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Critique d'album

Green Day


Father Of All...


(07/02/2020 - - Punk Rock - Genre : Ska / Punk)
Produit par

1- Father of All... / 2- Fire, Ready, Aim / 3- Oh Yeah! / 4- Meet Me on the Roof / 5- I Was a Teenage Teenager / 6- Stab You in the Heart / 7- Sugar Youth / 8- Junkies on a High / 9- Tkae the Money and Crawl / 10- Graffitia
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Green Day revient là où on ne les attendait pas, dans un mélange d'originalité et de fraîcheur"
Julien, le 19/02/2020
( mots)

Quand on aime la musique, quand on suit un groupe depuis un certain temps, c’est aussi un peu nous même que l’on regarde à travers lui. En bien ou en mal, il est toujours appréciable de constater que la musique n’est jamais figée, que l’étonnement est toujours plausible. La sortie d’un nouvel album est, pour son auteur, l’occasion d’évoquer son évolution, sa progression, voire sa révolution. Dans le cas des américains de Green Day, ces mots ont souvent été posés ces 15 dernières années pour ne les entendre que trop rarement en musique. Pourtant en 2020, Bille Joe, Mike et Tre font dans l’inattendu ; montrant finalement qu’un nouvel album ne veut pas forcément dire “changer” mais plutôt “continuer” en se détachant de ses habitudes, sans pour autant porter atteinte à ce qui a fait leur renommée. Le trio fait dans la prolongation de son identité, dans la recherche d’une juste concordance, pour adapter le passé du groupe et leurs idées à l’époque actuelle. Aussi imprévisible soit-il, ce vent de fraîcheur sur la musique de Green Day a plutôt été très bien amené. 


Tout a commencé par la rédemption. Elle s’est faite en 2016 avec Revolution Radio, qui voyait Armstrong et sa bande revenir à leur recette façon American Idiot, 21st Century Breakdown dans des thématiques politico sociétales alternant hymnes punk-rock, balades et titres à rallonge. Un disque qui, couplé avec l’intronisation du groupe au Rock’n’roll Hall of Fame, avait eu le mérite de remettre l’église au centre du village et d’amorcer une immense tournée : là où les californiens font étalage de leur superbe. La communauté de fans, la presse, l’entourage du groupe, tout le monde y retrouvait son compte. La reconquête était accomplie, Green Day retrouvait sa place dans le paysage rock. Billie Joe Armstrong semblait soulagé d’un poids, d’une forme de pression du résultat qui lui permet de reprendre du bon temps en musique. C’est dans cet état d’esprit, que son nouveau groupe The Longshot sort en 2018 l’excellent Love Is For Losers. Un disque prolongeant le style power-pop entendu sur la trilogie Uno,Dos,Tre à ceci près qu’avec un nouveau groupe et un concept faisant fi de toute prétention, et bien le registre marche tout de suite beaucoup mieux (voir la critique de l’album faite par votre serviteur). En parallèle BJA s’éclate avec The Coverups, groupe live qui écume les clubs de Californie à grand coup de reprises : The Rolling Stones, The Who, David Bowie… Tous les classiques y passent dans une ambiance très bon enfant (à regarder sur YouTube : la délicieuse reprise de “Drain You” de Nirvana). En bref, Armstrong prend son pied en musique, et ne jure que par hommage au rock, par ses influences, et il compte utiliser son groupe du lycée (et la notoriété de celui-ci) pour toucher un auditorat plus large.  


Mais le trio va aller plus loin qu’une compilation estampillée “L’Histoire du Rock pour les Nuls” passée à la machine Green Day. Father Of All Motherfuckers, est une vraie bouffée d’air frais dans la discographie des californiens. Armstrong et sa bande se détachent de la nostalgie du son du début des années 2000 pour proposer des titres totalement encrés dans le présent (musicalement parlant). Une mention spéciale est à attribuer au rafraîchissant “Meet Me On The Roof” : mené par un piano dodelinant, dans un mélange de douceur et d’une chaleureuse naïveté ; et au tubesque “Oh Yeah”. L’alliage dans lequel est fait ce dernier a tout l’attirail pour partir à l’assaut des stades et des festivals : l'étendard d’un refrain universel, porté par une chevauchée rythmique percutante, supporte une armure conçue dans un riff de guitare aussi solide que brillant. Touche finale pour ce single, qui sample “Do You Wanna Touch Me“ de Joan Jett, Green Day a décidé de reverser l’intégralité des royalties de “Oh Yeah” à l’International Justice Mission et à RAINN, deux associations qui viennent en aides aux victimes d'abus sexuels. Bravo messieurs !
Father Of All Motherfuckers détonne également par le travail de son chanteur dans le registre vocal. Billie Joe Armstrong part chercher des notes et des tonalités jamais entendues par le passé. Et là, comment ne pas parler du titre éponyme de l’album. Chant en falsetto, batterie qui tabasse, un riff à deux accords, du larsen, un solo de basse à 200 km/h et vous obtenez 2 minutes 30 d’un grand n’importe quoi, savoureux d’une énergie quasi schizophrénique. Une hauteur vocale généralisée sur l’ensemble des titres, l’exercice est probant. Il amène d’ailleurs à s’interroger sur le besoin qu’il y a d’aller barder d’effets la voix de ce pauvre Armstrong (“Meet Me on the Roof”, “Take the Money and Crawl”) ? A croire qu'aujourd’hui l’utilisation de l’autotune prévaut sur le talent pur, pour quiconque ambitionne de passer à la radio. Navrant.
L’album voyage dans les styles comme Doc et Marty traversent le temps avec leur DeLorean volante. On passe du Rock rétro façon sixities avec le survolté “Stab You In The Heart” ; au hip-hop façon Kendrick Lamar (oui, oui c’est bien la référence citée par le trio pour “Junkies on a High”) en passant par du garage (“Take the Money and Crawl”), plus proche des sons entendus lorsque les gars évoluaient sous les couleurs Foxboro Hot Tubs. L’ensemble est bouclé en 26 minutes chrono, soit le plus court des 13 albums du trio. Pas le temps de s’ennuyer. On est emporté par une frénésie audacieuse, et implacable par sa variété dans les genres. On en ressort plus dopé qu’un cycliste répondant lui aussi au nom d’Armstrong. Alors oui, il se dégage toujours de Green Day une forme de niaiserie (voir “Grafitia”) qui nous fait dire que le groupe devrait assumer, dans sa musique, les rides de la presque cinquantaine. Combat perdu d’avance. Il y a en revanche un point qui commence à devenir récurrent, et carrément irritant qu’est les textes. Là, on peut clairement en vouloir au leader de Green Day. Comment est-il possible d’être capable de pondre un texte aussi fun que “Basket Case”, autant imagé que “Jesus Of Suburbia”, aussi fort que “21 Guns”, et que le même auteur nous sorte des ”my mama said to me, you’re gonna have your enemies” ? Une paresse dans l’écriture déjà entendue sur Revolution Radio qui, à certains endroits, est pareille à une éjaculation précoce sur papier “I dont want to freak you out, but I cannot lie, so who’s holding the drugs”.


En amont des élections présidentielles à venir au pays de l’Oncle Sam, on attendait une nouvelle fois Green Day dans la contestation et l’appel à la révolte. Grande surprise, il n’en est rien. Le trio d’Oakland dresse un constat, prend de la hauteur et une forme de détachement qui n’empêche pas le disque de coller parfaitement avec son temps. Plutôt que de gueuler tous azimuts sur l’Amérique de Trump, Green Day préfère tout envoyer balader avec une licorne gerbant un arc-en-ciel sur les temps actuels.
En musique, oui les californiens ont pris des risques en sortant du sentier politico-opéra-rock où ils déambulent depuis une quinzaine d’années. Oui, Green Day propose un éventail d’ambiances variées autrement qu’au travers d’une trilogie d’albums. Oui, Billie Joe Armstrong a été capable de donner un coup de fouet sonore à son groupe (et à lui-même). Tous les accomplissements de ce Father Of All Motherfuckers peuvent se résumer par une phrase tirée du refrain de la balade acoustique “Good Riddance (Time of your Life)” :
It’s something unpredictable, but in the end it’s right”. 

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Culte
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