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Critique d'album

The Pineapple Thief


Tightly Unwound


(19/05/2008 - K-Scope - New Prog - Genre : Rock)
Produit par

1- My Debt to You / 2- Shoot First / 3- Sinners / 4- Tightly Wound / 5- The Sorry State / 6- My Bleeding Hand / 7- Different World / 8- And So Say All of You / 9- Too Much to Lose
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La révélation tardive de l'un des plus talentueux groupes anglais en activité."
Nicolas, le 02/05/2009
( mots)

Sur le papier, il faut bien reconnaître que The Pineapple Thief n'a vraiment rien d'exaltant. Un projet solo devenu groupe au bout de trois albums (tient, ça ne vous rappelle pas un certain Steven Wilson ?), un obscur label prog (Cyclops) récemment quitté pour un autre label prog à peine plus connu (K-Scope), et un succès plus que relatif, puisqu'en tout et pour tout le groupe n'a vendu qu'environ 30.000 albums. Pas 30.000 de chacune de ses sept fournées, non, 30.000 en tout. Car oui, Tightly Unwound est déjà le septième album du groupe ! Pourtant, un détail doit attirer votre attention : Bruce Soord, l'homme plénipotentiaire du voleur d'ananas, est un grand modeste, et c'est un euphémisme. Lui-même ne croyait pas en sa musique. Il s'est contenté de ce petit succès d'estime car il se pensait incapable de soulever les foules. Il n'a jamais cherché à progresser en audience, et ce sont toujours d'autres personnes qui l'ont soutenu et qui l'ont poussé à aller de l'avant. Jusqu'à ce jour, car désormais Soord commence à se rendre compte du potentiel de son œuvre, et surtout de l'engouement qu'il suscite. En ce sens, ce septième album est quasiment celui d'un nouveau départ, voir même d'un départ tout court.

Et quel album ! Réglons d'emblée le détail qui fâche : The Pineapple Thief n'a quasiment rien à voir avec l'étiquette progressive qui lui est classiquement attachée, et se rapproche beaucoup plus de groupes comme Radiohead ou Muse - que certains se plaisent d'ailleurs à catégoriser dans le mouvement New Prog, mais c'est un autre débat. Seuls deux morceaux de Tightly Unwound trahissent l'origine du groupe par leur longueur, même s'ils restent au plus bithématiques. Pour le reste, Soord va à l'essentiel avec des titres simples, aux mélodies entêtantes et aux arrangements fluides, privilégiant la beauté du son à la complexité de la construction mélodique. Guitares acoustiques et électriques se côtoient en permanence au sein d'un même titre, échangeant leurs accents tour à tour glacés et lumineux au gré d'une section rythmique particulièrement soignée. On passe facilement du quasi unplugged aux fracas dissonants des 6 cordes sans aucun problème, ensemble auquel il faut parfois rajouter de petites touches de synthés et même quelques envolées symphoniques. Derrière le micro, Soord démontre des qualités vocales indéniables, tendant parfois vers les inflexions d'un Thom Yorke qui aurait oublié de mûrir. Une voix pas forcément originale, mais un timbre attachant qui se révèle être un incroyable vecteur d'émotions.

Pas de calcul mal placé : "My Debt To You" s'ouvre quasiment a capela, sans aucun filet pour cacher une quelconque faute de goût. Une balade amère limpide, égrenée sur des arrangements exponentiels et dont le refrain dégage une pureté rarement atteinte dans le rock anglais. On pense alors avoir affaire à un album calme, sans remous. Erreur, "Shoot First" remet rapidement les points sur les i avec sa cacophonie guitaristique qui cache un morceau imparable, propre à tourner en boucle sur les ondes FM sans devoir rien sacrifier sur l'autel du formatage. Petit tour de force reproduit régulièrement tout au long de l'album, notamment avec un "Sinners" très proche, dans la forme, d'un Radiohead période The Bends, et qui entremêle passages presque folks et refrains cristallisés sur des murs de guitare pénétrants. Le schéma est exactement inverse sur "Tightly Wound", dont les couplets oppressants aboutissent à une envolée mélodique libératoire proprement enivrante. L'art de la pop song anglaise de Soord fait ensuite merveille avec "The Sorry State" et l'asymétrique "My Bleeding Hand", deux morceaux aussi évidents qu'addictifs. C'est à ce moment précis que les choses se corsent (un peu), avec un "Different World" qui ménage une intro massive débouchant sur deux mélodies bucoliques se répondant l'une à l'autre avec un bonheur luminescent. Pendant obscur de ce morceau, l'imposant "Too Much to Lose", quant à lui, conclut le disque en apothéose du haut de ses quinze minutes qu'inaugure un slow dépouillé qui se fait brutalement phagocyter par un instrumental opulent, digne de Porcupine Tree, au cours duquel Soord démontre impeccablement sa maîtrise guitaristique. Entre les deux, "And So Say All of You" revisite avec brio la noirceur et l'ampleur des meilleures balades mortifères de Placebo, sans se départir de cette troublante sincérité qui fait le charme du groupe.

Vous l'avez remarqué, le quintette d'Oxford revient fréquemment dans cet article, et ce n'est pas un hasard au vu du niveau de cet album. Pourtant, The Pineapple Thief n'est en rien un mauvais plagiat de Radiohead. Moins brillant, peut-être, moins abouti, sans doute, mais aussi plus lisible, plus direct et par là-même plus touchant, ce groupe mérite tellement plus que l'anonymat inique dans lequel il se trouve cloisonné. Souhaitons que ce nouveau partenariat avec K-Scope offre enfin au voleur d'ananas la place qu'il mérite dans le vaste hall de gare qu'est le rock anglais. Et si vous en voulez plus, n'ayez crainte : Bruce Soord est de cette race besogneuse et prolifique qui est à même de combler quantitativement le fan le plus exigeant. Le type a quand même réussi à pondre quatre albums sur les quatre dernières années ! De plus, sur les douze mois en cours, il nous promet rien moins qu'un double EP, une compilation et un huitième album attendu pour début 2010. Vivement demain.    

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