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Critique d'album

The Warlocks


Heavy Deavy Skull Lover


(23/10/2007 - Tee Pee Records - Rock psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- The Valley of Death / 2- Moving Mountains / 3- So Paranoid / 4- Slip Beneath / 5- Zombie Like Lovers / 6- Dreamless Days / 7- Interlude In Reverse / 8- Death, I Hear You Walking
Note de 4/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"Ce disque, une corde et du Prozac : l'assurance d'un suicide réussi !"
Maxime, le 08/01/2008
( mots)

L’humeur n’est définitivement pas au beau fixe chez les sorciers de Los Angeles. L’époque de Phoenix "la dope fait du bien" semble farouchement révolue. L’opus suivant, Surgery, n’était pas non plus d’une gaieté folle mais sur ce quatrième album on atteint des sommets dans la noirceur la plus absolue. La grande faucheuse est omniprésente sur ce foutu disque. On la convie, on la craint, on s’y soumet avec torpeur avant de l’appeler de ses vœux comme une ultime délivrance. Heavy Deavy Skull Lover est une descente de 60 minutes dans le vide, lente, poisseuse, inexorable. Pas une once d’espoir dans le décor. De la pluie, de la cendre et des larmes amères pour toute médaille.

L’album s’ouvre sur Bobby Hecksher, leader poly-instrumentaliste, prostré sur le parquet du studio, grinçant dans ses dents en position fœtale. Des cordes plaintives et crasseuses s’égrènent fébrilement. Voix atone définitivement ailleurs, guitares cacochymes, shoegaze hébété. Mauvais karma, assurément. Puis "Moving Mountains" emboîte le pas, longue pièce zigzaguant sur des riffs surf d’outre-tombe mollement bercés par une rythmique gavée au Valium. Comme le cadavre d’un bébé mort-né flottant dans son liquide amniotique. 15 minutes viennent déjà de s’écouler et on n’est pas encore au bout de ce bad trip qui noie tout dans une avalanche de bruit cafardeux : "Slip Beneath" est le théâtre d’une guitare agonisant lentement et douloureusement, "Interlude In Reverse" déploie trois minutes de distorsions passées à la moulinette. Glauque, vraiment. On ne sait lequel est le plus désespéré dans l’histoire : les musiciens qui ont engendré un tel manifeste neurasthénique ou celui qui aura la force d’écouter cet album d’une traite.

Et pourtant, ça et là, la vie s’efforce d’allumer quelques chandelles dans ce tableau post-apocalyptique. "So Paranoid" insuffle une douce brise avec ses guitares qui carillonnent avec l’orgue dans une réverb cérémonieuse. On pense à la mélancolie rêveuse de Ride. "Zombie Like Lovers" marque un regain d’énergie, avec son squelette de mélodie qui progresse vaille que vaille vers une avalanche noisy. Mais l’atone "Dreamless Days" qui lui succède s’empresse de plomber l’ambiance et de tout repeindre en noir. Finalement "Death, I Hear You Walking" sonne comme une libération finale. Or, le supplice n’est pas encore achevé puisque suivent deux plages sans titre. La première reste fidèle à ce qui a précédé, gémissante et bruitiste donc, la seconde en revanche fait ressurgir le spectre du Warlocks d’antan, sauvage et misanthrope, rugissant et venimeux, seule goutte de plaisir dans cet océan d’amertume. N’est-on pas un brin poseur quand on va aussi loin dans la décrépitude ? Il n’y a que deux issues possibles quand on enregistre un disque si malade : soit Bobby Hecksher et sa bande poursuivent leur logique et s’immolent collectivement en déclamant Les chants de Maldoror, soit Heavy Deavy Skull Lover n’est qu’un point de passage obligé vers une future renaissance. On conseillera aux amateurs de rock noisy d’aller plutôt se procurer le Passover des Black Angels, autrement plus accrocheur et moins ostentoirement sombre, voire d’aller faire un tour du côté des Besnard Lakes. Seule une poignée de jusqu’au-boutistes tenteront pareille aventure, comme un saut à l’élastique sans élastique vers une crevasse sépulcrale. A ceux-là, inutile de leur souhaiter une bonne année 2008, elle ne risquera pas de durer bien longtemps pour eux.

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Critique d'album

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