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Critique d'album

Eels


Beautiful Freak


(09/09/1996 - Dreamworks Records - Indie Rock US - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Novocaine for the Soul / 2- Susan's House / 3- Rags to Rags / 4- Beautiful Freak / 5- Not Ready Yet / 6- My Beloved Monster / 7- Flower / 8- Guest List / 9- Mental / 10- Spunky / 11- Your Lucky Day in Hell / 12- Manchild
Note de 4/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
""
Aurélie, le 11/01/2004
( mots)

Toujours dans mon classement des albums indispensables (qui comprend entre autres Is this Desire? de PJ Harvey et Dummy de Portishead), voici à présent Beautiful Freak de Eels, sorti il y a de cela huit ans sous le label Dreamworks. Afin de faire connaître ce label qui venait de naître et qui allait se distinguer longtemps par son originalité, Geffen, Katzberg et les autres avaient besoin d'un groupe talentueux au charisme exceptionnel. Ils sélectionnèrent Eels, et Beautiful Freak devint en quelque sorte leur fer de lance.

Eels c'est en fait E (le leader/chanteur/guitariste) qui, après deux albums solos passés inaperçus, décida de monter un trio avec Tommy Walters et Butch Norton et s'associa au producteur Michael Simpson des Dust Brothers. Beautiful Freak, permier album du groupe nouvellement formé, avec son ambiance à la fois morbide et délicate, bénéficia d'un succès modéré, surtout dû au single "Novocaine for the Soul". Pour beaucoup, ce titre constitue d'ailleurs le meilleur de l'album. Il est vrai qu'il offre un contraste mémorable et saisissant entre une intro musicale enjouée façon années 50 (grésillements de vieux disque, musique dansante type jitterbug, mélodie tout droit sortie d'une boîte à musique) et un premier couplet qui l'est beaucoup moins : "Life is hard, and so am I / You'd better give me something / So I don't die". Le refrain, quant à lui, avec ses riffs de guitare qui reviennent en boucle, oriente définitivement la chanson vers le pessimisme d'un rock à la Michael Penn.

Si ce titre reste incontournable, le reste du disque n'en est pas moins remarquable. E entraîne l'auditeur dans un voyage à l'intérieur de son esprit pour lui faire découvrir toute sa complexité et sa noirceur ("This could be your lucky day in hell". Beautiful Freak peut en cela être décrit comme l'autobiographie d'un individu que la société américaine s'acharne à détruire. "I'm trying to salute individuality in the face of depression [...] Beautiful Freak is about being fucked-up and different", dira E. Le titre de l'album est donc revendicatif: Eels veut prouver que rien n'est plus beau que la différence. Or, le summum de la différence ne réside-t-il pas dans la monstruosité ?

Entre berceuses et jeux de mots, E se révèle dans ce disque un auteur-compositeur de premier ordre, bien servi par des instrumentations inventives à base de piano et de samples - on ne se lasse pas de l'intro de "Spunky"... L'album est une succession savamment orchestrée de morceaux tantôt lyriques et gracieux comme "Your Lucky Day In Hell" ou "Not Ready Yet", tantôt sombres et violents comme "My Beloved Monster" ou "Rags to Rags", parodie de la success-story à l'américaine et des "rags-to-riches stories" d'Horatio Algier, où l'auteur déclarait que n'importe quel Américain pouvait accéder à la richesse.

On a beaucoup parlé des tendances auto-destructrices du chanteur, de son enfance difficile, de ses paroles déprimantes : "A 15-year-old boy lies on the sidewalk with a bullet in his forehead" ("Susan's House"), "When I came into this world they slapped me / and everyday since then I'm slapped again" ("Flower"). On oublierait presque que le tout est mis en musique avec une grande intelligence, dans une veine pop-rock susceptible de toucher autant les auditeurs occasionnels que les amateurs d'introspection torturée. Un classique du genre, donc. Devant une telle réussite, difficile de comprendre pourquoi Eels, malgré une série de cinq brillants albums, reste aujourd'hui encore un groupe si peu connu...

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