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Critique d'album

At The Drive-In


Relationship of Command


(17/09/2000 - Fearless Records - post-hardcore - Genre : Ska / Punk)
Produit par

1- Arcasenal / 2- Pattern Against User / 3- One Armed Scissor / 4- Sleepwalk Capsules / 5- Invalid Litter Dept. / 6- Mannequin Republic / 7- Enfilade / 8- Rolodex Propaganda / 9- Quarantined / 10- Cosmonaut / 11- Non-Zero Possibility / 12- Extracurricular / 13- Catacombs
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Relationship of Command ou comment le groupe d'El Paso entra dans la légende"
Didier, le 08/12/2010
( mots)

A croire que, tel un message subliminal, tout était dès le début résumé en une seule image. Quant, en 2000, sort Relationship of Command, troisième album des Texans de At The Drive-In, le groupe a décidé d’orner la couverture de son album (et des trois simples qui en seront tirés) de dessins de Damon Locks basés sur la thématique du cheval de Troie. Tout comme Epéios avait construit un cheval géant en bois creux dans lequel se cachait un groupe de soldats menés par Ulysse qui allait conquérir Troie par la ruse, le quintet d’El Paso va, avec le successeur de Acrobatic Tenement et de In Casino Out, s’imposer en toute discrétion comme un envahisseur inattendu de toutes les collections de disques dignes de ce nom.

Car dix ans après sa sortie, un seul constat s’impose : Relationship of Command est bel et bien un album essentiel et la galette la plus marquante d’ATDI, groupe trop tôt disparu. Il est en effet très rare qu’un combo arrive à trouver un tel équilibre entre rage primaire et construction intellectuelle, voir intellectualisante, de sa musique. Des groupes comme Nirvana, Pixies ou Rage Against the Machine y sont certes parvenus avec la reconnaissance qu’on leur connaît depuis. Mais At The Drive-In, de son côté, a tout simplement raffiné encore cet art. La colonne vertébrale d’ATDI s’articule autour d’un chanteur unique par sa prestance, son style et son phrasé, Cedric Bixler, et d’un guitariste allumé dont on retrouvera plus tard tout le talent déglingué dans Mars Volta, Omar Rodriguez. Un bassiste, Paul Hinjos, un deuxème guitariste, Jim Ward, et un batteur, Tony Hajjar complètent le line-up de notre clique de frappadingues.

Au moment d’entrer en studio pour l’enregistrement de Relationship of Command, ATDI revient d’une épuisante tournée américaine en compagnie de Rage Against The Machine (encore!). Est-ce le contact du feu sacré ou une simple étincelle de génie qui déclenche le brasier qui va suivre ? Toujours est-il que l’album est bouclé en un temps record au printemps 2000. Produit par Ross Robinson, le Monsieur rap métal de la scène américaine des années 90, et mixé par l’incontournable Andy Wallace (Slayer, Sepultura, Faith No More, Slipknot), il sort en septembre de la même année et rencontre un succès critique et commercial immédiat, offrant enfin la consécration aux Texans. Qui décideront pourtant de mettre un terme à l’aventure six mois plus tard, pour cause de dissensions internes.

Outre le fait qu’il confirme enfin sur disque les incroyables prestations live des boys du Lone Star State, l’album combine les rouages classiques du hardcore et une approche mélodique assez inattendue, offrant au final une atmosphère riche en émotions variées, portées par des paroles très souvent aux limites de l’incompréhensible. Mieux produit et sans doute mieux balancé que ses deux prédécesseurs, ce troisième effort s’affiche certes dans une certaine continuité, mais définit de facto ce qui sera par la suite très souvent décrit comme du post-hardcore, à savoir un mélange de rythmes précis et des sons de guitare puissants accompagnés par des performances vocales qui varient allègrement du chuchotement au hurlement. Reposant sur un équilibre unique de dissonances et de mélodies et sur une alternance de rythmes lourds et de sonorités plus subtiles, Relationship of Command se démarque dès la première écoute par deux morceaux en particulier. Tout d’abord le tranchant "One Armed Scissor", à l’intro rageuse et ravageuse, morceau hardcore quintessenciel aussi efficace qu’un uppercut de Mike Tyson. Mais aussi "Rolodex Propaganda", sur lequel on retrouve Iggy Pop en invité surprise pour une sorte de ballade démente et saccadée dans les fondements mêmes du rock américain.

Il serait inutile d’énumérer en détail les treize joyaux qui composent la couronne qu’est Relationship of Command, tant ceux-ci se suffisent à eux-mêmes et définissent par leur agressivité et leurs perpétuels changements de tempo le vent nouveau que ATDI parvint à faire souffler sur le monde du punk/hardcore de l’époque. On soulignera néanmoins le tribal "Arcarsenal" qui ouvre l’album par une rythmique plombée annonciatrice de la catharsis à suivre, l’excellent "Enfilade" qui voit le retour d’Iggy Pop "le kidnappeur" pour une chanson aux paroles une fois encore décalées, ou encore l’émotionnel "Non Zero Possibility", morceau fleuve qui prouvera une fois pour toutes aux détracteurs du genre qu’un morceau peut être brutal tout en évoquant les sentiments les plus nobles. On retiendra également le déchirant "Invalid Litter Dept" qui contient d’authentiques témoignages de femmes mexicaines de Juarez, sur les viols et les meurtres perpétrés impunément par les propriétaires des Maquildoras, ou encore le renversant "Mannequin Republic", véritable tir de barrage emmené par un riff de guitare tout simplement parfait.

Marquant, engagé politiquement, parfois arrogant mais souvent brillant, Relationship of Command a depuis sa sortie souvent servi d’étalon de mesure pour bon nombre de productions du même genre. Voilà sans doute la seule consolation à la fin de carrière trop précoce du groupe : partir au sommet de sa gloire a offert à At The Drive-In un piédestal éternel dont personne ne les fera descendre facilement. Parfois comparé au Zen Arcade de Husker Dü pour l’effet d’ovni rock perçu à sa sortie et pour sa capacité à rendre fidèlement compte du potentiel live du groupe, Relationship of Command s’avère en effet presque parfait. Une collection décapante de morceaux punk nerveux et rapides teintés d’aggro rock, basée sur des riffs bien sentis et parsemée d’explosions sonores de pure passion hardcore. Bref, un album qui vous enverra au ciel à la vitesse d’un boulet de canon. L’atterrissage n’est, lui, pas prévu.

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