitte la scène. Avec autant d’étoiles dans les yeux, il y a là tout ce qu’il faut pour voir la vie en rose.

Célébration unanime d'un rock intelligent et intemporel, mais pas que : à l'heure où la place des femmes sur la scène rock contemporaine ne cesse de grandir et où une autre britannique rousse s'est vue offrir cet été la tête d'affiche d'un festival anglais au rayonnement internationnal, il ne fait nul doute que Garbage a été l'un des catalyseurs essentiels de la métamorphose entreprise par la sphère rock dans les années 90. Autant de raisons qui font définitivement de Garbage un groupe atypique et précurseur - et pas qu'un peu.

Setlist : 1. Subhuman - 2. Supervixen - 3. Queer - 4. Girl Don’t Come - 5. As Heaven Is Wide - 6. The Butterfly Collector - 7. Not My Idea - 8. Trip My Wire - 9. Milk - 10. Fix Me Now - 11. My Lover’s Box - 12. Sleep - 13. A Stroke of Luck - 14. #1 Crush - 15. Stupid Girl - 16. Dog New Tricks - 17. Only Happy When It Rains - 18. Vow

Rappel : 19. Kick My Ass - 20. Driving Lesson - 21. Cherry Lips (Go Baby Go) - 22. Push It

Commentaires
Raphaelle, le 16/11/2015 à 11:28
J'ai longtemps hésité à prendre des places pour ce concert et finalement je n'y suis pas allée... Eh bien, je le regrette ! Merci pour ce LR qui restitue bien l'aura de Garbage, groupe bien plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord !
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In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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