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Critique d'album

The XX


xx


(17/08/2009 - Young Turks - électro pop - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Intro / 2- VCR / 3- Crystalised / 4- Islands / 5- Heart Skipped a Beat / 6- Fantasy / 7- Shelter / 8- Basic Space / 9- Infinity / 10- Night Time / 11- Stars
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Pour une fois qu'un buzz est justifié, il serait dommage de passer à côté, non ?"
Nicolas, le 18/11/2009
( mots)

"Minimalisme : nom masc., recherche des solutions requérant le minimum de moyens, de bouleversements et d'efforts, et susceptibles de rencontrer une large adhésion."

Qu'on se le dise, le buzz, la mode, la hype ont toujours été les ennemis des chroniqueurs de rock. Le danger est en effet immense de se laisser happer par le cercle vicieux de l'auto-satisfaction drainée par la sensation d'appartenir à une grande fratrie idolâtre, organe fantasmatique qui se retrouve artificiellement constitué autour d'une espèce de lien méta-humain perdant toute signification au delà de la simple temporalité. Le buzz se tarit, le vrai talent demeure. Regardez donc ce qu'il est advenu l'an passé avec les MGMT. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : il est tout à fait normal que certaines personnes se soient laissées prendre avec goût au jeu d'Oracular Spectacular, car l'album est, même encore aujourd'hui, d'une tenue tout à fait honorable. Mais à trop s'être laissé impressionner de façon même inconsciente par les exclamations élogieuses qui ont fusé de toute part à la sortie de ce disque, véritable phénomène médiatico-trouducutal de l'année 2008, à trop s'être passionné pour ces deux néo-hippies brooklyniens, représentants boboïsés de la crise identitaire d'une jeunesse aussi dorée qu'incrédule, à trop s'être gargarisé des singles bigrement réussis que sont "Time To Pretend" et "Kids", hymnes générationnels autant que tours de force musicaux, les critiques ont malencontreusement oublié qu'un album se devait avant tout d'être appréhendé dans son ensemble et sur la durée. Or, quelques tours de platine supplémentaires eurent tôt fait, quelques semaines plus tard, de mettre à nu de cinglantes faiblesses notamment au sein d'une deuxième partie des plus quelconques, faiblesses qui ternissent inévitablement la qualité de l'album en question mais surtout la pertinence des éloges précédemment évoquées. Moralité, unanimité et méfiance devraient toujours aller de pair. Fin de la parenthèse.

Vous comprendrez donc l'état d'esprit on ne peut plus sceptique de l'auteur de ces lignes lorsqu'il a décidé de se frotter aux xx. Et pour cause : prenez le phénomène MGMT, retransposez-le un an plus tard, et vous y êtes. Même groupe émergent, même acronyme intriguant, même jeunesse insolente, même symbole social catégoriel (malgré une différence d'attitude assez flagrante d'avec le duo ricain), mêmes dithyrambes universelles. Voir ainsi les inrocks et autres Magic (et on ne vous parle pas des anglo-saxons) se répandre sans aucune pudeur en louanges extatiques sur ces quatre londoniens anonymes, dont certains n'ont même pas encore vingt printemps au compteur, a quelque chose de franchement suspect à défaut d'être nauséabond. A moins, bien sûr, que leur album soit vraiment bon. De l'un de ceux qui vous marquent au fer rouge, qui vous touchent au plus profond de votre être, de l'un de ceux que vous pouvez sortir dans plusieurs années et le ré-écouter avec une satisfaction intacte. Mais comment en avoir le cœur net ? Comment aller au delà du buzz ? Une seule solution, soumettre cette création au test ultime, le plus exigeant : éprouver l'album sur des semaines, et même sur des mois. Ce test là, les chroniqueurs professionnels ne peuvent pas se permettre de l'effectuer. Time is money, n'est-ce pas ? Il faut bien vendre, c'est de bonne guerre, et qui s'intéresserait à un magazine qui livrerait la critique d'un album sorti il y a plus de trois mois ? C'est là l'avantage d'être, en toute modestie, un critique amateur : pas d'image de marque à épargner, pas de comptes à rendre, pas de délais à tenir. Sauf disque gracieusement offert par un label (eh oui, il faut bien quelques petites compensations), nous avons tout loisir de rendre notre copie à l'heure où nous le voulons. Alors c'est sûr, certains pourront toujours râler dans leur coin devant un certain manque de "réactivité" rencontré dans ces pages face aux sorties d'album les plus récentes, d'autant qu'en plus nous ne pouvons évidemment pas nous permettre une totale exhaustivité. N'empêche : nous autres, à albumrock, ne prétendons certainement pas prendre la place des critiques sus-nommés. Or si ceux-ci, avec leur professionnalisme mais aussi avec les contraintes temporelles qui s'exercent sur eux, certifient unanimement que l'album des xx est exceptionnel et participent ainsi à un buzz potentiellement délétère pour l'auditeur, autant abuser de notre statut d'"amateur" et tenter une approche plus approfondie de ce disque afin de vous offrir un son de cloche éventuellement différent.

C'est bien beau, tout ce baratin, mais ça ne nourrit pas son homme. Alors, il est si bon que ça, cet album ? Eh bien, même si ça fait mal de le reconnaître, même si on aurait très honnêtement voulu encore une fois tailler un short à des critiques pros que l'on adore toujours autant détester (votre serviteur, tout du moins), force est de reconnaître que xx est un disque d'une classe rare, l'un des must-have de l'année et probablement même de la décennie. C'en est à un tel point que l'on se demande comment diable de si jeunes personnes ont-elles pu réussir un tel tour de force. Car si l'adage populaire reconnaît que "qui peut le plus peut le moins", sa retranscription dans le domaine du rock n'a vraiment rien d'automatique. En l'occurrence, le minimalisme habité (cf la définition inaugurale) que brassent si allègrement nos quatre post-adolescents relève d'une maturité musicale et d'une science des effets sonores que peu de sexagénaires expérimentés pourraient se targuer de posséder. Et ceci en se revendiquant des Cure tout en se targuant d'influences assez peu communes dans la rock-society, Aaliyah, Womack and Womack, Rihanna ou encore Justin Timberlake ! De fait, bien malin qui pourra "cataloguer" cette pop sombre et ouatée. Certains y voient le pendant de la cold wave de Joy Division pour la décennie en cours du fait d'un penchant affirmé pour les cordes clinquantes et froides. Mais une écoute approfondie de la galette fait rapidement tomber cette allégorie des plus hasardeuses tant xx transpire un rêve et une félicité que Ian Curtis n'a probablement jamais dû connaître de son vivant. Et si nous étions plutôt à l'aube d'un nouveau genre de pop ?

Chez les xx, si tout est conçu à l'économie de moyens (look emo lambda, patronyme cryptique, artwork épuré, instrumentation confidentielle), chaque détail est soigneusement pensé pour produire un impact maximal. Pour autant, il ne faudrait pas commettre l'erreur de réduire cette musique à un simple effet de style : derrière les voix indolentes, les lignes de corde placides et les beats tranquilles, se cachent des mélodies enivrantes dans lesquelles il fait bon s'immerger. Tout l'intérêt de l'album est justement de mettre ce minimalisme au service des mélopées qui s'y nichent, refusant le formatage automatique pour préférer des arrangements qui passeront pour cryptiques aux premiers passages de platine avant de se révéler d'une pertinence on ne peut plus évidente. Le quatuor est aidé en cela par la production maligne et inventive de Jamie Smith, réalisant déjà des prodiges de variété et d'intelligence derrière les platines du groupe, et qui distille ses effets informatiques avec parcimonie afin de les rendre plus poignants encore. On pensera notamment au faux rythme haletant de "Basic Space", à la basse vibrante en aller-retour de "Fantasy" ou encore au crescendo sonore final de "Infinity", des petits détails qui n'ont l'air de rien mais qui font clairement la différence.  Mieux : chaque son de l'album est à sa place, mais, et c'est encore plus fort, chaque silence l'est également. "Le silence qui suit Mozart, c'est encore du Mozart", dit-on en général. Pour les xx, le silence fait partie intégrante de la musique : voilà une façon de faire proprement détonante à l'heure où chacun se fait fort de devoir brailler plus haut et plus fort que les autres.

Si certains morceaux de l'album se laissent facilement appréhender, comme "Intro" ou "Crystalized", deux morceaux dont la puissance de la mélodie n'a d'égale que la profondeur magnétique des arrangements instrumentaux, la plupart des titres ne sont pas d'une approche aussi évidente. Pire : un coup d'oreille en dilettante à ce disque pourrait même se révéler profondément ennuyeux si l'auditeur ne se montrait pas suffisamment attentif. En fait, les morceaux des xx ne viennent pas d'eux-même jusqu'à nous, ils ne cèdent pas à la flatterie enjôleuse, aux ficelles cosmétiques habituelles ni aux lieux communs du déjà-vu (ou du déjà-entendu, devrait-on dire dans ce cas). Non, c'est à nous d'aller vers cette musique et de nous mettre en condition pour l'écouter le mieux possible. En pratique, on vous conseillera donc d'attendre un moment de calme, si possible la nuit dans une chambre silencieuse. Laissez tomber l'idée de mettre l'album en musique de fond lors d'une repas entre amis, ou même sur votre auto-radio - à moins de pousser le volume au maximum. Les xx nous imposent ainsi inconsciemment l'état d'esprit nécessaire à l'appréciation de leur oeuvre. De cette façon, on saura se délecter comme il se doit de tous ces petits rien qui parsèment le disque, le contraste majestueux des différents beats de l'"Intro", la lascivité contemplative du duo vocal sur "VCR" (Romy Croft, langoureuse et fascinante, Oliver Sim, indolent et détaché), la variété stupéfiante des rythmiques placides de "Islands", les sublimes lignes mélodiques voix-guitare-basse entremêlées de "Heart Skipped A Beat" sur fond de petites rythmiques sèches, le mysticisme évanescent de "Fantasy" et ses vibrations de basse tétanisantes, le tempo haché en cache cache et la cool attitude de "Basic Space" (peut-être le morceau le plus difficile à apprivoiser, mais peut-être aussi le plus jouissif sur le long terme), ou encore les gifles cinglantes ponctuant les appels des deux chanteurs sur le colossal "Infinity". Et au moment où l'on croit s'être gargarisé du meilleur, on s'aperçoit que les plus beaux titres restent encore à venir, tel un "Shelter" totalement dépouillé de tout oripeau rythmique, humblement déposé devant nous nimbé de son chant fragile et de ses ornementations furtives, ou encore un "Night Time" bouleversant de sensibilité à fleur de peau et enlevant haut la main le prix du meilleur morceau de la liste. Même si l'on se sentirait presque capable d'apercevoir les étoiles infinies qui brillent avec majesté dans le "Stars" qui se charge d'achever toute résistance dans notre esprit.

Donc cette fois-ci, vous pouvez être rassurés : non, les xx ne sont pas qu'un "groupe de l'année" supplémentaire dont on n'entendra plus parler d'ici quelques mois, non plus que l'une des passades médiatiques dont notre société d'hyperconsumérisme effréné a tant besoin pour faire tourner son système perverti, ni même l'un de ces combos malins qui a su tomber au bon moment, au bon endroit, et avec les bons appuis. Avec ce premier album éponyme, qui non seulement ne génère aucune lassitude avec le temps mais qui de surcroît parvient encore à surprendre et à émerveiller plusieurs mois après sa sortie, les quatre jeunes anglais tiennent une véritable bombe dont la déflagration devrait faire trembler le socle de nos certitudes pendant bien des années encore. A partir de là, on aurait vraiment tort de se priver de cette petite merveille.

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