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Critique d'album

Wolfmother


Cosmic Egg


(23/10/2009 - Modular - Hard 'n' roll - Genre : Rock)
Produit par Alan Moulder

1- California Queen / 2- New Moon Rising / 3- White Feather / 4- Sundial / 5- In the Morning / 6- 10,000 Feet / 7- Cosmic Egg / 8- Far Away / 9- Cosmonaut / 10- Pilgrim / 11- Eyes Open / 12- Back Round / 13- In the Castle / 14- Caroline / 15- Phoenix / 16- Violence of the Sun
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Résolu à confirmer son succès, le Wolfmother nouveau marche sur des œufs"
Maxime, le 02/12/2009
( mots)

Comment pratiquer ce satané bon vieux hard rock seventies quand on part avec trente ans de retard ? Les groupes des jeunes années 2000 n’ont cessé de défricher la question. A l’heure du bilan de cette première décennie, deux réponses globales émergent. La première, la plus courageuse mais aussi la plus périlleuse : ne pas négliger cet héritage tout en le lustrant avec des aspirations hautement modernes, élargir le propos tout en le densifiant et en l’alourdissant. Vainqueurs hauts la main, les Queens Of The Stone Age et Tool s’attelèrent à cette gageure, au prix, parfois, que l’intellectualisme et le professionnalisme prennent le pas sur l’instinct. Mais c’est la deuxième alternative qui trouvera le plus de prétendants, des dizaines de formations hurlant en cœur "fuck tout ce bullshit, man ! On va quand même pas prétendre réinventer le truc alors que tout a été fait avant. Flanquons Led Zeppelin, AC/DC, Motörhead et Black Sabbath dans la casserole, montons la sauce et balançons la purée !" Dans cette veine revivaliste, nul doute que Wolfmother accoucha, avec son premier opus, d’un des meilleurs albums du genre. Fougueux, juvénile, délesté de tout complexe, le disque parvenait à rendre le trip revival jouissif et sexy en glissant quelques giclées de guitares musclées dans les I-Pod de la génération Strokes. Etrangement, on leur a beaucoup moins pardonné ce pillage sans vergogne des tombeaux du hard que nombre de leur concurrents, The Answer, Airbourne ou plus récemment The Parlor Mob, pourtant pas vraiment plus finauds dans leurs relectures des classiques.

Pourtant, ce ne furent pas les critiques qui mirent à mal le combo d’Andew Stockdale mais un succès tonitruant catapulté depuis leur Australie natale, les faisant succéder à Silverchair au titre de trésor national. Rincé par des tournées incessantes, le groupe succombe au virus du too much too soon et éclate. Chris Ross et Myles Heskett quittent le navire, laissant le chanteur/guitariste seul à la barre. Après avoir songé continuer l’aventure sous un nouveau nom, ce dernier se ravisa bien vite, recruta de nouvelles troupes pour relancer la course du monstre océanien sous forme de quartet, trois ans après son premier coup d’éclat, fidèle en cela à la tradition d’un bon vieux Deep Purple rebondissant de line-ups en line-ups. Alors, que vaut ce Wolfmother Mach II ?

Au cœur de cet œuf cosmique, symbole de renouveau pour un groupe régénéré, bat l’embryon du digne successeur de l’album éponyme qu’on appelait de nos vœux. "California Queen" lance la fanfare comme au bon vieux temps, les dents sur le guidon, la main agrippée au manche. Stockdale hulule comme une Walkyrie hystérique, juché sur son mur d’enceintes dégueulant un vrombissement libérateur de guitares ayant passé la surmultipliée. Lancé sur les chapeaux de roues, le disque récolte très vite l’usufruit des riffs pantagruéliques des "Woman" et autres "Dimension" sur le single "New Moon Rising", ravi du raffut qu’il provoque sur une batterie cognant comme un sourd et un chant goguenard hurlant à la lune. Là, l’album s’installe et on constate que l'ovocide galactique branle un peu de la chambre à air. Certes, le combo cultive les mêmes obsessions : "Sundial" ouvre une marche pachydermique implacable dans la lignée du "Kashmir" du Zep, tapis de basse granuleuse et bourrasques de power chords assassines en sus, "Cosmic Egg" et "In The Castle" tirent la queue de Toni Iommi en lançant d’inébranlables cavalcades sur les charbons toujours ardents de "Children Of The Grave". Sûrs de leur fait, les wolfies n’hésitent pas une seconde à revisiter leur jeune et glorieux passé. "In The Morning" carillonne sous les mêmes cieux orageux que "Mind’s Eye" et "Pilgrim" contorsionne ses muscles de titan dans des poses voisines de celles de "Dimension".

Au pinacle de sa force et de sa vigueur, Wolfmother a pourtant perdu un peu de son charme sous ce nouveau visage. L’intention première demeure, mais il n’y a plus ces breaks ludiques sur lesquels les morceaux s’entrechoquaient avec bonheur, la magie, l’insolence nasillarde des débuts a pris un peu de plomb dans l’aile. On ne retrouve pas tout à fait ce hard ruant dans les brancards avec ivresse, foncièrement kitsch, intrinsèquement crétin, fondamentalement grisant. Le changement de line-up explique sans doute grandement la chose. Délaissant la formule du power trio, le groupe perd en vélocité ce qu’il gagne en puissance. Si Aidan Nemeth et Stockdale livrent quelques beaux duels guitaristiques rivalisant de lourdeur, les envolées d’orgues pyrotechniques dont Chris Ross avait le secret créent un manque que les claviers de Ian Peres, ici largement mis au second plan, peinent à combler. Plus robuste que jamais, le mastodonte est aussi moins libre dans ses mouvements. L’ivresse d’antan, Wolfmother la ranime par éclairs, sur ce "10 000 Feet" éléphantesque aux accents mythologiques ou le long d’un "White Feather" taquin, l’une des pièces les plus enlevées de l’ensemble, mais on ne peut s'empêcher de regretter le groove d’airain d’un bon vieux "Love Train". Et les parti pris plus mélodiques d’un "Far Away" ne vont pas bien loin, tant ils prennent les traits d’une balade quelconque. Dans sa version étendue, riche de quatre titres supplémentaires, Cosmic Egg gagne encore en lourdeur, dans les deux sens du terme : si "Back Round" et "Cosmonaut" rugissent de pesanteur avec bonheur, les anecdotiques et pontifiants "Eyes Open" et "Caroline" ne font qu’enliser la dynamique de l’ensemble dans des langueurs superflues.

C’est finalement devant le même problème qu’un Arctic Monkeys ou un Libertines que le gang austral se trouve aujourd’hui confronté. Que faire après un premier disque qui semble avoir tout dit ? Fidèle à la tradition de ses illustres ancêtres, Wolfmother répond en montant les potards pour aplanir les doutes au bulldozer. Et force est de reconnaître que ça marche encore plutôt bien. Même si sa superbe s’est un peu étiolée, le vaisseau de l’amiral Stockdale conserve quelques lieues d’avance sur une concurrence qui n’a pas fini de ramer dans son sillage.

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