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Critique d'album

The Warlocks


The Mirror Explodes


(18/05/2009 - Tee Pee Records/Differ-Ant - Rock psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- Red Camera / 2- The Midnight Sun / 3- Slowly Disappearing / 4- There Is A Formule To Your Despair / 5- Standing Between The Lovers Of Hell / 6- You Make Me Wait / 7- Frequency Meltdown / 8- Static Eyes
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Bobby Hecksher émerge de son coma dark-psyché pour redevenir un songwriter doué"
Maxime, le 09/03/2010
( mots)

L’évanescente Nico fredonnait "I’ll be your mirrur" sur l’éponyme du Velvet Underground, et voici une décennie que Bobby Hecksher et ses sbires n’en finissent pas de se rouler sur les tessons sanglants de White Light/White Heat. Droit dans ses bottes et la corde au cou, le leader des sorciers de Los Angeles poursuit sa descente glauque amorcée depuis Surgery des sommets du garage-psyché hédoniste de Phoenix vers les tréfonds d’un shoegaze maussade et halluciné. Jusqu’au-boutiste dans sa volonté forcenée d’aller se terrer aux fins fonds des ténèbres en refusant la moindre nuance de gris, Heavy Deavy Skull Lover, le précédent effort du collectif, apparaissait comme un opus fascinant par bien des côtés, mais manquant furieusement de chansons dignes de ce nom. Une trajectoire solitaire et obtuse qui semble convenir à son corbeau désailé de leader, puisque c’est avec cette armature actuelle (batterie unique et claviers clairsemés confrontés à trois guitares vaporisées dans la reverb) qu’il a choisi d’exhumer des anciens morceaux non publiés sur ses précédents travaux.

Recueil d’inédits époussetés à la chaux vive, The Mirror Explodes est donc avant tout un disque bilan, le prélude à une hypothétique nouvelle orientation. Moins désespéré que Heavy Deavy Skull Lover, ce cinquième opus renoue avec la beauté tragique de Surgery, dont il puise sans doute la plupart des pistes de son tracklisting. Le rock goth arrosé à la térébenthine de Bobby Hecksher est à nouveau accueillant. On n’y retrouve plus de dérives amorphes d’un quart d’heure ni de bruits blanc inaudibles broyés à coups de pédales d’effets mais 8 morceaux qui ne durent que ce qu’ils doivent durer et ne s’égarent pas inutilement hors-propos. Bien sûr, on ne retrouve que par éclairs l’excellence mélodique de Surgery dans cette collection de chansons qui n’avaient sans doute pas été publiées en premier lieu pour des raisons bien légitimes, mais il y a au final bien peu à jeter.

Toujours aussi obsédé par les Jesus And Mary Chains, les Warlocks se complaisent à bâtir des titres (dé)construits autour de batteries tribales shootées à la morphine, de guitares atones planant en rase-motte au ralenti et de chants neurasthéniques carburant au Xanax. "Red Camera" n’engage pas bien le débat avec cette complainte désenchantée qui ne parvient à n’évoquer que du Black Angels de seconde zone. Les choses s’améliorent grandement par la suite, car Bobby Hecksher a choisi de se réconcilier avec le mot mélodie. "The Midnight Sun" est une superbe virée sur un périphérique de Los Angeles post-apocalyptique enseveli sous un blizzard cinglant, "There Is A Formula To Your Despair" évoque les miasmes d’une nuit froide et solitaire sublimée par les tremblotements numériques de Michael Mann. Le combo retrouve ainsi la grâce d’un My Bloody Valentine dans ce talent éhonté qu’ils manifestent à concevoir des murs de sons aqueux, enveloppants, dans lesquels on love avec plaisir nos désespoirs et nos peurs ("You Make Me Wait"), comme des cathédrales de cristal appelant les transes les plus blafardes ("Frequency Meldown", "Static Eyes"). C’est véritablement dans le rôle de crooner morbide que Bobby Hecksher sidère le plus, sur ces balades mornes et aphasiques le long desquelles il dépeint des paysages accablants de déréliction latente et d’éblouissement contenu. Sans égal dans le registre mélancolique, il retombe en revanche dans l’anecdotique lorsqu’il se risque au tragique ("Standing Between The Lovers Of Hell").

Au final, pour aussi mineur qu’il soit, The Mirror Explodes est plutôt une bonne nouvelle. Il clôt avec un relatif brio la première décennie du collectif, et ouvre la nouvelle sur un gigantesque point d’interrogation : persévéra-t-il dans ce garage-psyché d’outre-tombe qui ne semble condamné à sidérer que par intermittences ou prendra-t-il une toute autre direction ? Quelque soit le chemin qu’il empruntera, on ne demande qu’une chose à sa tête de proue : qu’il n’oublie pas qu’avant d’être un artiste torturé, il est aussi et avant tout un songwriter de grand talent qui a signé deux des plus grands disques des jeunes années 2000.

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Critique d'album

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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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