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Critique d'album

Nebula


Atomic Ritual


(23/09/2003 - Liquor And Poker - Stoner Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Atomic Ritual / 2- So It Goes / 3- Carpe Diem / 4- More / 5- The Beast / 6- Out Of Your Head / 7- The Way To Venus / 8- Paradise Engineer / 9- Electric Synpase / 10- Strange Human / 11- Fin
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le trio stoner-grunge de L.A. au sommet de son trip spatial."
Maxime, le 13/12/2010
( mots)

Le succès du Songs For The Deaf des Queens Of The Stone Age a redonné un élan certain au stoner rock, bien mis en difficulté en ce début de millénaire par l’omniprésence de la baudruche nu-metal. Mais le triomphe du collectif de Josh Homme ne saurait occulter la horde de combos hallucinogènes gravitant dans l’ombre autour de son astre flamboyant. Nebula mérite certainement d’être extrait de cette masse. Né au milieu des années 90 sous l’impulsion de deux renégats de Fu Manchu, le batteur Ruben Romano et le chanteur et guitariste Eddie Glass (ancien activiste du punk west coast au sein d’Olivelawn), le power trio s’est escrimé pendant une bonne décennie à porter à ébullition maximale son stoner débridé, ou plutôt, comme ils préfèrent le nommer, leur heavy psych rock. C’est l’expression qu’ont choisi Mark Arm (Mudhoney), Dicky Peterson (Blue Cheer) et Iggy Pop pour adouber le gang californien dont ils sont de très grands fans. Cette brochette de godfathers renseigne déjà sur la teneur du propos : Nebula propose un amalgame explosif de grunge en lévitation, de hard rock ronflant et de garage-rock nocif. Avec le terme heavy psych, le groupe noue également une filiation évidente avec toutes ces formations kamikazes de la fin des années 60 qui jouèrent les apprentis sorciers en amalgamant les voyages hébétés sous LSD avec le fracas des Marshall hurlantes du hard naissant. Pensez Blue Cheer, Wizards From Kansas, Jimi Hendrix, Atomic Rooster, mais aussi la frange la plus dégénérée de l’ère Nuggets, 13th Floor Elevator et The Litter en tête.

Se reconnecter au noyau acide du San Francisco de la grande époque pour en déverser le suc lysergique sur le monde contemporain, tel est le credo martelé dès le premier EP du groupe (Let It Burn, 1996). Nebula passe à la vitesse supérieure à l’orée du nouveau millénaire en alignant des albums proprement affolants : grunge sous psilocybine piloté par Jack Endino, producteur maison de Sub Pop (To The Center, 1999) et convulsions garage captées depuis la voie lactée (dantesque Charged, 2001). Son style solidement maîtrisé, le groupe offre alors le poste de producteur à une vieille connaissance, Chris Goss (Masters Of Reality, QOTSA, Stone Temple Pilots), qu’il avait croisé avec toute la meute vadrouillant autour du Rancho De La Luna à l’époque de Kyuss. Et trouve par là-même ce qui va devenir son thème de prédilection : le voyage spatial. Que peut bien signifier ce "rituel atomique" brandi sur la pochette du troisième opus des Californiens ? Il faut effeuiller le digipack qui se déplie en plusieurs volets, façon retable de la Renaissance détourné, pour comprendre. Shades rivées sur le nez et perfecto sur les épaules, Glass tend un jack vers l’observateur. L’ambition formelle du projet reste fidèle au crédo seventies : brancher les gens. Le livret cite quelques épitres cryptiques d’Aleister Crowley, ceux-là mêmes qui seront scandés en toute fin de "The Beast". Puissances occultes et trips intersidéraux se joignent comme dans les grandes heures de gloire d’Hawkwind. La mantra qui se dégage de ce foutoir sonique est limpide : affirme-toi, fais ce qui te semble bon. La croisade cosmique est, comme souvent, ici métaphore d’un voyage intérieur aboutissant à une connaissance complète de soi, source d’une irrésistible volonté de puissance nietzschéenne.

Les trois premières pistes de l’album symbolisent ainsi la mise en branle de ce space trip : "Atomic Ritual" dresse un ultime check-up des potentiomètres avant le grand décollage, juché sur un vrombissement de guitares acerbes et de riffs ayant passé le mur du son ; on commence à percer la stratosphère sur le fulgurant "So It Goes", la carlingue tremble, les réacteurs turbinent dans le rouge, la destination se profile sur les radars : un monde où "everything is beautiful, and nothing hurts" ; survient alors "Carpe Diem" au son duquel on contemple, baba, l’immensité de l’univers, en apesanteur sur un groove musculeux cédant le pas à des boucles d’orgue hypnotiques. Après cette ouverture magistrale, Nebula ne fait ensuite qu’alterner rage éperdue et sidération sous psychotropes. "More" et "Electric Synapse" rejouent le cirque stoogien à son apogée, incitations à l’émeute, batterie débridée et décharges brutales de riffs telluriques assénées au ras des gencives. "The Way To Venus" fait quant à lui songer à une jam réconciliant les tricotages priapiques d’Hendrix avec la lourdeur forcenée d’un Blue Cheer, tandis que "The Beast" et "Out Of Your Head" jouent à fond la carte de la désintégration de la psyché, projetant dans l’esprit des visions folles dignes du Delirius de Druillet : armées immenses de colonisateurs extra-terrestres lancés dans une infinie marche au pas de l’oie, vaisseaux galactiques grandioses, explosions de lasers mauves et fluo… Glass multiplie les échauffourées, ici à la wah-wah plombée dans l’écho, là à grand renfort de fuzz bourdonnantes sur tapis de basse et de claviers ("Strange Human"). Goss maintient le tout sous un étrange couvercle. Le son se révèle aussi puissant qu’étouffé, le disque semblant sortir d’un vieux grimoire oublié. Outre son équilibre parfait, ses guitares grisantes et ses litanies trippantes, c’est cette production artificiellement surannée qui donne au disque tout son charme.

A l’aise dans ses mocassins de cuir, le groupe ne déviera plus de cette thématique space par la suite, même si, malgré leurs mérites, ni Apollo (2006) ni Heavy Psych (2009) ne seront à la hauteur de cet Atomic Ritual méphistophélique. Ruben Romano quitte bientôt la formation pour assumer son rôle de père de famille, tandis que la valse des bassistes se poursuit de plus belle. Eddie Glass pense se stabiliser à nouveau en 2008 avec l’arrivée de Tom Davies à la 4 cordes et de Rob Oswald derrière les fûts, mais ce dernier repart aussi sec chez Karma To Burn pour entamer un come-back aussi fructueux qu’inespéré. Frustré par un énième changement de line-up qui se solde à coups d’abus de poudre blanche, Glass jette l’éponge il y a quelques mois et met Nebula en pause indéterminée. Aux dernières nouvelles, il est retourné à la batterie, son premier instrument, peut-être pour assister son pote Ed Mudell (guitariste de Monster Magnet) dont on attend un album solo depuis des lustres. Puisque nos télescopes ne sont pas prêt de capter les échos du power trio dans un avenir proche, autant rester perché sur son addictif chef d’œuvre quelques temps encore.

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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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