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Critique d'album

Naast


Antichambre


(15/01/2007 - Source - Rock Garage - Genre : Rock)
Produit par

1- Mauvais garçon / 2- Va-Et-Vient / 3- Point Aveugle / 4- Tu Te Trompes / 5- Derrière cette porte / 6- Coeur de Glace / 7- La fille que j'aime / 8- Complications / 9- Sublimation / 10- Je te cherche
Note de 1/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Le premier LP des Naast enfin dispo. La révolution rock que la France attend ?"
Maxime, le 14/03/2007
( mots)

Pauvre France, pays au ventre musicalement mou qui marche avec quatre décennies de retard. Le rock est aujourd'hui très largement récupéré, accommodé à toutes les sauces et vidé de son substantifique pouvoir de subversion. Pourtant, depuis deux ans, une poignée d'autochtones résiste encore et toujours à l'envahisseur, bien enfermés dans leur cagibi garni de vinyles, persuadés qu'on peut refaire aujourd'hui ce qui s'est fait en Angleterre dans les années soixante. Cool. Dans deux-trois ans, on pourra alors attendre les premiers combos hippie. C'est ce qui séduit dans toute cette nouvelle vague de rock français. Le panache avec lequel ils se lancent dans la bataille alors que l'affaire est déjà pliée et la messe dite. Quel miracle attendre dans ce pays lorsqu'on déboule avec une musique puisant ainsi dans des références rétro résolument anglo-saxonnes alors qu'être rock en hexagone, c'est brailler du sous Brassens sur du Pixies du pauvre, tambouiller du reggae à deux sous avec des cuivres de bas étage tout en postillonnant des slogans abscons pour une armée de djeuns béats en baggys kakis souhaitant autant la paix universelle qu'un emploi dans la fonction publique ?

Véritables Don Quichotte modernes, les Naast affûtent leurs mèches rebelles et leurs vestes cintrées pour aller combattre leurs moulins à vent sous les quolibets de La France d'en Bas© avide d'en découdre. Parce qu'ils sont jeunes d'abord. Et jeune, on l'est toujours trop. Parce qu'ils plaisent aux filles. Parce qu'ils sont un brin maniérés. Parce qu'ils vivotent dans un milieu parisien bien délimité avec ses codes stricts dont le pékin moyen se sent exclu. Parce qu'ils jouissent du support inconditionnel de Rock Folk, inféodé, c'est bien connu au Grand Capital Apatride. Surtout, parce qu'ils nous envoient un violent déni en pleine face, nous, la génération biberonnée au grunge et au rock militant, enferrée dans l'étreinte étouffante de Noir Désir. Il y eux. Il y a nous. Et un fossé abyssal au milieu. Espérer la moindre conciliation est utopique. Antichambre ou chronique d'une mort annoncée ? Le problème, c'est que c'est plutôt bon.

Des White Stripes les Naast en ont retenu l'obsession vintage, des Libertines le dandysme élégamment délabré et de la scène britannique des sixties le son. Attitude foncièrement rétrograde, donc scandaleuse, paradoxalement rendue possible par l'offre et l'accessibilité que ne pouvait offrir qu' Internet. L'album passe à la vitesse d'un TGV à plein régime (24 minutes et des poussières au compteur), la basse est dédaignée au profit du Farsifa, le son grésille comme un vieux 33 tours, on sent bien que les petits gars ont attentivement écouté les compilations Nuggets (Seeds, Remains en tête) et appliquent points par points le dogme. Pourtant Antichambre balaie tout cynisme. Premier single, "Mauvais Garçon" est une véritable bourrasque, une exaltation adolescente et frondeuse telle qu'on en entend trop peu. Gustave claironne comme s'il avait un flingue braqué sur la nuque, prenant la mélodie à la gorge, quitte à se montrer éreintant sur la longueur. Les choeurs se chargent d'aciduler une production rêche ("Derrière cette porte", "Coeur de glace"). On est vite transporté par la galette, mais au fond de la langue subsiste comme un arrière-goût de malaise.

De part et d'autre de la Manche un mouvement de balancier s'amorce. On a vu le cas des Arctic Monkeys , avares en influences mais prolixes dès lors qu'il faut parler de leur quotidien. Les Naast fonctionnent à l'inverse : il y a de la référence au mètre cube, mais absolument aucune trame pour soutenir le tout. De sa vie, de ce qui l'anime, la fausse fratrie n'a littéralement rien à dire. On ne leur demande pas de soutenir un candidat à la présidentielle, d'inciter au triage des déchets ou de militer pour le sauvetage des loutres à moustaches au Nicaragua, juste de fréquenter le monde un peu plus. Rien ne vient donner corps à leur débauche d'énergie, leur posture manque d'épaisseur, aucune ironie ou désenchantement se charge de combler l'absence de vision. D'ailleurs les textes illustrent cette vacuité effrayante, infinies variations autour des faux-semblants et des miroirs sans teint. Les Naast avancent masqués mais y'a-t-il quelque chose derrière le masque ? Enfants surdoués mais aussi flippants que les blondinets du Village des damnés, les quatre de Joinville chérissent la contradiction. C'est plutôt bon signe, assurément porteur d'une délicieuse ivresse qui risque hélas de ne durer qu'un temps.

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