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Critique d'album

Florence and the Machine


Ceremonials


(28/10/2011 - Island Records - Pop mystique - folk - soul - Genre : Autres)
Produit par

1- Only If for a Night / 2- Shake It Out / 3- What the Water Gave Me / 4- Never Let Me Go / 5- Breaking Down / 6- Lover to Lover / 7- No Light, No Light / 8- Seven Devils / 9- Heartlines / 10- Spectrum / 11- All This and Heaven Too / 12- Leave My Body
Note de 3/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Toujours plus mystique, Florence Welch tutoie encore les sommets."
Nicolas, le 21/11/2011
( mots)

Alors voilà, c'est entendu. La dernière lubie du moment, quand on veut passer pour un critique tendance, fiable et de bon goût, c'est de rentrer dans le lard de Florence and the Machine. C'est ainsi que l'on voit actuellement fleurir, à l'heure de la sortie de Ceremonials, de curieux papiers confits de haine méprisante, drapés de surcroît dans une mauvaise foi frôlant parfois le ridicule. On ne va pas citer tous ces charmants oiseaux, mais on attirera votre attention sur deux professionnels particulièrement odieux dans le traitement de leur article. Cliquez ici puis ici, lisez les torchons en question, puis revenez assister au debriefing.

Ces soi-disant chantres de la bien-pensance musicale moderne se révèlent d'autant plus pathétiques qu'ils omettent la règle d'or du chroniqueur de rock : celle de ne surtout pas prendre ses lecteurs pour des imbéciles. Peu importe, dans le fond, qu'ils en veuillent ou non à la peau de Florence Welch : chacun est libre de défendre sa vision de ce que doit être le Rock avec un grand R (ou de la musique avec un grand M, si vous préférez), et d'ailleurs nous même à albumrock n'hésitons pas à pourfendre généreusement ceux dont les productions discographiques nous indisposent. Mais ça ne nous donne pas le droit de faire ni de dire n'importe quoi. Dans le cas de l'illustre inconnu qui a déféqué sa diarrhée littéraire dans les Inrocks, on ne sait même plus s'il faut conspuer en priorité le laconisme insultant de la "critique", l'exercice de prose totalement désincarné ou l'inadaptation sociale d'un propos à peine digne des déversoirs à haine de Youtube. Le cas du second malfrat, Mr Philippe Brochen - qui, lui, a au moins eu le mérite de signer son méfait, semble dans un premier temps un peu plus digne d'intérêt, du moins le propos apparaît-il suffisamment argumenté. Cependant le masque tombe bien vite à la lueur de raccourcis basculant subrepticement dans le cliché idéologique oiseux : Florence and the Machine ferait en fait de la crypto-propagande chrétienne, eh ouais. Vache, c'est fou ce qu'on peut lire comme âneries, de nos jours. Alors certes, l’article a été publié dans Libé, soit un canard pas franchement catho à la base, mais quand même. Pire encore, on se rend très vite compte que Mr Brochen n'a même pas écouté l'album en entier : il s'est contenté des trois premiers titres, pas plus, et on ose à peine espérer qu'il les ait écouté plusieurs fois. Bon sang, croie-t-il vraiment que ses lecteurs soient aussi naïfs que cela ?

 

Cette longue introduction prend tout son intérêt quand on envisage la place prépondérante qu'est en train de prendre Florence and the Machine sur la scène pop internationale. Il y a deux ans de cela, personne n'aurait misé un seul centime sur la montée en grâce d'une cantatrice exaltée qui emprunte autant au folklore anglo-saxon qu'aux codes de la pop moderne en mâtinant le tout de soul et de rock n' roll. Or si encenser une artiste cryptique mais originale et à contre-courant de la pensée musicale dominante relève du bon goût le plus extrême, il n'en va pas du tout de même lorsque l'animal en question, plébiscité par un succès de masse dépassant les pronostics les plus déraisonnables, est en passe d'ériger ses codes en tant qu'exemple à suivre doctement. Du coup, à l'heure de la sortie du deuxième album de la rousse chanteuse, et par un étonnant coup de baguette magique, la folie conquérante se voit changée en capharnaüm vulgaire, l’exubérance du chant devient un étalage vocal grandiloquent, et l'orchestration déchaînée se mue en arrangements pompeux. Aucune raillerie n'est épargnée, aucune bassesse n'est omise, on va même jusqu'à comparer Florence Welch avec Amy Lee ou Céline Dion. Au delà de ces analogies risibles, là où l'incompréhension commence véritablement à affleurer, c'est que, foncièrement, Ceremonials ne trahit pas l'esprit de Lungs. La voix est la même, l'orchestre également, l'intention itou. Ce deuxième album prolonge parfaitement le prometteur essai inaugural de l'anglaise tout en réorientant le propos vers des tendances mystiques déjà bien affirmées au sein de morceaux comme "Drumming Song" ou "Cosmic Love". Lungs partait dans tous les sens, Ceremonials se veut construit, recadré et argumenté. Mais Florence and the Machine fait toujours du Florence and the Machine, et le fait toujours aussi bien.

C'est le classieux "Only If For A Night" qui se charge de donner le la au disque. Plus posé, plus tendu que les pièces de l'album précédent, le titre passionne immédiatement par l'excellence de son traitement vocal, faisant une fois encore de Florence Welch une vocaliste mais surtout une mélodiste hors pair. L'air cérémonieux qui s'échappe des volutes instrumentales nous réserve déjà des trésors de variations et de subtilité d'interprétation, et ça n'est que le début. Le propos s'élève bien vite avec "What The Water Gave Me", grande ode païenne déclamée par une chanteuse en transe qui tourbillonne sur des nappes de harpe et de guitares et qui monte lentement en puissance jusqu'à un final grandiose. Plus loin, le chant se fait recueilli sur fond d'orgues qui explosent en un grand refrain enflammé ("No Light, No Light") avant de retomber dans une mélopée surnaturelle qui convoque les anciens esprits du passé ("Seven Devils") ou dans la rencontre improbable entre le paganisme africain et les chœurs d'un opéra dévoyé ("Heartlines"). Mais c'est encore "Spectrum" qui impressionne le plus entre la violence des percussions fouettées, le mordant des cordes de harpes et les oscillements électro anachroniques. La recherche de l'amour défunt semble être un leitmotiv récurrent chez Florence Welch, prête à tous les sortilèges pour retrouver l'être désiré : incantations magiques ("Dis mon nom, que chaque couleur s'illumine !"), suppliques sacrificielles ("Allonge moi, que le seul son ne soit que l’inondation"), fantasmes de mort sublimés ("Je veux quitter mon corps, je veux perdre mon âme"), accouchant logiquement d'une douce litanie sur la crainte de l'abandon ("Never Let Me Go"). Ailleurs, le mysticisme laisse sa place à des élans pop gorgés de soleil soul ("Shake It Out", "Lover To Lover", tous deux très réussis) ou à un curieux morceau doux-amer qui laisse poindre une imperceptible mélancolie sous un ciel en apparence serein ("Breaking Down"). Le disque se paye même le luxe d'une double conclusion, "All This And Heaven Too" qui emprunte un peu les développements mélodiques de "You've Got The Love" en plus apaisé, et "Leave My Body", dialogue flamboyant entre Florence et une chorale possédée par la grâce.

Ceremonials s'avère moins flatteur et immédiat que ne l'était Lungs, mais il laisse très vite apparaître des atours plus emballant sur le long terme en bénéficiant notamment de l'absence de morceaux faibles (ce qui n'était pas le cas avant, on pensera notamment au triptyque "I'm Not Calling You A Liar" - "Kiss With A Fist" - "Girl With One Eye"). Certains regretteront le melting pot musical du premier album, sa folie douce et ses allants rock et blues plus prononcés, d'autres au contraire se réjouiront de l'exploration sans réserve des allants surnaturels et folks - rétrospectivement les meilleurs - de ce projet musical toujours aussi hors normes. Mais basiquement, si vous avez aimé Lungs, il n'y a aucune raison pour que ces cérémoniaux ne vous captivent pas. Et rassurez-vous : si Ceremonials s'est fait étriller par certains journalistes peu scrupuleux mais heureusement minoritaires, c'est avant tout le personnage et ce qu'il représente qui sont visés. La valeur intrinsèque, elle, demeure, et on est de plus en plus impatient de découvrir les futurs émoluments de la pop inclassable de Florence and the Machine.

 

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