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Critique d'album

The Who


The Who Sell Out


(15/12/1967 - Decca - British rock - Genre : Rock)
Produit par Kit Lambert

1- Armenia City in the Sky / 2- Heinz Baked Beans / 3- Odorono / 4- Tattoo / 5- Our Love Was / 6- I Can See for Miles / 7- Can't Reach You / 8- Medac / 9- Relax / 10- Silas Stingy / 11- Sunrise / 12- Rael 1 / 13- Rael 2* / 14- Glittering Girl* / 15- Melancholia* / 16- Someone's Coming* / 17- Jaguar* / 18- Early Morning Cold Taxi* / 19- Hall of the Mountain King* / 20- Girl's Eyes* / 21- Mary Anne With the Shaky Hand* / 22- Glow Girl*
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Les Who ouvrent boutique. Tout ne doit pas disparaitre."
Mathilde, le 24/08/2012
( mots)

Parce qu’il y en a marre d’entendre parler d’eux via les épisodes des Experts, de les apercevoir sporadiquement en live entre les Spice Girls et les soirées estivales de Manœuvre, de les subir honteusement dans des reprises approximatives de Limp Bizkit ou sur des T-shirts à la volée dans les rayons d’un célèbre magasin suédois. The Who, avec à sa tête le grand Pete Townshend et ses moulinets de bras sur sa stratocaster (cette main droite incroyable qui ne lui a toujours pas valu le titre honorifique de "Sir" en Grande Bretagne) et dont on ne retient souvent/uniquement que la (remarquable) pissotière à tubes de Who’s Next. Car rarement là au bon moment au bon endroit, les copains du quartier de Sheperd's Bush ont passé les décennies à tenter de se faire justement valoir, sans jouer les suiveurs face aux imbattables Beatles ni tomber dans le tape à l’œil parfois putassier des Stones. De cette carrière aux succès asssez clairsemés se pose prototypiquement l’album gouailleur, très anglo-anglais et aussi original que méconnu: The Who Sell Out sorti en 1967. Faut dire que la même année, The Beatles dégainaient le tout-sauf-anecdotique Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. Un peu maudits les mecs.


Ironie qui célèbre et moque la société consumériste et ses publicités, The Who Sell Out est un album concept qui contient un paquet de chansons annonçant le tournant mystico-spirituel que l’ami Petey gardait sous la pédale (d’effet) depuis un bail. Passé le temps où ils devaient se poser malgré eux en figure de proue du mouvement Mod (ça n’est jamais que leur manager Kit Lambert qui a eu cette idée lucrative), après avoir sorti My Generation et The Quick One, The Who ne sont décidément pas là pour biner des glaïeuls. Non pas qu’ils soient les premiers à expérimenter la pop psychédélique mais les rares sans doute à l'avoir si bien illustrée avec leur pochette pop-art à tiroirs et les jingles déjantés qui relient les morceaux. Cet album en forme de radio pirate (le groupe a d’ailleurs été poursuivi pour avoir pompé le spot de Radio London) mitraille un flot incessant et jubilatoire de titres. Et des watts, beaucoup de watts.

Situé juste avant l’adoration de Pete pour le gourou Meher Baba et la création du personnage de Tommy (opéra rock autour d'un gamin plein d’espoir même si pas très bien barré dans la vie car muet-autiste-aveugle-sourd et, sans surprise, champion de flipper), The Who Sell Out est plutôt terre-à-terre et parle mali-vicieusement du quotidien des anglais: de taxis d’après soirées ("Early Morning Cold Taxi"), de rites de passages dans la vie d’un homme ("Tatoo"), de déodorant ("Odorono": "Her deodorant had let her down/ She should have used Odorono"), de boite d'haricots à la tomate ("Heinz Baked Beans": "What’s for Tea Darling ?/ Heinz Baked Beans"). Ces mêmes produits qu'ils s'amusent à vendre sur la pochette, à grands coups d'humour grincant. Sur le vinyl originel figurent seulement 13 titres (jusque "Rael 2"), mais il est difficile de contourner les 9 "bonus tracks" qui apparaissent sur la version cd et qui sont définitivement du même niveau.

L’album s’ouvre par une énumération robotique (une des premières utilisations du Sonovox) des jours de la semaine pour ensuite révéler une des plus belles chansons du groupe: "Armenia City in the Sky", sillonnée de bandes inversées et de cors français distordus: "If you're troubled and you can't relax /Close your eyes and think of this/ If the rumors floating in your head all turn to facts/ Close your eyes and think of this". On a rarement eu affaire à un mixage aussi léché. Ce son amplissime et pourtant subtil met en exergue le jeu de basse exemplaire de John Entwistle (utiliser les cordes aiguës, c’est cool aussi) couplé à la voix et à la frappe ravageuse de Keith Moon (oui oui, il sait chanter), le batteur à qui tous les percussionnistes de la planète donneraient la moitié de leurs futs pour avoir la moitié de son talent, la moitié de sa technique magiquement acquise par un non-sérieux revendiqué et, je le concède, une dose d’amphèts qui achèverait n’importe quel cheval.

Parlons-en du batteur (pas du cheval), car il a particulièrement été bien enregistré sur cet album. Moon the Loon, accroc à l’explosif que ce soit dans les palaces, dans les toilettes ou dans les oreilles de Pete (une pyrotechnie improvisée lui a valu une surdité unilatérale). Keith, le dieu de la caisse, qui pétarade surtout et principalement sa batterie, et qui donne une dimension nouvelle au principe de cet instrument. Bien loin de s’en servir pour imposer un rythme binaire, de soutien et d'entertainment, Moony sait écrire une partition pour batterie, créer des notes et une mélodie (!) là où d’habitude il n’y a principalement que du rythme. C'est assez prégnant sur "Medac" où les percussions font comme office de "backing vocals".

De son côté, Captain Townshend et sa parfaite guitare rythmique balance le grivois "Mary Anne With The Shaky Hands", fait un peu chialer ses cordes sur l’halluciné "Melancholia" qui appelle aux psychotropes, puis laboure le tout sur le bien nommé "Jaguar". Un jeu juste et efficace qui a l’intelligence de ne pas en faire trop pour ne pas étouffer la substance mélodique de chaque chanson. Roger Daltrey, quant à lui, ne chante seul que sur cinq titres. Espérons qu’il ait pu se rabattre sur les tambourins qu’il manie (et éclate) à merveille. La voix des Who reconnaissable par son timbre finalement assez basique et fragile -mais capable de rugir quant on s’y attend le moins- est effectivement peu mise à l’honneur car l’album n’est point émaillé de prouesses vocales mais bien de chants foufous superposés.

Tous ces talents individuels atteignent ensemble le paroxysme Who-sien sur leur, soyons subjectif, meilleur morceau "I Can’t See For Miles" qui occupa la dixième place des charts anglais. Grosse déception pour Townshend qui y avait placé davantage d’ambition, il reste cependant à ce jour leur plus gros succès américain. Une chanson très "rock cliché" aux allures simplettes avec la rythmique tribale sous ectasy du Moony, la guitare écorchée en mode fuzz monocorde de Pete, le chant hypnotique de Roger-les-bouclettes, et la placidité virtuose d'Entwistle (et une phrase-refrain "I can't see for miles and miles" répétée 27 fois en guise d'outro). Bref, la meilleure efficacité de chacun de ces grands tarés, doublée de l'amitié haineuse légendaire qu'ils se portent, au magnifique service de cette sixième piste. "I Can’t See For Miles" transpire la volonté, le fantasme de Pete "de faire danser les gens jusqu’à l’oubli" , de les fusionner à la musique avec la perspective modeste de les amener à un "extase permanent". Le morceau est à la fois fédérateur et très particulier et possède, à moins d’avoir les portugaises sérieusement ensablées, une composition structurelle des plus complexes sous ses airs d’hymne à deux ronds, et c'est ça qui est fort. "Less is more", comme dirait l'autre.

 

Quel dommage de se refuser une écoute de The Who Sell Out, album si royalement équilibré, réussissant à conjuguer ritournelles pop contemporaines et essais déboulonnés et novateurs de chansons amusantes et cyniques (avec même une reprise de Peer Gynt sur "Hall Of The Mountain King"). Sorte de terreau dopé au Fertiligène pour les petits frères Tommy ("Rael 1" en a déjà les riffs à 3min42) et Who’s Next, il reflète tous les possibles de The Who et irradie d’une dimension visionnaire et ludique du genre détour vers le futur. Sans doute le meilleur exemple d’une musique et d’un compositeur qui aura finalement toujours eu une part d’incompris et des idées, un trop plein d’idées, comme ce projet Lifehouse d’écrire un album en live, en présence d’un public qui inspirerait et insufflerait un esprit nirvanesco-vibrant aux titres (inutile de dire que le projet avortera). The Who Sell Out, unique en son genre dans la discographie du groupe, procure une fraicheur immédiate et jouissive grâce à une décontraction musicale feinte et l'embarras flegmatique des faux spots publicitaires. Les éternels troisièmes sur le podium en termes de notoriété et de goodies ont pondu ici un album essentiel en posant le médiator là où peu se sont aventurés. On achète, sans hésitation.

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