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Critique d'album

Johnny Marr


The Messenger


(25/02/2013 - Warner - Smith à guitare - Genre : Rock)
Produit par

1- The Right Thing Right / 2- I Want the Heartbeat / 3- European Me / 4- Upstarts / 5- Lockdown / 6- The Messenger / 7- Generate! Generate! / 8- Say Demesne / 9- Sun & Moon / 10- The Crack Up / 11- New Town Velocity / 12- Word Starts Attack
Note de 3/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Guitares superbes, songwriting en berne"
Nicolas, le 14/03/2013
( mots)

Si certains d’entre vous se demandent encore pourquoi il a fallu près de trente ans à Johnny Marr, légende parmi les légendes de la guitare british, pour accoucher de son premier album solo après la désintégration des Smiths, The Messenger va leur apporter une réponse aussi cinglante qu’évidente : Marr est un guitariste surdoué mais un songwriter médiocre. Allez hop, ça, c’est dit.

On ne va pas se retaper l’intégralité de la carrière du mancunien, mais l’évidence est là : depuis la fin de sa collaboration tumultueuse avec Morrissey en 1987, le musicien à la mine éternellement boudeuse n’a pas fait preuve d’une productivité débordante. On l’a vu à gauche à droite jouer le musicien studio de luxe, on l’a aperçu un temps chez Modest Mouse et chez The Cribs (une année et un album, pas plus), on l’a vu tenter de diriger son propre groupe de rock, The Healers (une année et un album, pas plus), mais rien qui n’attire indéfectiblement l’attention. Soyons néanmoins beaucoup moins critiques que ce que l’on peut trouver un peu partout dans les tribunes spécialisées, car toutes ces activités erratiques ne sont pas forcément à négliger. We Were Dead Before The Ship Even Sank est un bon disque, mariant de façon assez adroite le songwriting loufoque d’Isaac Brock et les fulgurances de six cordes de l’anglais expatrié, et faisant tout à fait honneur à la discographie éclectique et bariolée de la souris modeste. Ignore The Ignorants est probablement le meilleur album de la fratrie Jarman, même si ce n’est pas ce que vous lirez ailleurs, car justement le jeu dense du Smith a donné de la consistance au garage aboyeur des natifs de Wakefield. Dernièrement, alors qu’on louait Trent Reznor pour la BO de The Social Network, on oubliait que, dans le même temps, Marr accouchait de la ténébreuse bande son d’Inception avec le nabab Hanz Zimmer, et que celle-ci a bien failli rafler l’oscar. Quant à Boomslang, c’est encore une fois un disque de qualité, une britpop rugueuse mais futée qui manque peut-être d’un peu de percussion pour passer au stade supérieur... et c’est peut-être là que le bas blesse.

Il est un fait que personne ne conteste : le Godlike Genius du NME est un guitariste hors norme. Ignorer les quatre albums des Smiths en 2013, quand on prétend s’intéresser au rock, relève de la plus haute hérésie. L’aura dont jouit Marr est tellement gigantesque que l’on peine à en mesurer la portée, à moins de tomber dans les poncifs paresseux : sans lui, pas de Madchester, pas de Britpop, carrément. Il n'y a qu'à écouter un Noel Gallagher s'épancher sur le bonhomme pour comprendre l'influence considérable qu'il assoit sur le rock anglais. Loin des virtuoses adeptes de la masturbation ultra-véloce, Marr sait faire parler sa Rickenbacker comme nul autre, compensant une technique à peine au dessus de la moyenne par un sens du phrasé inouï, une excellente utilisation des textures et une compréhension quasi-innée des empilements de sons. The Messenger, ce n’est que cela : un petit traité du parfait guitariste illustré pour les nuls, la preuve, ou plutôt le récapitulatif, des talents de l’animal lorsqu’on lui met une Fender Jaguar entre les pattes. Cela va du domptage de dissonances métalliques ("I Want The Heartbeat") à la maîtrise de l’écho et des liaisons riffs-leads ("European Me", "Lockdown") en passant par les bouillonnements saccadés dont lui seul possède le secret ("Upstarts"), les vibrations grasses et groovys ("The Crack Up") ou à la classe légendaire de ses lignes onduantes ("The Messenger", "Say Demesne"). On pourrait encore gloser à l’infini sur ce sujet, alors autant couper court : d’un point de vue guitaristique, The Messenger est irréprochable, même si ceux qui connaissent les Smiths sur le bout des doigts n’y trouveront aucune matière réellement inédite.

Le problème est ailleurs. Sur la pochette de son album rien qu'à lui, Marr apparaît sans son instrument fétiche et tentant de rétablir un équilibre instable par des mouvements de bras : ironiquement, la métaphore apparaît on ne peut plus adéquate. Quant il s’agit de parler de chant et de chansons, Johnny Marr ne fait pas le poids. Oh bien sûr, sa voix est loin d’être laide, d’ailleurs  elle est même plutôt agréable, mais elle ne dégage ni émotion, ni caractère, ce qui apparaît particulièrement dommageable dès qu’un minimum de charisme est demandé par le titre (comme le tumultueux "Word Starts Attack", au traitement vocal passablement pataud). Le constat est pire quand on s’attaque au songwriting : The Messenger ne contient quasiment aucune chanson réellement digne de ce nom. Pour être parfaitement honnête, on ne retient que deux vraies réussites : le titre introductif, "The Right Thing Right" et "Lockdown", de vraies perles anglaises parfaitement troussées. Pour le reste, on trouve toujours quelque chose à redire : absence complète de refrain ("The Messenger", et pourtant Dieu sait que le titre aurait pu être mémorable) ou indigence complète de celui-ci ("I Want The Heartbeat", "European Me"), ratage des couplets ("Upstarts", passablement irritant), redondance des lignes mélodiques ("Say Demesne", "Sun & Moon", ce dernier étant quasiment monotonal), paroles mal fagotées ou déficientes ("Generate! Generate!", "The Crack Up"), et même lorsque tous les ingrédients sont présents, la mayonnaise ne prend pas toujours ("New Town Velocity", banal).

L’intéressé le reconnaissait d’ailleurs très bien du temps des Smiths : le groupe reposait à 50 % sur les épaules du fantasque Morrissey pour la partie voix et écriture, et à 50 % sur les épaules du guitariste pour la mise en musique. Johnny Marr n’est qu’un guitariste, brillant, certes, mais nécessitant une matrice solide pour faire parler son talent. Et si The Messenger, dans le fond, s’écoute sans déplaisir et déclenche même des bribes de satisfaction par moments, il laisse surtout une nette impression de brouillon inachevé. Espérons donc que Marr retourne bien vite à ses incessantes collaborations, car même si le statut de guest musician ne semble pas forcément très flatteur, c’est encore le rôle qui convient le mieux à ce maître de la six cordes. Quant à ceux qui espèrent encore une reformation des Smiths... ahem, bon, on va arrêter de parler des sujets qui fâchent.

 

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