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Critique d'album

The Pineapple Thief


All The Wars


(03/09/2012 - Kscope - New Prog - Genre : Rock)
Produit par

1- Burning Pieces / 2- Warm Seas / 3- Last Man Standing / 4- All The Wars / 5- Build A World / 6- Give It Back / 7- Someone Pull Me Out / 8- One More Step Away / 9- Reaching Out
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Bruce Soord marie le rock alternatif et le symphonique en un album grisant."
Nicolas, le 19/10/2012
( mots)

Dans la récente chronique de The 2nd Law, commis par les inénarrables Muse, étaient mises en évidence les accointances existantes entre le trio de Teignmouth et une certaine frange du post progressif anglo-saxon, la seconde ayant avantageusement tiré parti du succès médiatique étourdissant mais surtout de la reconnaissance stylistique du premier. Parmi tous ces groupuscules sortis de l’ombre il y a quelques années, The Pineapple Thief est probablement la formation la plus prolifique mais aussi la plus douée de cette nouvelle génération qui a pris le train tiré par Matthew Bellamy and co, mais aussi et surtout Radiohead et, par certains côtés, Pink Floyd. Après des débuts plus ou moins stressés sur le label K-Scope (Tightly Unwound, impeccable mais très classique, Someone Here Is Missing, quelque part forçant un peu sa nature), voilà que le timide et besogneux Bruce Soord vient de lâcher du lest et de se libérer de la pression qui entourait son projet. En signant All The Wars, Soord vient (enfin) de passer à la vitesse supérieure.

Ce neuvième album du voleur d’ananas fait en effet preuve d’une certaine ambition en croisant le rock typé alternatif avec une orchestration symphonique qui, petit à petit et à mesure que les morceaux défilent, enveloppe les compositions de Soord dans un manteau royal. C’est tout le paradoxe de ce disque qui compte parmi les plus massifs du groupe (à peine un petit cran derrière Someone Here Is Missing), laissant une place de choix aux larsens et aux riffs lourds et mixant une batterie bodybuildée très en avant, mais qui a su à merveille tirer parti d’un ensemble de violons - violoncelles sans sombrer dans l’emphase ou la caricature d’une B\.O\. de film larmoyant. Ça commence fort avec un duo "Burning Pieces" - "Warm Seas" entièrement électrique, grondant, crissant et féroce comme jamais, avec toujours ce contraste saisissant entre la puissance des guitares et la voix suave et habitée de Bruce Soord qui prend un malin plaisir à nous promener d’interludes quasi-silencieux en riffs traîtres et ravageurs. C’est "Last Man Standing" qui se charge d’introduire les violons, là encore de façon très parcimonieuse, sur une matrice rythmique 7/8 très prisée par Soord. Un morceau qui résume à lui tout seul le savoir-faire Pineapple Thief : jolie mélodie pudique, metal habilement détourné de ses codes, richesse et finesse des arrangements. Pour tout dire, on sent encore une certaine fébrilité dans l’utilisation des forts décibels avec "Build A World" et "Give It Back", même si le second, malgré sa longueur, parvient à tenir en haleine là encore grâce à ses contrastes extrêmes et à ses silences qu’encadrent des décharges soniques massives et percutantes. C’est bien là le seul et unique défaut de ce remarquable disque.

Car n’oublions pas que le point fort de Bruce Soord repose sur la confection de complaintes douce-amères magnifiées par ses intonations éplorées. Dans ce registre, All The Wars tape en plein dans le mile avec de petits joyaux comme le morceau titre, nimbé dans son écrin de guitare sèche, de piano et de violoncelle. Plus loin, c’est "Someone Pull Me Out" qui impressionne et émeut avec sa rythmique saccadée et son grand refrain porté par les cordes de l’orchestre, tandis que "One Step Away" tire parti d’un étonnant contraste, là encore, entre les coups de bouttoirs massifs de la batterie et la délicatesse des arrangements flottants. Mais tout ce qui précède n’est rien en comparaison avec le conclusif "Reaching Out" pour lequel il va falloir de nouveau sortir les superlatifs. Ce long morceau de près de dix minutes représente sans aucun doute le point culminant de la discographie de The Pineapple Thief et justifie à lui seul l’achat du disque. Sur une introduction recyclant les mêmes progressions d’accord que l’"Anesthetize" de Porcupine Tree, Soord tresse une mélopée poignante qui s’envole sur un refrain libérateur avant de faire basculer son morceau dans une spirale anxieuse au son d’un petit motif de basse égrené en boucle, rapidement avalé par les dissonances des violons tandis qu’une chorale que n’aurait pas renié Carl Orff monte lentement en puissance en arrière fond. On pense immédiatement à l’"Atom Heart Mother" du Floyd, mais le morceau de Soord va beaucoup plus loin et s’envole ensuite vers de délicates boucles enfiévrées qui marient à merveille chorale féminine, violons piqués, frappes de caisse et solo de guitare déchirant. Du très, très grand art.

Sans le petit coup de mou central représenté par les trop téléphonés "Build A World" et "Give It Back", All The Wars aurait pulvérisé la course à l’album de l’année 2012. Il n’en reste pas moins un grand disque, l’un des meilleurs de The Pineapple Thief (à ranger aux côtés de Variations On A Dream) et en tout cas le plus beau de la période Kscope du groupe. Si vous aim(i)ez Muse et Radiohead et que les violons ne vous écoeurent pas (et rassurez-vous, on est ici bien loin du pompiérisme orgueilleux de The 2nd Law), n’hésitez pas à aller écouter ce disque, vous risquez de ne pas en revenir. Et si vous êtes séduits, la discographie du voleur d’ananas demeure encore bien riche en trouvailles dignes d’être découvertes. A ce propos, réjouissons-nous car sur les deux dernières années, ce ne sont pas moins que What We Have Sown, Ten Stories Down, Little Man et surtout Variations On A Dream qui ont eu l’honneur d’une réédition remasterisée, le tout bien évidemment chapeauté par l’infatigable et méticuleux Bruce Soord. Nous n’avons désormais plus aucune raison d’ignorer la formation la plus brillante du post progressif anglais.

 

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