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Critique d'album

Arctic Monkeys


Humbug


(19/08/2009 - Domino - British indie - Genre : Rock)
Produit par Josh Homme, James Ford

1- My Propeller / 2- Crying Lightning / 3- Dangerous Animals / 4- Secret Door / 5- Potion Approaching / 6- Fire and the Thud / 7- Cornerstone / 8- Dance Little Liar / 9- Pretty Visitors / 10- The Jeweller's Hands
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Entre désert Mojave et banlieue anglaise, l'ère de la maturité pour les Monkeys."
Maxime, le 26/10/2009
( mots)

Avoir passé cette rentrée en apesanteur en compagnie des Beatles fraîchement remasterisés et avoir du mal à en décrocher deux mois plus tard n’a pas été sans engendrer quelques dommages collatéraux. Des vertus certaines aussi. Coupé du reste du monde dans ce splendide isolement, on observait avec un relatif dédain le grand cas donné aux dernières sorties de ce rendez-vous médiatique où chacun pousse ses poulains, un brouhaha qu’on relativise vite quand nos oreilles tutoient l’excellence. Mais cette plongée dans les origines de la pop a ramené quelques questions à la surface. Comme celle-ci : les Beatles ayant entériné à partir de Rubber Soul l’album comme unité de mesure du genre, qu’en est-il de ce format à l’heure du mp3 qui valorise le fragment, la chanson comme morceau épars flottant d’un disque dur à l’autre ? Bloquée dans le présent perpétuel de la consommation immédiate, la pop peut-elle encore s’inscrire dans la durée ? C’est là qu’interviennent les Arctic Monkeys.

Car on se doute bien que les singes de Sheffield ont investi les studios pour la troisième fois de leur carrière avec un état d’esprit identique à celui des scarabées de Liverpool lorsqu’ils s’apprêtèrent à mettre à bas Revolver ou Sgt Pepper’s : repousser ses limites, transcender ses défauts, passer à une dimension supérieure. Cette mue a été progressive, car le groupe a d’abord été mis en jachère l’année dernière, le temps pour Alex Turner de convoler avec les Last Shadow Puppets pour se ressourcer, en compagnie de Miles Kaine, aux origines de la pop sixties, cordes grandiloquentes et production foisonnante à l’appui. Puis le groupe a reconstitué ses forces le long d’un séjour dans le désert Mojave sous la houlette de Josh Homme pour enfin, après s’être bruni le cuir sous le soleil californien, délayer le jus (de cactus) de leurs nouveaux titres à Brooklyn aux côtés de James Ford (déjà aux manettes de Favorite Worst Nightmare).

Cette gestation écartelée dans l’espace et le temps s’en ressent fortement une fois le disque posé sur platine. En apparence, les Monkeys affichent la même insouciance. L’album se nomme foutaises en VO, la pochette montre le quatuor en pose branleurs attitude, avec un jeu de miroir qui rappelle étrangement le dernier Kasabian, les lads de Leicester en étant également à l’heure du troisième opus. A l’intérieur d’Humbug, la schizophrénie règne en maître. Oscillant sans cesse entre renouveau profond et retour aux singles juteux de la jeunesse ("Fluorescent Adolescent"), son prédécesseur n’avait pas osé aller au bout de ses idées. Cette fois-ci le quartet lâche la bride et se lance à croupe abattue vers les sentiers les plus contradictoires. Ainsi ce "Pretty Visitors" crépitant sur les braises du punk-garage en roue libre avant d’explorer les marais poisseux à coup d’hallebardes sabbathiennes. Ainsi ce "Secret Door" s’ouvrant sur les claviers pailletés de MGMT avant de prendre la direction de la stratosphère avec Bowie à son bord. Ainsi ce "Potion Approaching" fracassant ses élans poppy à la "I Bet You Look Good On The Dancefloor" sur d’orageux roulis heavy.

Définitivement, l’écoute au casque s’impose pour débroussailler cet album tendu, aussi riche que concis (10 titres, 40 minutes). C’est que chaque chanson semble en emboîter plusieurs. Avec ses nombreuses ruptures de ton, ses guitares noueuses, ses basses qui écrasent le plexus, ses chansons à tiroir, Humbug fait très sérieusement penser aux Queens Of The Stone Age dernière mouture. On y décèle la même appétence pour les climats lourds, les titres tarabiscotés, l’attrait pour les territoires sombres (la voix désabusée de Turner sur le surf moriconnien de "My Propeller" atteste d’une innocence révolue). Seulement, ce qu’on avait diagnostiqué chez le groupe de Josh Homme se vérifie également ici : à force d’avoir les yeux rivés sur la production et la structure des morceaux, les Monkeys ont passé les mélodies par pertes et profits. Elles ondoient de manière éparse, s’enroulent en colimaçon autour d’une colonne de riffs enroués ("Dangerous Animals") et semblent, ici à peine esquissées ("Crying Lightning"), là n’émerger qu’au second plan ("Cornerstone", seule plage à peu près apaisée de l’album). D’où le sentiment de se trouver face à un disque avec beaucoup de chair, mais finalement peu d’âme. Et c’est là que les Beatles reviennent dans le débat, car il y avait une époque où expérimentation et efficacité pop n’étaient pas contradictoires. Le gang de Turner étant britannique, on ne devrait même pas avoir à leur rappeler cet adage qu’ils devraient avoir dans le sang !

Humbug se trouve donc condamné à un usage intermittent, une fois le cerveau familiarisé avec la moindre de ses contorsions. On ne risquera pas de le ressortir aussi souvent que veulent bien le dire les critiques dithyrambiques qui l’ont accueilli, mais on se surprend, à chaque écoute occasionnelle, à se prendre au jeu et à ne plus décrocher. On pense n’en prendre qu’une bouchée, mais on dévore goûluement la plaquette entière. Délaissant l’immédiateté, les Arctic Monkeys brillent dans l’intensité. Pas mal pour un groupe qui semble sans cesse incapable d’accoucher de sa Grande Œuvre.

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