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Critique d'album

The Sword


Warp Riders


(24/08/2010 - Kemado - Disciples du Sabbath - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Acheron/Unearthing the Orb / 2- Tres Brujas / 3- Arrows in the Dark / 4- The Chronomancer I: Hubris / 5- Lawless Lands / 6- Astraea's Dream / 7- The Warp Riders / 8- Night City / 9- The Chronomancer II: Nemesis / 10- (The Night the Sky Cried) Tears of Fire
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Black Sabbath fait (encore) des émules, et ça fait du bien"
Nicolas, le 19/06/2012
( mots)

En terme d’héritage métallique, il existe un paradoxe assez basique que l’on va essayer de vous exposer de façon explicite : si bon nombre de brailleurs chevelus se sont revendiqués d’une filiation sabbathienne en terme de son, peu s’en sont vraiment inspirés sur un plan strictement musical. En clair : c’est toujours facile de prendre une gratte, de la détuner d’une note et demi, de la brancher sur un ampli de basse et de jouer de bons vieux riffs sonnant le glas à une cadence mortuaire en bourrant le tout au Trebble Delay et au feedback ultra-distordu, ça l’est beaucoup moins de retrouver le feeling plein et entier de Black Sabbath, le groove trépidant de sa section rythmique et la science ès riff inouïe de Tony Iommi qui, faut-il le rappeler, n’a pas fait que du Doom ou du Stoner avant l’heure, loin de là. Pourtant, cette alternative sabbathienne existe dorénavant avec The Sword, qui a profité du revival hard des années 2005 et suivantes pour se faire une jolie place au soleil du metal préhistorique.

Pour rendre à César ce qui est à César, The Sword n’est pas qu’un simple copier-coller de la bande à Ozzy, et ce malgré les intonations de voix plaintives étonnamment similaires du Prince of Darkness et de J.D. Cronise, le grand maître de l’Epée. Bien que l'influence du sabbat noir soit hautement revendiquée par les quatre texans, ces derniers n’hésitent pas à aller taquiner Metallica sur son terrain de guerre thrash et à vénérer tout autant les chantres du hard burné (Led Zep, Blue Cheer) que les terroristes du son (Melvins, Sleep) et les extrémistes les plus allumés (Slayer). Tout ce ramdam se trouve donc déroulé à la Gibson mode Iommi, avec ce son rêche, pesant et délicieusement rétro qui ravive le fantôme du Sabbath de la grande époque. La petite particularité de The Sword, c’est une affinité pour tout ce qui touche à la mythologie, à la fantasy et à la S.F. : ainsi, si les deux premiers albums ont croisé le fer avec les légendes nordiques et la chevalerie, Warp Riders prend le parti de nous entraîner dans un space opera à consonance fantastique narrant la quête d’Ereth, archer banni de sa tribu qui se voit confier par le Chronomancer, entité surhumaine contrôlant le temps et l’espace, la mission de rétablir la balance entre le bien et le mal sur la planète Acheron. Tout un programme servi par une accroche visuelle dans le ton des vieux Star Wars et des RPG live : les geeks apprécieront.

Sauf qu’on ne va pas se leurrer : l’histoire a beau être éminemment sympatoche, ce n’est pas vraiment ce qu’on attend en priorité quand on écoute un disque de ce genre. Non : ce qu’on attend, c’est d’en prendre plein la tête et d’engranger son quota de décibels, de morceaux de bravoures à la six-cordes et de riffs par brouettées entières. Rassurez-vous : dans ce domaine aussi, The Sword sait y faire. Warp Riders tranche pourtant avec le style développé par l’Epée sur ses deux premiers albums, délaissant le metal un peu dur de ses débuts pour essayer de sublimer le hard rock le plus guttural qui soit. Une chose est certaine : grâce à une production en béton armé assurée par Matt Bayles, les texans n’ont jamais autant impressionné sur le plan du son. Après une intro instrumentale sous speed, "Tres Bujas" sonne la charge des blindés lourds au rythme des martellements de corde hachés et des frappes de batterie altière, du bon hard racé comme on aime. Mais ce qui fait la force de The Sword, une fois encore, c’est sa communion avec maître Iommi et son jeu de guitare varié et majestueux. "Arrows In The Dark" en offre le meilleur aspect : ici le groupe en se contente pas de simplement jouer du Doom bas du front, il fouette ses coursiers avec fougue et alterne les rythmes et les textures avec beaucoup de classe. Autre particularité de Black Sabbath : sa collection de riffs monumentale. Qu’à cela ne tienne, L’Epée a de quoi tenir la comparaison, et c’est le bouillonnant "The Chronomancer I: Hubris" qui se charge de déverser les coulées de lave en fusion en changeant encore et encore d’enchaînements de note : jouissif au possible, et ce n’est que le début.

Tout Warp Riders est ainsi un condensé de proto-metal sombre mais jamais glauque, habité mais jamais connoté, technique mais jamais orgueilleux, puissant mais jamais violent. Le chant de Cronise reste clair et hautement démonstratif, la batterie pétarade mais ignore superbement la double pédale (et franchement, ça n’est pas un mal) et les gratteux voyagent au gré des genres et des courants des late 70’s - early 80’s sans aucun complexe, titillant tout autant les cavalcades guerrières des Four Horsemen ("The Chronomancer II: Nemesis") que les effluves doom les plus glaçantes ("Astrae’s Dream", enchaînant les coups de mortiers lugubres, les rafales de semi-automatique et les soli déchaînés). The Sword ose encore tricoter son rock sur une matrice blues (l’haletant "Lawless Lands") et mélange le hard et le heavy metal avec une classe inouïe ("The Warp Riders"). Et même si la musique de l’épée est en grande partie instrumentale, le groupe sait encore pondre des chansons qui font mouche et qui prennent aux tripes ("Night City", imparable). Voilà donc un concept album qui vous introduira parfaitement à l’univers riche et fantastique de The Sword, un univers rétro mais pour autant étonnamment rafraîchissant dans le milieu hyper-balisé des headbangers. En retournant à la source de leur art et en oubliant peu ou prou tout ce qui a découlé de la NWOBHM (extrémismes et provocations inclues), les quatre texans ont ouvert une nouvelle voie pour le metal, plus consensuelle certes, mais possédant également un potentiel de popularité bien plus élevé. Et si Warp Riders vous a plu, réjouissez-vous : son successeur, Apocryphon, nous arrivera à la rentrée. On en piaffe d’avance.

 

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