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Critique d'album

Weezer


Weezer (Red Album)


(16/06/2008 - Geffen / Interscope - Power pop - Genre : Rock)
Produit par

1- Troublemaker / 2- The Greatest Man That Ever Lived (Variations On A Shaker Hymn) / 3- Pork And Beans / 4- Heart Songs / 5- Everybody Get Dangerous / 6- Dreamin' / 7- Thought I Knew / 8- Cold Dark World / 9- Automatic / 10- The Angel And The One
Note de 3/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Un passage à l'âge adulte difficile pour Weezer."
Maxime, le 14/11/2008
( mots)

Weezer étant un groupe de nerds vénérés par des nerds (ou des geeks, il faudra qu’on nous explique un jour la différence), c’est avec un amusement certain qu’on a vu cette sixième réalisation devenir l’objet des spéculations les plus fantaisistes. Ainsi, après le blue et le green, c’est le troisième disque à se voir doté d’une couleur, ceci intervenant tous les 7 ans avec une régularité troublante. Tout comme ses prédécesseurs bariolés, le Red Album inaugurerait donc un nouveau pan de la discographie du plus grand groupe power-pop en activité. Intéressant. Il reconduit pourtant l’équipe de l’opus antérieur, époque verte donc, avec Rick Rubin à la barre, le dodu barbu pour qui le travail de producteur consiste à s’asseoir en tailleur sur le canapé et instaurer d’intenses séances de méditation orientale. Or, si cette réalisation doit être comprise comme les prémisses d’une ère inédite pour le combo de Rivers Cumo, il y a tout lieu de s’inquiéter…

Les choses avaient pourtant bien commencé. Envoyé en reconnaissance, le single "Pork And Beans" exhibe un Weezer dans une forme inoxydable, celle qui réconcilie l’improbable : des couplets timorés et des salves de power chords querelleuses, une science précieuse de la pop au service de mélodies abrasives, une candeur de communiant aiguisée comme une guitare de Dimebag Darrel. Le clip soutenant la chanson s’avère tout aussi réjouissant, Cuomo embrassant la génération Myspace pour célébrer les losers pathétiques dont on se moque à longueur de posts sur les sites de partage de vidéo, pour les rassembler derrière sa bannière, les montrant réussir les situations qu’ils ratent d’habitude lamentablement. Ou comment se servir de son statut de rock star pour rendre justice aux excentriques, aux marginaux, à ceux qui sont toujours pointés du doigt, aux perpétuels éconduits. Weezer, royaume des losers magnifiques.

Clairement, le nouveau Weezer se veut plus adulte, sûr de sa force. Le "Troublemaker" inaugural est une superbe chiquenaude insolente comme on en avait rarement entendu de la part de Cuomo. Dans le même esprit, "Everybody Gets Dangerous" se la joue rock de campus, fier de déballer ses grosses cylindrées et ses "Ouh Yeah" goguenards. Même le texte plus intimiste de "Dreamin’" est mis en orbite à coup d’envolées vindicatives absolument grisantes mais le soufflet retombe un peu ensuite. La production de Rubin, comme ce fut le cas sur Make Believe, porte bien l’ensemble tout en lui retirant son supplément d’âme, ce qui avait pourtant permis de distinguer Weezer de la masse autrefois. Pas sûr que le groupe puisse accoucher aujourd’hui d’un titre admirablement trébuchant comme "Undone" ou qu’il se permette un corrosif Maladroit (dernier grand disque de la formation qu’il est grand temps de réévaluer à la hausse). On a du mal à cerner les contours de ce malaise. Les ingrédients et les thématiques habituelles sont toujours présents, mais le traitement final est moins incisif, il n’y a plus ces fulgurances magiques pour relancer constamment l’intérêt. Les titres sont plus longs, sans que cela soit vraiment justifié. Bref, Weezer patine et parfois, et c’est le pire, ennuie.

Ce Red Album ne manque pourtant pas de propositions. "The Greatest Man That Ever Lived" est une tentative d’écrire le "Bohemian Rhapsody" des années 2000, avec ses pièces à tiroir et ses multiples mouvements autonomes, mais captive finalement moins que les opéras de poche du dernier Green Day (un groupe qu’il est plus juste d’observer avec une focale power-pop que punk, le trio de Berkeley étant le seul digne concurrent de Weezer). De même, le titre "Heart Songs" qui détaille les différentes influences de Cuomo (de Abba à Slayer) avec candeur ne dépasse pas le stade de la curiosité anecdotique. Sur la deuxième moitié du disque, le leader maximus cède son trône de songwriter en chef pour proposer un morceau composé par chacun de ses compagnons. Résultat des courses : Brian Bell accouche d’une bluette de seconde zone ("Thought I Knew") plombée par sa voix médiocre, Scott Shriner livre un "Cold Dark World" transparent au possible qui n’aurait même pas été conservé comme face B auparavant. C’est finalement le batteur Patrick Wilson qui s’en sort le mieux avec un humble "Automatic", seul morceau du lot à se montrer à la hauteur de la qualité d’écriture du grand W. "The Angel And The One" ne viendra pas beaucoup rattraper l’affaire, la comparaison avec les "Only In Dreams", "December" ou "O Girlfriend" d’antan le discréditant d’office.

Au final, ce nouvel éponyme n’est pas un naufrage, loin de là. Bien des groupes souhaiteraient sortir un disque de cet acabit. Mais mis en perspective avec les opus précédents, il montre une cruelle perte d’inspiration. Les derniers moments d’euphorie occasionnés par l’écoute d’un morceau de Weezer commencent à dater. Rivers Cuomo s’est marié, il arbore une moustache d’homme satisfait, à l’aise dans ses baskets, et on est vraiment content pour lui. Seulement, les gens heureux seront toujours moins intéressants que les autres. Une triste loi qui s’applique aussi aux artistes.

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