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Critique d'album

Arctic Monkeys


AM


(06/09/2013 - Domino - British indie - Genre : Rock)
Produit par James Ford, Ross Orton

1- Do I Wanna Know? / 2- R U Mine? / 3- One for the Road / 4- Arabella / 5- I Want It All / 6- No. 1 Party Anthem / 7- Mad Sounds / 8- Fireside / 9- Why'd You Only Call Me When You're High? / 10- Snap Out of It / 11- Knee Socks / 12- I Wanna Be Yours
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Les singes sur la voie de l'évolution..."
Louis N, le 30/09/2013
( mots)

Qu'il est loin le temps des leçons condescendantes, des moqueries gentilles que nous, les vrais, les velus, les fondus, pouvions balancer à la tête des admiratrices éperdues de ce groupe de minets sous amphèt' ! "Ouais, c'est bien gentil ce machin d'excité, mais quand ils auront fini de convulser on pourra peut-être passer à 4 accords différents." Les singes n'ont pas dix ans, et déjà 5 albums au compteur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'âge ne fait pas de mal aux ouistitis glacés. On ne vous fera pas le coup de "l'album de la maturité", mais ce AM enregistré chez les ricains poursuit sans bégayer l'effort de raffinement lancé par Alex Turner depuis l'excellent Humbug. Le groupe s'épanouit pour notre plus grand plaisir dans d'autres registres que l'épilépsie des débuts.


Ramassée, râblée, élaguée, la composition d'AM vise, à l'image de son titre minimaliste, l'efficacité concise d'une œuvre sombre et définitive. Le beat ultra binaire du tubesque "Do I Wanna Know?", davantage marqué R'n'B qu'Indie Rock ou Brit Pop - Turner a d'ailleurs cité Dr.Dre comme l'une des sources d'inspiration d'AM - illustre assez la démarche du groupe. Les Monkeys apprivoisent la puissance du mid-tempo avec ce "Nightcall" rock vrombissant, lascif, lancinant à souhait. Le single résume à lui seul la trajectoire et les intentions du groupe. Les adolescents frénétiques qui s'allumaient à la vodka sont devenus des trentenaires noctambules, des siroteurs de scotch un brin désabusés. Nos primates noircis ont gagné en sex-appeal ce qu'ils ont perdu en fougue. Alex Turner et ses ouailles sont devenus de vrais dandys : sophistiqués, éclectiques, parfois ennuyeux, souvent arrogants mais toujours malins.


Les Monkeys "période Humbug", puisque la césure est assez nette pour parler ainsi, savent encore envoyer le bois, mais sans vous filer la migraine. Les aboiements aigrelets des guitares de "Balaclava" ou d'"I Bet You Look Good On The Dancefloor" sont laissés sur la touche. La métamorphose opérée grâce à l'influence grandissante de Josh Homme débouche sur un son gras, lourd, mais très maîtrisé. On retrouve avec plaisir le mugissement torturé des guitares de QOTSA dans "R U Mine?". Le drumming survolté de Matt Helders et la hargne d'un riff inhabituel chez les Monkeys font oublier la proximité harmonique qui unit ce brûlot à "Do I Wanna Know?". "One For The Road" est l'occasion d’accueillir en guest le sus-nommé Josh Homme. Les "ouh-ouh" à la "Sympathy For The Devil" peuvent taper sur le système, certes, mais le duo Turner-Homme apporte une certaine gueule à ce digo pop à mi-chemin entre gouaille et subtilité. Le son du géant rouquin confère un cachet indéniable au solo d'un titre obssédant sans en avoir l'air.

Sans conteste un futur classique du groupe, "Arabella" (nommé d'après un opéra de Strauss, mais on ne sait pas pourquoi) est admirable d'équilibre et de souplesse. Ente couplets pops à l'ambiance "bowiesque" (voir "Fame" ou "Dirty Boys"), menés par la voix timbrée de Turner, et refrains tranchants comme des lames de rasoirs, les macaques gominés font preuve d'une retenue qui les honore : rien ne dépasse en dépit de la richesse des fioritures guitaristiques et du jeu de question/réponse des chœurs. On est presque frustré que le quatuor ne rembraie pas sur un p'tit tour de "Mexican Coke" tant le pont d'avant solo (ce dernier étant d'ailleurs la seule ombre au tableau) est efficace. L'hybridation de la ritournelle pop et du punch hard rock amène deux observations : les Monkeys ratissent de plus en plus large et, plus important, ils ont les moyens, tant en terme de composition que de technique, de se lancer dans ce genre d'exercice. Toute proportion gardée, ce "Arabella" partage beaucoup avec le "Helter Skelter" de McCartney.


Franchement agaçant, le caprice mondain "I Want It All" traîne une atmosphère de fête glamour décadente. Pas vraiment entrainant, pas vraiment triste, le morceau est plus malsain qu'autre chose. Il évoque un entre-soi de privilégiés, ces soirées d'enfants gâtés (Léa Seydoux, si tu me lis...) qui s’enivrent sans enthousiasme au Dom Pérignon et n'ont que l'air de s'amuser. On oublie. "No.1 Party Anthem" renoue avec les ballades indolentes de Suck It And See, pas franchement pour le meilleur. Loin d'être désagréable en soi, le morceau souligne cependant la Turnero-dépendance des Arctics, faiblesse récurrente d'un groupe qui n'offre pas beaucoup plus sur cette piste qu'une cour de récréation pour le grain sensuel de la voix du leader. Sans trop s'éloigner du sujet, on peut supposer que c'est justement cette carence qui empêche la bande de Sheffield d'accoucher d'un chef-d’œuvre. Là où Led Zep, les Beatles et la plupart des monstres sacrés pouvaient au moins compter sur un binôme génial pour créer (je dis binôme pour ne pas vexer les fans des Stones, parce que dans les autres groupes ils étaient tous géniaux hein...), le processus créatif des Monkeys semble à peu de choses près tracté par le seul Turner, unique compositeur heureusement épaulé par Homme.

Dans la même veine, mais plus inspirés, les "Mad Sounds" vintages jouent la carte du vieil orgue et des guitares californiennes sixties. Le charme suranné de cet ensemble délicat peut arracher une petite bouffée de nostalgie aux plus sensibles, mais demeure un peu poussif, déjà entendu et finalement anodin. Tonique sans être bourrin, "Fireside" relance le dernier tiers d'AM sur d'excellentes bases. Drôle de mélange de sonorités acoustiques (guitare sèche et rimshots ) et d'effets synthétiques qui rappellent les productions les plus psychédéliques du début des années 80, "Fireside" est l'une de ces chansons qu'on entend en fin de soirée, quand plus personne ne fait attention, et qui vous reste dans la tête sur le chemin du retour : on rencontre au détour d'un pont cette mélancolie ordinaire, cette ambiance de dimanche soir que l'on finit par connaître par cœur sans s'y habituer. Mention spéciale pour la partie basse fournie et mordante. Au moins concernant sa production, il s'agit de la piste la plus aboutie du disque.

Le troisième single, "Why 'd You Only Call Me When You're High?" (merci pour le titre les mecs...), fait office de piqûre de rappel mainstream pour ceux qui pensaient encore que les Arctic Monkeys étaient réductibles à un genre. Aux antipodes d' "R U Mine?", le morceau a la malice et la classe d'un mac' parisien. Plein d'astuce, mais outrageusement putassier, "Why'd You Only Call Me [...]" a l'arrière-goût amer du "Lonely Boy" des Black Keys : il braconne sur les terres de la branchitude à la con. Les macaques ont-ils pour autant vendu leurs âmes au diable ? Pas Sûr. D'abord parce que, selon certaines mauvaises langues (moi), ils ont toujours été plus ou moins branchouillé ("Brianstorm", "Fluorescent Adolescent"), ensuite parce qu'un Arctic Monkeys sonne toujours comme tel. Si l'identité musicale du groupe est de plus en plus panachée, sa signature sonore demeure en revanche inchangée. "Snap Out Of It", peut-être digne d'une pub SFR, est presque transparent. Circulez, y'a rien à voir.

"Knee Socks" redresse heureusement le cap d'une fin d'album engagée dans un piqué préoccupant. Plus festif et direct que "Fireside", l'avant-dernier morceau d'AM tape cependant dans le même fonds de commerce que son prédecesseur. La légerté évanescente du refrain, portée par la recette magique chœurs/basse groovy, se heurte à la voix blasée d'Alex Turner. La démonstration commence à partir du pont et de l'entrée fantomatique de Josh Homme (ça alors...). A l'instar du morceau d'ouverture, le melting pot d'influences yankees fonctionne parfaitement sur ce titre. La voix soul du sieur Josh transperce avec grâce les 4 vers presque scandés du chorus R'n'B. Rien que pour ce pont, "Knee Socks" vaut le détour. On passe au scandale de l'album, "I Wanna Be Yours". Ce furoncle californien, cette monstuosité west coast semble avoir été composé par Snoop Dogg, pardon, Snoop Lion (il a pris du galon), tant la paresse le dispute au mauvais goût. On imagine bien un clip bling bling pour illustrer le titre, bourré de biatchs se trémoussant sous une pluie de biftons dans l'ambiance feutrée d'un Carlton lillois. Pire qu'un mauvais morceau, "I Wanna Be Yours" est un reniement, une trahison, une perfidie que les félons de Sheffield traîneront comme une mélédiction ad vitam aeternam.

Malgré quelques accidents de parcours, dont le dernier a la tronche d'un carambolage sur l'A6 au mois d'août, AM est un album agréable à écouter et plutôt ambitieux. Aux commandes de la grosse machine que sont devenus les Arctic Monkeys, Alex Turner a le mérite de ne pas faire de surplace. La note attribuée peut sembler haute au regard de cette critique, mais elle récompense le dynamisme du travail d'un groupe qui, à défaut de plaire, continue à surprendre son monde. Comme d'habitude, on se contentera de picorer les quelques perles de l'album en oubliant le reste. On aurait cependant aimé que les primates épouillent avec plus de discernement , à la manière de U2, le catalogue des influences américaines. La bombe qui catapultera le quatuor au Panthéon du rock n'est pas encore là, mais ce AM sait nous faire patienter.

 

NDLR : n'étant pas un nanti, contrairement à ceux qui établissent la base de donnée (automatique) du site, je ne dispose pas de la version "deluxe" incluant deux morceaux supplémentaires qui apparaissent dans le track listing, mais de la version "troufion de base". Par Conséquent, débrouillez-vous.

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