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Critique d'album

Alain Johannes


Hum


(31/07/2020 - Ipecac Recordings - Rock fumeux - Genre : Rock)
Produit par Alain Johannes

1- Mermaids' Scream / 2- Hum / 3- Hallowed Bones / 4- Someone / 5- If Morning Comes / 6- Free / 7- Sealed / 8- Here in the Silence / 9- Nine / 10- Finis
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le retour du Barde Chilien et son world-folk lumineux "
Maxime L, le 13/08/2020
( mots)

Dans la galaxie du Stoner « moderne », on connait évidemment la tête de gondole Josh Homme, on a parlé ici longuement du vieux Grizzly Mark Lanegan, mais il est un homme, qui est dans tous les bons coups, et dont on ne parle jamais (ou jamais assez) : Alain Johannes.


Derrière ce nom de Man next door se cache en réalité une référence de la musique rock américaine, artiste brillant, qui nous présente ici son troisième album solo, Hum.


Pour les profanes qui penseraient que le terme de « référence » est usurpé pour un artiste ayant seulement 3 disques solo à son actif, je leur conseille de se pencher sur son CV, qui ressemble davantage à un palmarès complet qu’à une simple carte de visite : Chris Cornell, Queens of the Stone Age, Masters of Reality, No Doubt, Arctic Monkeys, Pj Harvey, Mark Lanegan, K’s Choice, Jimmy Eat World, Nosfell, Eagles of Death Metal ; liste non-exhaustive, tous ces prestigieux noms ont travaillé avec Alain Johannes, qu’il soit dans le rôle de musicien, producteur, ou en charge du mixage.


Alain Johannes est une figure, une pointure du circuit, une tête pensante un peu cachée, au service des autres, du haut de ses 58 printemps, et qui fonda son premier groupe au début des années 80, « Anthym », renommé plus tard « What is this » avec au casting, rien de moins que Jack Irons, Hillel Slovak et très furtivement Flea.


La suite de sa carrière de musicien dans les années 90 s’établit très anonymement au sein du groupe Eleven (toujours avec Jack Irons), en compagnie de celle qui deviendra sa muse et son épouse, Natasha Schneider, et que l’on retrouvera plus tard comme claviériste live des QOTSA (période Lullabies to Paralyze).


S’en suit une longue et fructueuse collaboration avec la bande de Josh Homme. C’est lui qui co-écrit « Hangin Tree » pendant une Desert Session et qui finira sur Songs for the Deaf. Il jouera ensuite de la guitare et de la basse sur Lullabies to Paralyze  et sera l’homme de l’ombre du Super Groupe le plus excitant de la dernière décennie, Them Crooked Vultures, où il assure certaines parties de guitare, de basse, de choeurs , et de claviers sur la tournée des 3 géants.


Les présentations étant faites, penchons nous désormais sur son travail en solo, au travers de ce Hum et sa pochette bien sombre.


Veuf depuis 2008 et le décès de Natasha Schneider d’une saleté de cancer, Johannes est un homme abimé, et dont le chagrin est une source d’inspiration malheureusement sans bornes. Les chanceux·euses qui connaissent son premier album, le fantastique Spark sauront de quoi il est question. Ceci étant, difficile de résumer ses disques à une longue litanie de pleurs tirant sur de grosses ficelles pour émouvoir l'auditeur. Car l’artiste d’origine Chilienne est avant tout un sacré bon musicien, utilisant sa maitrise de plusieurs instruments pour nous proposer un album de Folk inspiré, sombre aux délicates effluves « world-music ».


« Mermaids’ Scream » est dans ce sens une parfaite entrée en matière. Et si ces 2 minutes de Spleen Andin ne vous transmettent pas la moindre émotion, passez votre chemin. Pour les autres, laissez vous bercer par les doux arpèges du morceau titre, qui semble convoquer le fantôme de Nick Drake. Quelques choeurs perchés très hauts et très loin, des cordes qui sautillent, une voix chaude et fragile, une fois de plus, la recette fonctionne parfaitement, et le tout, de nouveau, en moins de deux minutes.


Le reste du disque est dans la même veine, avec des arrangements à la fois sobres, mais d’une beauté et d’une profondeur à couper le souffle. Les passerelles avec le folk sépulcral de Mark Lanegan sont évidentes, et sans avoir la voix rocailleuse de l’ex-Screaming Trees, on ressent la même profondeur d’âme, le même parcours, tortueux, sinueux. L’utilisation de plusieurs instruments à cordes très différents (guitares, banjo, mandoline), ainsi que ses origines chiliennes, perceptibles dans sa musique confèrent à Johannes un aspect « Barde » , mais un Barde qui serait mélancolique, à la fois taiseux, et qui laisserait parler ses cordes autour d’un feu de camp, quelque part dans le désert d’Atacama.


Ecoutez « Someone » l’une des perles de l’album, et qui est un parfait condensé de tout ce que comporte le folk moderne, en empruntant autant à la gravité d’Elliot Smith qu’à la noirceur de Mark Lanegan. "If Morning comes" apparait de son côté, plus clair, plus électrique et dont l’atmosphère rappelle certains passages de Lullabies to Paralyze  C’est d’ailleurs l’un des rares moments électriques de l’album, mais qui n’altère en rien l’homogénéité du disque.


« Hum » est un très, très beau disque, soigné, mélancolique, et qui porte les traces d’un musicien qui prend son temps (6 ans entre Fragments and wholes et ce Hum , et qui permet de faire connaissance avec un artiste à promouvoir urgemment car trop souvent dans l’ombre de ses prestigieuses collaborations.

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