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Critique d'album

Gazpacho


Molok


(23/10/2015 - Kscope - Néo prog moderne - Genre : Rock)
Produit par Gazpacho

1- Park Bench / 2- The Master's Voice / 3- Bela Kiss / 4- Know Your Time / 5- Choir of Ancestors / 6- ABC / 7- Algorithm / 8- Alarm / 9- Molok Rising
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Une oeuvre sombre et enivrante, l'un des meilleurs disques des norvégiens et l'album progressif de l'année, tout ça à la fois."
Nicolas, le 20/11/2015
( mots)

On croyait 2015 plié en terme de rock progressif avec le sacre annoncé de Steven Wilson et de son superbe Hand. Cannot. Erase. On se trompait. Peut-être faut-il voir là comme une passation de pouvoir entre le maître établi et les étoiles montantes en devenir. Le fait est qu’avec Molok, Gazpacho vient de jeter un immense pavé dans la mare, et ne venez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenus.


Les qualités de ces norvégiens ne sauraient être prises en défaut depuis leurs débuts, on se souvient notamment (pour les plus curieux d’entre nous) des joyaux que sont Night et Tick Tock. Depuis l’arrivée de la soupe de tomate chez Kscope, la musique de Gazpacho n’a cessé de se densifier, de se complexifier, elle a perdu en spontanéité naïve ce qu’elle a gagné en maturité, en finesse et en force émotionnelle. Preuves en sont un March of Ghosts flattant l’héroïsme celtique le plus altier et un Demon explorant déjà le versant sombre d’un songwriting faisant le grand écart entre racines mystiques et criante modernité. Molok emboîte le pas de son prédécesseur et se propose de nous faire voyager à travers les âges dans une machine temporelle baptisée du nom de l’un des démons bibliques qui se nourrissait du sang de nouveaux-nés sacrifiés. À travers une quête kabbalistique de la déité au sein de la pierre des édifices religieux, le héros de ce concept album, géniteur de la machine en question, cherche à donner un sens à l’existence du monde physique, partant du principe que même si le miracle trouve une explication scientifique, il n’en demeure pas moins merveilleux. On vous laisse méditer là-dessus.


“Park Bench” pose d’emblée les marques d’un disque qui réussit l’exploit de se montrer à la fois touffu et lisible. Bourré de respirations tout en retenues et de notes libératrices, ce titre introductif expose d’emblée un thème en crescendo qui s’appuie sur une matrice de percussions grouillantes renforçant le caractère mystérieux et inquiétant de l’ensemble ainsi que sur des sons atypiques, parfois étranges, qui se succèdent pour magnifier la mélodie. Ici un piano fantomatique semblant échappé de la fenêtre d’une maison toute proche, là un clavecin cristallin, ou encore un violon, un choeur d’église, et partout des carillons, boîtes à musique, grelots, canevas sonore étincelant que vient magnifier la voix sublime de Jan-Henrik Ohme. Une voix capable de transcender son oeuvre, posée, assurée, lyrique, aussi à l’aise dans les graves que dans les aigus. Le spectre développé par le norvégien est devenu si riche qu’on ne peut que rester coi devant les audaces mélodiques qui lui sont autorisées. Preuve avec l’air en montagnes russes de l’indolent “Master’s Voice” qui vient complémenter des arpèges tintinnabulants du plus bel effet, tandis qu’en toile de fond les guitares viennent à nouveau soutenir l’assaut héroïque.


Oui, Ohme fait toujours penser à Matthew Bellamy. Mais un Bellamy plus fin, plus sensible, moins tarte à la crème. Preuve en est sur l’endiablé “Bela Kiss” où Gazpacho essaye également de se frotter à Queen, et là où Muse verse dans le plagiat grossier, les norvégiens collent au plus prêt de cet esprit opéra tzigane gonflé à la sarabande yiddish, réalisant un contrepoint aussi délectable que les meilleurs moments d’A Night at the Opera, mais aussi un interlude d’une étonnante légèreté au sein d’un ensemble très sombre. Car une fois la danse achevée, le fascinant “Know Your Time” réinvestit l’espace sonore et, après avoir déroulé son leitmotiv princier, fait cracher la réverb’ pour contenir les allants graves d’un chanteur qui fiche la frousse. Vous le voyez, Molok distille des ambiances éclectiques, mais le tout reste pourtant étonnamment cohérent. Les fantômes du passé se joignent au voyage (“Choir of Ancestors”, ses choeurs féminins exquis et sa formidable mélodie) tout autant que les formules mathématiques (“Algorithm”, instrumental tribal rappelant un Dead Can Dance gorgé d’opium). Les arpèges de piano magnétiques du sémillant “ABC” côtoient l’orgue-bourdon de l’onirique et désespéré “Alarm” bercé par sa boîte à musique d’une tristesse infinie. Enfin, miroir désemparé de “Park Bench”, “Molok Rising” clôt le périple sur une touche étonnante, aussi étirée qu’éthérée, une ode progressive complexe, d’une rare finesse, d’une extrême délicatesse, qui nous fait sans nous en rendre compte basculer de l’autre côté du miroir. Au final, les douze coups de minuit retentissent, un engrenage s'enclenche, un sonar gémit et… plus rien. Comme si le monde s’était arrêté de tourner. Et si c’était vrai ?


Une fin atypique qui renforce encore le caractère hors norme de cette oeuvre brillante, tortueuse mais qui sait pourtant, au fil des écoutes, s’attacher à notre être. La musique de Gazpacho est ainsi faite : elle surprend, déstabilise, interpelle, et il faut alors savoir faire preuve de patience pour s’approprier les trésors de ces norvégiens surdoués. Des trésors au sein desquels Molok peut prétendre à une place de choix, peut-être même à la meilleure. Quant à la place d’album progressif de 2015, même si la concurrence Wilsonnienne ne démérite nullement, l’affaire est d’ores et déjà entendue. Pour votre serviteur, tout du moins.

Note de 4/5
Le groupe de néo-prog Gazpacho fait encore mouche avec un opus qui a vite fait de nous entraîner dans un univers plein de rythmiques magnifiquement bien trouvées et de mélodies complexes et plus qu'agréables à l'oreille.
Commentaires
BAUDET, le 07/04/2016 à 23:17
Superbe critique où je me retrouve entièrement. Après les avoir vus en concert en Hollande, j'ai aussi pensé à Queen et Muse, mais avec tellement plus de finesse et de sensibilité que ces derniers. Par ailleurs concert très généreux, un réel apport pour un album peut-être un peu froid qui nécessite plusieurs écoutes.
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