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Critique d'album

The Pineapple Thief


Magnolia


(16/09/2014 - Kscope - New Prog - Genre : Rock)
Produit par

1- Simple As That / 2- Alone At Sea / 3- Don't Tell Me / 4- Magnolia / 5- Seasons Past / 6- Coming Home / 7- The One You Left To Die / 8- Breathe / 9- From Me / 10- Sense Of Fear / 11- A Loneliness / 12- Bond
Note de 4/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"L'album mainstream de TPT ne tient pas ses promesses."
Nicolas, le 25/09/2014
( mots)

Magnolia, dixième album du voleur d’ananas, nous a été vendu, notamment par Classic Rock, comme l’album de la consécration, du breakthrough, de la percée auprès du grand public, le disque qui consacrerait Bruce Soord comme le grand rockeur qu’il a toujours été et le placerait sur le piédestal qu’il aurait dû conquérir depuis des années déjà. Un album capable de rivaliser avec les productions mainstreams de Muse ou de Biffy Clyro. Tâchons de calmer un peu le jeu.

Il n’est nullement question de faire ici le procès de Soord, car le petit anglais s’est tout de même rendu l’auteur de nombreuses pièces d’orfèvre et d’albums assez brillants dans leur genre. Un type qui, quasiment à lui tout seul, a su crédibiliser de longue haleine un projet de rock alternatif à accointances progressives relativement variables d’un disque à l’autre, allant du vibrant hommage floydien (Variations on a Dream) à la déclaration d’amour pour la bande à Thom Yorke (Tightly Unwound) en passant par tous les stades intermédiaires. Oui, Soord est doué, et si on ne saurait raisonnablement vous conseiller d’investir dans la disco complète de The Pineapple Thief (quoique ce soit désormais possible à frais relativement réduit, ce qui n’était pas le cas il y a encore trois ans de cela), on peut au moins vous conseiller de jeter une oreille à l’excellente double compilation 3000 Days qui balaye largement l’éclectique discographie du garçon. Bref, TPT est un projet particulièrement estimable. Magnolia, en revanche, a de quoi laisser songeur.

Ce n’est pas tant le côté mainstream clairement assumé par Soord qui agace ici, mais plutôt l’étalage des carences du bonhomme lorsqu’il se frotte à l’exercice. Aussitôt que l’anglais essaye de contrarier sa nature et d’orienter sa musique vers des domaines qu’il ne maîtrise pas, il se plante plus ou moins. Symbole de ces relatifs loupés, Someone Here Is Missing entraînait The Pineapple Thief dans l’exercice forcé du metal (à l’époque très en vogue dans le milieu prog, ou apparenté prog) et laissait une impression relativement mitigée en regard de ses efforts passés. Ici, c’est un peu la même chose. Qu’on le veuille ou non, The Pineapple Thief n’a rien d’un projet mainstream. C’est un superbe groupe, prolifique, sensible, contrasté, inventif, mais qui n’est pas très doué pour les tubes formatés FM, les riffs qui marquent l’esprit ni les refrains à reprendre à tue-tête. Même ses excellents singles en format court, "God Bless The Child", "Clapham", "Shoot First", "The World I Always Dreamed Of", et on en passe (il y en a tellement), captivent plus par la sourde mélancolie qu’ils charrient et la gracilité de leur exécution que par leur poids mélodique qui, pourtant, n’est pas négligeable. Soord excelle dans le clair-obscur, les non-dits, les émotions lentement amenées, mais il se prend les pieds dans le tapis dès lors qu’il veut expédier la besogne.

Magnolia n’est pas un mauvais disque pour autant, c’est juste un album qui ne convainc jamais réellement. Un disque qui se veut combatif et taillé pour la foule, en témoigne son entame robuste et ultra-classique avec "Simple As That", ses couplets feulés, ses refrains qui explosent sur de grosses guitares, ou encore "Alone At Sea" et son archétypal ⅞ cher à Soord, deux pièces plutôt réussies dans le genre et qui laissent espérer une collection pugnace et de la rock n’ roll attitude. Problème, l’album peine à trouver son rythme, sombre assez vite dans les down tempos tristes ("Don’t Tell Me", trop naïf et cassant trop abruptement la progression) ou les surcouches symphoniques qui, pour le coup, en deviennent presque embarrassantes ("Season’s Past"), sans parvenir à éviter les écueils de la niaiserie ("Coming Home", et ses "Hanhanhan" assez moyens). C’est sur ce genre de morceaux que l’on constate malheureusement le plus gros défaut de Bruce Soord : ses textes. L’homme n’a jamais été un grand parolier et préfère bien souvent s’en tenir à une économie de mots qu’il égrène en traînant ses syllabes sur les refrains, ce qui ne gêne pas trop la plupart du temps mais qui s’avère préjudiciable dès lors qu’il s’agit de convaincre les masses. De plus, ici, il n’y a pas une seule phrase qui n’économise ses "you", ses "me", ses "love" ou ses "die", comprenez qui exprime autre chose qu’un amour brisé et/ou impossible et/ou défunt. Et on tourne en rond, clairement. "Magnolia" remonte un peu la sauce car Soord est tout de même un mélodiste solide et il parvient à nous emmener avec lui dès lors qu’il laisse son pathos juvénile de côté. Puis, alors que l’album se poursuit, surprise : "Breathe" et "Sense of Fear" parviendraient effectivement à faire de l’ombre à Muse même si, là encore, TPT n’éclipse pas ses références et se heurte par ailleurs à certaines limitations techniques. N’est pas Chris Wolstenholme qui veut, n’est-ce pas ? Lorsque la ligne de basse se fait plus sage et entêtante, le courant passe immédiatement mieux ("The One You Left To Die"). Mais on ne resortira pas grand chose d’autre de ce disque, hormis un morceau conclusif, "Bond", suffisamment sombre et émouvant pour emporter l’adhésion, tant le reste oscille entre le banal ("A Loneliness" qu’on jurerait avoir entendu mille fois ailleurs) ou l’anecdotique ("From Me", plus un intermède qu’autre chose).

En guise d’album de la percée et de la reconnaissance, The Pineapple Thief accouche de son disque le plus faible, un disque nullement déshonorant mais qui peine à transcender ses influences, à demeurer pertinent et à éviter le superflu. On ne saurait que trop vous conseiller de vous rabattre sur les autrement meilleurs Tightly Unwound et All The Wars, sans oublier toute la période pré-Kscope du voleur d’ananas, tout aussi passionnante. A oublier en attendant des lendemains meilleurs, et une fois encore, tout sera affaire de ne pas forcer le naturel. N’est-ce pas, Mr Soord ?

 

 

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