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Critique d'album

Parkway Drive


Ire


(25/09/2015 - Epitath - Hardcore / Punk / Deathcore - Genre : Hard / Métal)
Produit par George Hadji-Christou

1- Destroyer / 2- Dying To Believe / 3- Vice Grip / 4- Crushed / 5- Fractures / 6- Writing On The Wall / 7- Bottoms Feeder / 8- The Sound of Violence / 9- Vicious / 10- Dedicated / 11- A Deathless Song
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Grand virage amorcé, dérapage contrôlé et sortie de route évitée, voilà Parkway Drive lancé sur la voie du succès"
Etienne, le 01/10/2015
( mots)

Le changement, c'est maintenant. Si tout le monde ne respecte pas cet adage aux récupérations éparses, les australiens de Parkway Drive semblent avoir pris ce credo très à coeur, au point de bouleverser les codes de leur metalcore brutal et supersonique pour l'atténuer par instants, l'envenimer par moments et l'amener à la portée du plus grand nombre dans sa globalité. Car si l'Ire des australiens s'exprime avec force, Parkway Drive prend un virage sonore monumental et, lancé à la vitesse d'une Peugeot 908 dans la ligne droite des Hunaudières, aborde la courbe à toute allure et tient la corde jusqu'aux vibreurs, quitte à frôler le bac à sable. Trêve de métaphore automobile, ce nouvel effort des australiens suinte le metal dur, les rythmes brutaux et les riffs incisifs tout en modérant sa hargne passée, à des fins d'accessibilité symptomatiques d'une évolution drastique. Quant à savoir qui tiendra jusqu'à la ligne d'arrivée et sera emballé au point d'enchaîner les tours d'honneur, là est la principale interrogation qui subsiste à l'écoute d'Ire.


Parkway Drive a donc pris un nouveau départ avec cet album enregistré exclusivement dans les studios canadiens de Metalworks et All Buttons où le processus de composition a été fondamentalement révisé. Winston McCall a indiqué que les idées du groupe étaient exploitées à fond pour Ire au lieu de simplement s'implanter et se fondre dans le modèle classique des morceaux du groupe, à savoir des gros breaks lourds, syncopés et un chant guttural très prononcé, en bref, les immanquables de tout morceau metalcore un tantinet respectable. Pour Ire, les intrépides australiens vont piocher dans le répertoire du heavy metal classique dès leur premier single, "Vice Grip", qui voit sa guitare proéminente déverser riffs chantants et pondéreux accords emportant le titre aux confins d'une tonalité épique servie par un clip au summum de la cool-attitude, amplis branchés en plein désert (les clichés ont la vie dure) et adrénaline en fusion lors d'une chute libre rock 'n roll. Au delà de ces quelques excentricités scéniques appréciables, "Vice Grip" est un vrai hit plein de vigueur, très facile à identifier et d'une fraicheur sonore indéniable, ce qui a le mérite d'interpeller et le défaut de déstabiliser ceux que les "Yeah Yeah Yeah Get Up Get Up" très schématiques du refrain horripilent à l'accoutumée. Oui mais voilà, Parkway Drive est bien décidé à prendre tout le monde de court avec Ire et les risques encourus sont énormes, l'enthousiasme pourrait s'effacer au profit d'un désaveu profond et franc d'une base de fans sans qui le groupe ne serait  ni plus ni moins qu'un machinal groupe de metalcore. La palinodie est pourtant parfaitement exécutée, se dotant d'expérimentations mélodiques et musicales euphoniques, d'une construction plus usuelle des morceaux et surtout d'une voix féroce regorgeant de subtilités inédites.


Ces progrès vocaux sont marqués en premier lieu par un mixage largement plus favorable aux vociférations égosillées de McCall, habituellement plus en retrait, et enlumine les variations mélodiques, les atténuations volumiques et les syllabes appuyées avec vigueur comme sur ce transperçant "Cut The Cord" dans l'alambiqué et abyssal "Crushed", dont la puissance écorche, assomme, inquiète. Les paroles sont dans l'ensemble bien plus intelligibles sur Ire que sur n'importe quel autre opus du groupe et on se surprend à être suspendu aux mots de McCall dans un "Writings On The Wall" subtil, sorte de ballade martiale aux accents d'outre-tombe, où chaque parole est prononcée avec cet éraillement retenu au placement chirurgical, bien loin des schémas classiques du genre. Oubliés les hurlements incessants des précédents opus, McCall prend son temps et dispense son chant en variant les styles, en alternant allègrement le chant clair ("Vice Grip"), les murmures susurrés ("Writings On The Wall"), les hurlements surpuissants ("Bottom Feeder"), les profondeurs gutturales ("Dying To Believe") et ce lyrisme singulier, ni parlé, ni chanté, ni hurlé, qui n'est pas sans rappeler par moments Phil Anselmo et qui tend vers une accentuation très irlandaise dans "A Deathless Song". En bref, un florilège de techniques vocales qui, à l'image de l'album, fait étalage de la palette des australiens, sans pour autant renier la violence malsaine qui émane des élucubrations apocalyptiques ("Destroyer") de McCall:


"We’re all addicts hooked into a toxic culture / Infinite growth in a finite world / Empires of gold return to sand / As silver tongues rust beneath the guilt of man".


Et loin de se reposer sur les épaules de son leader, les australiens entame avec Ire une refonte totale de leur patrimoine musicale.


En atteste une émancipation des restrictions structurelles induites au genre metalcore se traduisant en grande partie par des morceaux plus intelligibles, plus lisibles, où les thèmes instrumentaux sont identifiables autant que les mélodies vocales. Parkway Drive file à l'essentiel en proposant des refrains à la percussion éléphantesque ("Destroyer") et en soignant minutieusement les ponts et autres phrasés musicaux débouchant sur les vers fulminants et galvanisants de McCall (tout spécialement le géhenne que Ben Gordon inflige à sa batterie précédant des paroles on ne peut plus éloquentes "This is the sound of violence"). Tout est finement construit pour emmener l'auditeur dans un fauteuil au bord des précipices que sont les refrains fédérateurs d'Ire: les guitares diminuent d'intensité avant l'envolée maidenienne de "Fractures", l'ambiance se veut plus pesante avant l'explosion de "Bottom Feeder" ou, inversement, plus urgente avant d'asséner des "Die" grondants au coup par coup ("Dying To Believe"). Poussé de force dans l'abysse, l'auditeur tombe sans fin, enveloppé par le chant tourmenté et les nappes de distorsion aériennes, oubliant l'issue fatale au profit d'un dernier instant du pur conpupiscence malsaine. Après tout, le frisson n'est jamais aussi grand que lorsque que la faucheuse nous effleure. Retour au pragmatisme musical, l'efficacité est de mise donc et c'est un point innovant chez Parkway Drive, auparavant bien trop embastillé dans un matraquage rythmique lourd mais incessant et des compositions aux schémas instinctifs mais complexes. Ire s'offre donc de nouvelles intentions, plus directes, mais se pare aussi de nombreux ornements sonores expérimentaux, incursions empruntées à d'autres genres, avec un courage certain et une réussite écrasante.


On le répète mais Parkway Drive importe bon nombre d'éléments classiques du metal sur Ire, se les approprie et les fusionne sans accroc avec la brutalité tellurique d'Atlas et la fureur syncopée de Deep Blue. On pourrait faire l'inventaire exhaustif des expériences musicales de Ire, dire que les riffs midtempo ("Fractures", "Vice Grip") sont dans la pure tradition du heavy et pourrait bien faire de l'ombre à Matt Heafy, que l'ambiance caverneuse de "Crushed" et ses voix cyclopéennes s'inscrit dans la lignée des groupes phares du black metal ou que la douceur des violons de "Deathless Song" a tout des ambiances symphoniques fragiles d'Avenged Sevenfold, qu'on oublierait d'aborder Ire comme une oeuvre cohérente dans son remodelage. Le fil est maintenu tout au long des onze pistes de l'album, la colère est palpable et la tension ne retombe jamais vraiment, à l'exception de l'introduction ouatée de "Vicious", ses guitares séraphiques, orientales, ou de l'acoustique tremblante de l'immortelle chanson de clôture, écho chaleureux du mémorable "Sparks" ouvrant Atlas. La débauche d'énergie du groupe est exploitée à merveille dans l'excellent "Dying To Believe", le tonitruant "Bottom Feeder" et son final d'une férocité ravageuse ou encore "Crushed", l'un des meilleurs morceaux du groupe à ce jour, et son ambiance minière, lugubre et accablante de lourdeur. Pourtant, et de manière assez étonnante, le groupe retombe, non pas dans ses travers, mais dans ses facilités avec "Vicious" et "Dedicated", aussi violents mais moins percutants, sorte de murs cloisonnant le capharnaüm  musical jouissif que Parkway Drive a délivré pendant près de cinquante minutes.


Pour un groupe habitué à délivrer des opus aux contenus consistants et constants, Parkway Drive prend le risque de changer sa formule homérique et clairement usée pour délivrer un Ire varié, courageux et comportant quelques très belles réussites, notamment son trapu morceau d'ouverture. Les analyses sonores pourraient se prolonger longtemps mais là n'est pas vraiment l'essentiel, car c'est bien l'intention nouvelle qui frappe les tympans. Les australiens vont chercher à évoluer, dans le bon sens à n'en pas douter, car l'adoucissement, très relatif, de leur musique amènera à une notoriété grandissante. Il manque encore un peu de précision, quelques moments conférant à l'indescriptible aimantation par une puissance musicale dantesque pour faire de Parkway Drive l'un des chevrons du rock dur des années à venir. Atlas, magistral, avait estomaqué par sa maitrise technique et sa rage hors de contrôle. Ire étonne et détonne, se plaçant malgré tout un cran en deçà de son prédécesseur mais assume un virage emprunté à toute allure et engage la ligne droite vers le succès, pied au plancher.


Chansons conseillées: "Dying To Believe", "Fractures" et "Bottom Feeder"

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