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Critique d'album

Daniel Romano's Outfit


How Ill Thy World Is Ordered


(18/09/2020 - You've Changed Records - Indie rock - Country - Genre : Chanson / Folk)
Produit par

1- A Rat Without A Tale / 2- How Ill Thy World Is Ordered / 3- Green Eye-Shade / 4- First Yoke / 5- Joys Too Often Hollow / 6- Joys Too Often Hollow Pt. Two / 7- Drugged Vinegar / 8- Never Yet In Love / 9- A Secret Still To Be Betrayed / 10- No More Disheartened By The Dawn / 11- Amaretto And Coke
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Il est désormais plus que temps de découvrir l’œuvre du canadien Daniel Romano "
Franck, le 24/11/2020
( mots)

La pandémie de coronavirus nous aura tous impacté en cette déstabilisante année 2020. Nous avons dû nous adapter avec plus ou moins de difficulté à cette situation inédite, que ce soit dans notre cadre professionnel ou personnel. Le premier réflexe a été d’exploiter les différents outils digitaux à notre disposition. Certains d’entre nous auront peut-être pu expérimenter les "apéro-visio", sport à domicile et autres subterfuges pour garder le contact (et la forme). Mais qu’en est-il des musiciens ? Privés en grande partie de concerts et festivals, certains ont préféré repousser leurs sorties d’album. On pense notamment au report à 2021 du dernier Steven Wilson initialement prévu pour le mois de juin. D’autres ont pu profiter de la voie dégagée pour mettre en avant leurs réalisations. On notera les retours inattendus de Doves et de Pure Reason Revolution, ces derniers rejoignant illico presto les studios d’enregistrement quelques mois après la sortie du très réussi Eupnea. Les britanniques de Haken ont quant à eux profité de la troublante coïncidence liée au nom de leur dernier cru sobrement intitulé Virus. Les artistes se sont également montrés des plus créatifs en matière de digital ! Certains se sont essayés aux concerts à huit clos diffusés en direct sur le net, d’autres se sont livrés plus modestement à des questions/réponses avec leurs fans. Les réseaux sociaux n’avaient jusqu’alors jamais été aussi indispensables pour garder le lien avec le public.


Certains compositeurs déjà prolifiques en temps normal se sont quant à eux confinés en studio d’enregistrement. Nous vous avions parlé dernièrement de John Frusciante et son pari fou de sortir six albums en autant de mois en 2004. Et bien figurez-vous que How Ill Thy World Is Ordered est la neuvième réalisation parue en 2020 du canadien Daniel Romano. Et ceci sans compter l’EP Super Pollen sorti en avril, et un dixième album qui devrait paraître d’ici fin décembre. Notre acolyte dispose-t-il d’une carte de fidélité pour les studios !? Encore faut-il que la qualité soit au rendez-vous ! En toute transparence, je suis bien loin d’avoir évalué en détail la foisonnante production du bonhomme. Cela n’empêche évidemment pas de découvrir cet artiste talentueux, d’autant plus que ce dernier opus me semble être une parfaite porte d’entrée pour l’auditeur curieux. 


Daniel Romano est un musicien polyvalent et particulièrement touche à tout. En parallèle de sa carrière solo débutée en 2010, il participe à différents projets parfois aux antipodes : du punk hardcore de ses débuts avec le groupe Attack in Black jusqu’aux balades country folk de ses albums solo, en passant par des titres plus rock avec son groupe de musicien The Outfit (Daniel Romano's Outfit). Le natif de l’Ontario s’est également frotté au rock progressif en livrant l’album Forever Love's Fool (également en 2020) issu de sa collaboration avec le batteur de Tool, Danny Carey, et composé d’un seul morceau de 22 minutes. 


Pour cette nouvelle production Daniel Romano fait à nouveau appel à son groupe The Outfit composé de son frère Ian Romano (batterie), de Julianna Riolino (chant, chœurs), David Nardi (guitare) et de Roddy Rossetti (basse).  La troupe se voit complétée pour l’occasion par Mark Lalama (piano et orgue), Briana Salmena (chant), Victor Belcastro (saxophone) et Aaron Hutchinson (trompette). Romano voit donc les choses en grand et réunit tout ce beau monde en studio pour un enregistrement live. Pour plus de piment, le groupe va jusqu’à s’imposer trois prises maximum sans jamais avoir recours à des rajouts studio. En résulte un son particulièrement authentique et instantané.


Dès les premières minutes on ressent une réelle alchimie entre l’auteur-compositeur et ses musiciens. La production est tout simplement excellente ! Chaque instrument ressort parfaitement à l’écoute et l’apport de chacun est indéniable. Avec quasiment un album tous les mois la bande a en effet pu créer certains automatismes et Romano en profite pour y injecter un mix de tous les styles qu’il a pu explorer durant cette année. 


L’impeccable "A Rat Without a Tale" annonce la couleur avec ses sonorités rock aux influences 60’s. Pas d’introduction, de transition ou autre procédé d’ambiance dans cet album, la marchandise est livrée telle quelle, le groupe ne perd pas une seconde et maintiendra un rythme soutenu tout du long. On pensera à The Beatles bien sûr, mais également à Eagles, le premier titre disposant d’ailleurs d’un air rappelant "Hotel California". Tout y est particulièrement fluide et naturel, la voix à la fois frêle et pleine d’assurance de Romano se voit accompagnée par des chœurs féminins envoutants avant que le saxophone n’entre en jeu. L’orgue apporte quant à lui une touche de légèreté et une sensation d’apesanteur autour des compositions, celui-ci sera particulièrement présent à travers ce disque. La batterie discrète jusque-là, se lâche sur la dernière partie accompagnée d’un court solo de guitare. L’album débute donc avec un excellent morceau, pour le moins vivifiant et percutant. Et le plus impressionnant dans tout ça, c’est que les titres qui suivent sont du même niveau ! Les cuivres (saxophone et trompette) font la part belle des morceaux "First Yorke" et "Green Eye-Shade", les musiciens se font plaisir et cela se ressent à l’écoute. On se laisse entrainer par le refrain et les chœurs de ce dernier titre en se surprenant à imaginer la prestation du groupe sur scène. Aucun doute, les canadiens nous font le show à l’américaine et il serait dommage de s’en priver en ces temps de confinement. 


On retrouve par la suite des sonorités folk plus habituelles à notre cow-boy de l’Ontario. Daniel Romano connait à n’en pas douter ses classiques sur le bout des doigts, Johnny Cash en tête. Mais là où Romano se distingue c’est bien dans l’écriture. Ses textes, souvent mystérieux et plus sombres que le ton général de l’album, jouent habilement sur les tonalités et les rimes tout en conférant un réel pouvoir mélodique sur les différentes compositions. En témoigne le refrain du captivant "Joys Too Often Hollow" :


"O ! Joys too often hollow / Too far-gone for one to follow


The purest from of sorrow / Is disdain for all to-morrow


Of joys too often wrong / In the penning of this song


Old language laid for one to wait and wallow / In joys too often hollow."


La seule remontrance qui peut être faite au groupe est de jouer un peu trop sur le même registre. Mais comment leur reprocher l’utilisation d’une formule gagnante ? La qualité des morceaux ainsi que l’enthousiasme mis par chacun nous font passer outre ces quelques redondances. Malgré tout, plusieurs trouvailles sonores parsemées à travers l’album seront en mesure de vous surprendre, notamment avec les solos originaux de synthé de "Drugged Vineagar" et "No More Disheartened by the Dawn".


On passera par la fausse chanson d’amour "Never Yet in Love" et d’autres titres tout aussi attachants avant de conclure sur la magnifique balade "Amaretto and Coke" et son refrain empli de mélancolie.


Il y a des albums qui ne payent pas de mine sur le papier mais qui parviennent à capter instantanément notre attention et pour lesquels le coup de cœur est immédiat. How Ill Thy World Is Ordered fait partie de cette catégorie. Le prolifique Daniel Romano, signe ici une de ses œuvres les plus abouties qui ne manquera pas de séduire les néophytes. Exploitant de manière rafraichissante ses multiples influences country et rock 60 - 70’s, le cow-boy de l’Ontario et les musiciens de The Outfit nous proposent un superbe album de folk-rock qu’il serait dommage d’ignorer. Outre un succès amplement mérité, nous souhaitons désormais au canadien de sortir des studios et de pouvoir reprendre au plus vite sa tournée prévue sur le vieux continent. 


PS : Certains albums de Daniel Romano ne sont accessibles qu’à partir de la page Bandcamp du groupe.


 

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