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Critique d'album

Tristesse Contemporaine


Tristesse Contemporaine


(12/03/2012 - Dirty - Electro-coldwave - Genre : Autres)
Produit par

1- Empty Hearts / 2- In The Wake / 3- Hell Is Other People / 4- I Didn't Know / 5- Hierarchies / 6- Daytime Nighttime / 7- 51 Ways To Leave Your Lover / 8- America / 9- Uptown top ranking [Bonus track] / 10- Uptown top ranking [Bonus track] (Dub version)
Note de 3.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Un premier essai réussi pour ces adeptes du spleen parisien."
Olivier, le 10/10/2012
( mots)

Voilà l’archétype du combo hype, inscrit dans l’air du temps 2.0 tout en évoquant des scènes musicales datées de vingt à trente ans. Cette Tristesse Contemporaine fleurait bon le soufflé médiatique après un EP originel prometteur mais inachevé (51 Ways To Leave Your Lover EP, 2010). Un jugement précoce qui ne résiste pas à l’écoute de leur premier album. Avec un nom pareil, difficile de ne pas sentir l’ombre anxiogène de Joy Division ou de The Fall (dont TC a assuré la première partie au Bataclan en 2011) peser sur cette production coldwave. Les références sont placées, ce trio parisien vaut plus que son image - trop travaillée pour être honnête - laisse penser.

Un Britannique, une Japonaise et un Suédois dans Paris. De cette addition singulière résulte un disque à la qualité inattendue. Car il était facile de craindre un ensemble quelque peu… superficiel derrière cette esthétique pour hipsters. Balayées les idées reçues, attaquons-nous au contenu. Première écoute, première remarque : ici le minimalisme instrumental est un credo. Ce qui n’implique pas un fond musical à la diète. Tristesse Contemporaine n’est pas un ersatz des XX, l’identité de ces membres étant suffisamment marquée pour éviter le piège. Cette synergie des talents et des personnalités engendre une musique entraînante, rythmée, reposant sur des motifs récurrents sans être soporifiques. La base rythmique simple, clé de voûte assurant l’unité, laisse un important terrain d’expression à des guitares présentes épisodiquement pour distiller des phrasés évidents ("I Didn’t Know"), des synthés aussi discrets qu'efficaces et un agencement vocal séduisant ("Daytime Nighttime"). Adapté au cheminement mélodique, l'interprétation du leader Maik s’inscrit dans la tradition de ce trip-hop de Bristol sacré dans les années 90. Il en fut l’un des acteurs oubliés, MC au sein d’Earthling, pointure méconnue du genre. Un album cohérent et homogène en somme, évitant, et c’est le plus difficile, les répétitions.

Trêve de louanges. Un vilain défaut traîne malheureusement sur une partie du disque : les paroles. Autant être clair, celles-ci ont une fâcheuse tendance à verser dans l’onanisme verbal et/ou intellectuel. Il ne suffit pas de citer Jean-Paul Sartre ("Hell Is Other People") pour faire un bon texte, de même que le chanteur au masque d’âne se permet trop souvent des facilités quant au jeu sur les sonorités. Résultat : le flow est privilégié, au détriment de la profondeur des mots. Autrement dit, si les consonances sont belles, le propos est lui parfois simpliste. Du piège de la langue anglaise, pourrait-on dire.

Un aspect dommageable, sans être rédhibitoire pour Tristesse Contemporaine. Ce nom d’ailleurs, qui revient comme un leitmotiv. Un choix brillant, car interprétable sous différents angles. Les uns y verront un clin d’œil nostalgique, tant le combo aime à jouer sur les références post-punk des années 80, en contrepied d’une nouvelle ère musicale dont ils jugeraient le niveau de qualité déprimant. D’autres y trouveront un motif plus évident, en phase avec le talent de ces membres : le groupe, en plaçant le spleen au cœur de son exercice musical, offre au sentiment un écrin réactualisé. Il reprend le flambeau de la noirceur abrupte et confortable de Joy Division, sans pour autant piller l’héritage de Ian Curtis et consorts, lui apportant une touche moderne et une texture trip-hop. Il y a du Portishead dans ce combo atypique. Du Portishead version Third, glacial, industriel, presque déshumanisé. Mais capable de prendre l'auditeur par la main et de le guider dans cet univers faussement hermétique.

Point de revival ici, les codes du genre sont assimilés et utilisés intelligemment. Les influences ont été convoquées seulement quand le processus créatif l’exigeait. Comme une plus-value apportée à un ensemble en phase avec son époque. Une théorie à valider, mais qui semble plutôt convenir à l’image de ces trois apatrides. Ce premier essai en appelle d’autres, les écoutes successives révélant une richesse surprenante, eut égard à l’apparente simplicité de l’ensemble. Le tour de force du trio se situe ici : réussir à amener l’auditeur à se complaire dans cette Tristesse. Un signe qui ne trompe pas, annonciateur d’un groupe à suivre de près.

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Black Mountain


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