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Critique d'album

The Redwalls


Universal Blues


(09/09/2008 - Fargo Records - Pop-rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Colorful Revolution / 2- You'll Never Know / 3- It's Alright / 4- Speed Racer / 5- How The Story Goes / 6- It's Love You're On / 7- What A Shame / 8- Home / 9- Balinese / 10- I Just Want To Be The One / 11- Universal Blues
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Les Beatles ont quitté leur cave d'Hambourg pour se réincarner dans ces gamins"
Maxime, le 28/02/2009
( mots)

Louons l’activisme du label Fargo qui s’évertue depuis plusieurs mois à distribuer en Europe quelques pépites de la scène rock américaine qui n’avaient auparavant trouvé le moyen de traverser l’Atlantique qu’en loucedé via les bacs import, notamment l’excellent New Wave des punk-rockers d’Against Me! dont nous n’avons, fort injustement, pas encore parlé (on rattrapera cette omission sous peu). Dans un autre registre, citons donc le cas de ces Redwalls, dont le premier album sorti en 2003 a été réédité à l’automne dernier (deux autres disques ont suivi : De Nova, 2005 et The Redwalls, 2007).

Replaçons-nous dans le contexte de l’époque : le revival sixties-seventies battait son plein, la seconde vague post-punk/eighties n’était encore qu’à ses balbutiements. Les White Stripes cassaient la baraque avec leur Elephant, la baudruche The Vines enflait de plus belle, et les Franz Ferdinand et les Bloc de l’Essex n’étaient pas encore de la party. Chacun explorait avec un certain succès les plus belles pages de la période dorée du rock. A force de creuser, on s’est dit qu’ils allaient finir par trouver du pétrole. Leur or noir, les Redwalls l’ont trouvé en piochant plus profondément que la concurrence, dans ce gisement jamais épuisé que constitue la scène british du milieu des années 60, et plus particulièrement l’œuvre des scarabées de Liverpool. Alors qu’ordinairement on pille les Beatles dans leur période post-Rubber Soul, le quartet de l’Illinois, lui, va explicitement s’inspirer de leurs premières années, celles où ils enflammaient les caves d’Hambourg en se gavant d’amphétamines et de prostituées tout en évitant la police de l’immigration. La bio a beau citer le Dylan de Highway 61 Revisited (pour le timbre chevrotant et traînant de Logan Baren peut-être) et les Remains (oui, à la rigueur), c’est quasiment exclusivement sur la période early sixties des Fab Four (de Please, Please Me à Help ! pour être large) que les Américains ont choisi de s’aiguiser les quenottes.

A ce titre, la seule audace de ce Universal Blues sera son titre introductif, "Colorful Revolution", qui commence comme un pastiche ralenti d’"Ob-La-Di, Ob-La-Da" pour ensuite évoluer sur la country stoned de "The Ballad Of John & Yoko". Pour le reste, tout le décorum de la période précédant le virage avant-gardiste des prodiges anglais est exhumé avec une urgence fiévreuse : grandes lacérations vocales dignes d’un John Lennon traumatisé par Little Richard, textes simplistes répétés à l’envi, chœurs invariablement chevillés aux refrains, production old school joyeusement grésillante. The Redwalls évoque l’image d’une bande de gamins partis à la cité de la musique vandaliser l’ancienne exposition Lennon, brisant les vitrines pour s’équiper de guitares Rickenbaker et basses Hofner, et singer leurs idoles devant les vestiges de leur gloire passée. Assez cyniquement, les premiers tours de platine donnent lieu à des petits blind-tests. Quel titre des Beatles tel ou tel morceau détourne-t-il ? Les réponses tombent en vrac : "Twist And Shout" ("Speed Racer"), "Yes It Is" ("Home"), "A Hard Day’s Night" ("It’s Alright"), "Baby’s In Black" ("How The Story Goes")…

Ces voisinages qui bloquent les premières écoutes s’estompent pourtant au fur et à mesure que le charme suranné du disque se diffuse, apportant un peu de fraîcheur bienvenue au milieu de cet exaspérant revival eighties actuel. On se rend alors compte que, mine de rien, ces Redwalls possèdent un sens redoutable de l’écriture, un charisme de jeunes frappes qui confèrent à ce "Balinese" lascif un sourire roublard ou à ce "What A Shame" une science du tragique et du cri adolescent qui enterrent à l’aise les pénibles glapissements de la génération Naast. A contrario, cela prouve qu’il est temps de réévaluer à la hausse les premiers travaux de John, Paul, George et Ringo au lieu de ne les traiter que comme une simple mise en bouche préparant les futurs Sgt Pepper’s et Double Blanc. Universal Blues démontre également en creux que la première vague de rockeurs des années 2000 s’avérait beaucoup plus séduisante que celle qui la relaie aujourd’hui dix ans après, justement parce qu’elle s’appuyait sur un spectre de références plus élargi et savoureux qu’actuellement.

Etrangement, cette réédition est sortie dans les bacs à peu près au même moment que le premier album des Explorers Club, groupe de Caroline du Nord qui a quant à lui choisi de s’inspirer de la surf pop ensoleillée des Beach Boys. On tenait là un drôle de pari : ces deux formations allaient-elle se tirer la bourre sur le noble terrain de la pop sixties en dégainant leur Revolver/Pet Sounds ? Loupé, sur leur troisième opus, les Redwalls ont cette fois-ci fait un bond de quarante ans en s’invitant sur le terrain de jeu des Strokes, autre figure de proue des années 2000 qui pillèrent sans vergogne la scène new-yorkaise de la fin des seventies. Ces types n’avancent ni ne reculent, ils radotent, mais avec un certain panache.

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