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Exsonvaldes


Nicolas, le 27/05/2009

Interview, deuxième partie


Ça fait maintenant presque deux mois que l'album est sorti, et les critiques de la presse spécialisée sont très favorables. C'est quelque chose qui a de l'importance pour vous, la reconnaissance de la "profession" ?
Simon : Euh... ça a de l'importance, ouais. Tu vois, les critiques favorables, ça nous fait plaisir, on sait que ça aide notre label, et surtout... ce n'est pas forcément important qu'elles soient bonnes, mais c'est vraiment très important qu'elles ne soient pas mauvaises. Par exemple, sur le premier album, il y a eu quelques mauvaises chroniques, et on sait très bien qu'une mauvaise chronique fait dix fois plus de mal que dix bonnes chroniques ne font du bien. Donc, moi, je suis content : les chroniques, genre des Inrocks ou de Magic, elles sont bien, c'est cool qu'elles soient bien, mais surtout je suis rassuré qu'on ne se soit pas fait défoncer la tête...
Martin : Oui, mais après leur avis, franchement, tu vois, si eux ils n'aiment pas, tant pis pour eux. Ce n'est pas grave...
Simon : ... Oui, bien sûr, tant pis.
Martin : Mais par contre, ce qui est vrai, c'est qu'on les attend toujours. On les lit, on est hyper curieux de les lire. Parce que c'est quand même un truc assez personnel, et quand quelqu'un te dit : "J'ai adoré", ça fait hyper plaisir...

Là survient une fan nantaise du groupe qui nous aborde tout sourire. Elle nous demande si nous sommes d'accord pour qu'elle reste écouter l'interview. Pas de problème pour Simon et les autres. Elle s'assoit à coté de nous, et l'entretient se poursuit.

On parlait tout à l'heure de ce que vous écoutiez, de vos influences... quel a été le déclic qui vous a fait vous dire que vous seriez un jour musiciens à plein temps ?
Antoine : Ce n'est pas vraiment un déclic, c'est plus une évolution naturelle, qui fait qu'on a eu la possibilité de faire ce choix. C'était le bon moment pour le faire...
Simon : On a été obligés de faire le choix à un moment où on nous donnait quand même des signaux favorables. Ca s'est passé dans la période où on a terminé nos études : notre premier album est sorti, on est parti en tournée, on a fait plein de super dates, de belles premières parties, et tout. Donc, il y a une espèce d'euphorie qui te permet de te lancer dans des entreprises que tu n'aurais pas abordées de la même façon à tête reposée. A ce moment-là, on s'est tous mis à travailler, et en même temps on est parti en tournée. Là, on s'est vite rendu compte que mener les deux de front, ce n'était pas possible : il fallait soit être musicien, soit avoir un autre métier, mais pas les deux ensemble.



Vous citez assez souvent dans vos influences des groupes indés américains, comme Chokebore ou Death Cab For Cutie... ce sont des groupes que vous suivez toujours ?
Simon : On s'est mis à écouter d'autres choses, bien sûr, mais Chokebore...
Martin : Enfin, eux, il n'y a plus besoin de les suivre ! (Rire général)

Oui, c'est sûr... (NDLR : Chokebore a splitté en 2005)
Simon : Non, t'inquiète. Death Cab, j'adore. Je suis allé à tous leurs concerts à Paris. Toi aussi Antoine ?
Antoine : Presque tous. les deux derniers concerts, en tout cas, oui.
Simon : On attend toujours avec impatience leurs albums, d'autant qu'ils en sortent souvent. Death Cab, c'est un incontournable. En fait, il y a peu de groupes qu'on écoutait avant et qu'on n'écoute plus du tout...
Martin : ... Même les Foo Fighters, malgré un virage qu'on n'approuve pas forcément, on les suit encore.
Simon : Oui, avec un peu de curiosité, et beaucoup d'affection...

Ça, ce sont les américains. Mais pourtant, sur certains titres comme "Everything I See" et surtout "Sunlight", on sent que vous esquissez une direction vers des groupes anglais comme Air Traffic, Kasabian ou même Muse. C'est quelque chose dont vous avez conscience, ou alors c'est une influence qui n'existe pas du tout ?
Simon : (embarrassé) Non, vraiment. Moi, j'aime beaucoup Radiohead. Comme nous tous, ici...
Les trois autres à l'unisson : Ouais.
Simon : ... Mais Muse, ce n'est pas du tout une influence. Moi, je déteste Muse. Air Traffic, je ne connais pas... En fait, à part Death Cab, maintenant, il n'y a plus de groupes pour lesquels on se dit : "Voilà, c'est exactement dans cette direction qu'on veut aller". Il y a des trucs intéressants partout. On se crée un peu le parcours qu'on voudrait avoir. Par exemple, pour notre troisième album, on commence à savoir un peu où on veut aller. On picore à droite à gauche, mais il n'y a plus vraiment de groupes qui nous influencent... enfin, je ne sais pas ce que vous en pensez ?
Antoine : Je pense qu'on se trouve aussi dans une façon un peu moins adolescente d'aimer la musique. On n'idolâtre plus de groupes, on est beaucoup moins mono-maniaques qu'avant. On est plutôt dans le trip d'écouter tout ce qui sort.



On vous sent proches des groupes indés belges, comme Girls In Hawaii ou Flexa Lyndo, plus proches en tout cas que des groupes français. Vous vous reconnaissez dans le paysage rock français actuel ?
Antoine : En fait, qu'est-ce que tu appelles rock français, ou scène française ?

Par exemple des groupes comme Stuck In The Sound, Hushpuppies...
Martin : (pensif) Les Stuck, à la limite... en fait il y a deux choses avec eux. D'abord, quand je les écoute, je pense qu'on a aimé à peu près les mêmes choses qu'eux quand on était jeune, point de vue musique, mais qu'on ne les retranscrit pas du tout de la même façon. Et ensuite, il faut reconnaître qu'ils ont été un peu précurseurs, qu'ils ont montré qu'un groupe français pouvait avoir du succès en chantant en anglais. Donc ça c'est bien. Mais sinon, je ne me retrouve pas trop dans ce qu'ils font.
Simon : En fait, il y a quelques groupes français que je trouve intéressant. Il y a Stuck, ouais, à la rigueur. Sinon il y a aussi The Do, ou Rhesus...
Antoine : ... enfin Rhesus, ça fait un bout de temps...
Simon : ... oui, c'est sûr. A l'inverse, il y en a d'autres qui ne m'intéressent vraiment pas et dont tout le monde parle, genre Cocoon. Mais en fait... on ne s'est jamais senti vraiment français, comme appartenant à une scène française. Pour nous, le rock français, ça a toujours voulu sous-entendre des trucs à la Dolly... tu vois ? Des groupes qui ont fait comme Noir Désir...
Martin : Noir Des', on écoute, bien sûr, et on aime bien. Mais ça nous parle moins que les groupes anglo-saxons. A l'inverse, il y a eu toute une scène qui a cherché à faire comme Noir Des'. A faire, genre, du sous-Noir Des'...
Antoine : Ouais, exact. Et ça, ça ne nous intéressait pas. Maintenant, les Naast et Second Sex, ça nous intéresse encore moins !
Simon : Non, nous on s'est toujours senti proche des groupes comme Rhesus, Calc, Hopper. Des groupes comme ça. Mais pour moi ce ne sont pas des groupes qui sont particulièrement "français". C'est comme pour les groupes belges. A chaque coup les journalistes n'arrêtent pas de vanter "la scène belge", ou "l'inventivité belge", ou je ne sais pas quoi. Mais pour moi, entre dEUS, Ghinzu, Girls In Hawaii, il n'y a aucun rapport. Enfin, ce sont juste des groupes de rock. Peut-être à la limite, pour nous en France, s'il y a un exemple à suivre, c'est Phoenix. C'est un groupe pour qui le fait d'être français n'a pas d'importance...
Antoine : ... Ouais, mais ils en reviennent, en ce moment...
Simon : ... C'est vrai, ils commencent à parler de leur origine depuis peu. Mais ce que je veux dire, c'est que dans leur musique, il n'y a rien de français...
Antoine : ... Oui mais ça c'est notre vision à nous. Comment expliquer ? Je ne sais plus qui m'avait dit ça... si, je crois que c'était une copine danoise. Ben elle, elle trouve que Phoenix, ça sonne français.
Simon : Ah ouais ?
Antoine : Elle trouve ça bien, hein ? Pour elle c'est un compliment. Souvent, quand tu fais du rock en anglais et qu'on te dit : "Vous sonnez comme du rock français", on prend ça mal à tort...
Simon : Si ça veut dire sonner comme Phoenix, ça me va, moi.
Antoine : Elle trouve qu'il y a un charme français...
Martin : Tu veux dire, au niveau de la voix ?
Antoine : Non, pas forcément. Tu sais, avec la French Touch, et tout ça...
Simon : Ceci dit, nous, la French Touch, on aime plutôt ça, aussi.
Martin : Enfin bon, je ne sais pas quelle place on a dans la scène française, mais il y a plein de groupes qu'on aime bien, en tout cas.



On disait en début d'interview que vous alliez tourner à l'étranger, et donc que l'album sera prochainement diffusé à l'étranger. Vous pouvez nous en dire plus ?
Simon : Là, l'album est sorti en Suisse, en Belgique et en Hollande, en même temps qu'en France. A la rentrée, on va aller tourner dans ces pays-là. Après ce sera très progressif, mais jusqu'à la rentrée 2010 il y aura des sorties qui vont s'étaler sur un maximum de territoires. Sans doute en premier ce sera l'Espagne, ou peut-être l'Allemagne. Après il y aura le Canada, le Japon...
Antoine : On ne peut pas trop en parler pour le moment.
Simon : C'est un peu long à mettre en place, ce ne sont que des pistes. Certains projets sont finalisés, d'autres sont en cours de négociation. Enfin bon, si on pouvait sortir l'album partout dans le monde, et le suivre en tournée, ce serait cool.
Martin : C'est marrant d'ailleurs, on parlait tout à l'heure du fait d'être français et de chanter en anglais. Je veux dire, quand on a été démarcher des maisons de disque en France pour vendre notre album, on s'est entendu dire plein de fois : "Tiens, encore un groupe français qui chante en anglais".
Antoine : Ouais, une sorte de snobisme local...
Martin : ... Alors qu'à l'étranger, pas un seul label n'a tiqué sur le fait qu'on était français. Pas un seul. Comme quoi, quand tu sors de France...
Antoine : Au contraire, il y a des tournures de phrases typiquement françaises qui se retrouvent dans notre anglais. Une sorte de poésie française, pas forcément voulue, un peu fragile, un peu charmante. Ça donne un côté qui plait pas mal aux anglo-saxons.

Dans le même ordre d'idée, si vous ne deviez avoir qu'un succès confidentiel en France, mais que vous arriviez à percer dans d'autres pays, ça vous gênerait ?
Simon : Non, on serait content ! (Rire)
Martin : Finalement, ce serait un peu la façon de faire "à la Phoenix".
Antoine : Il y a quelques autres groupes français qui se sont bien exportés, comme Tahiti 80 par exemple...
Simon : Tahiti 80, oui. En fait, nous, si on pouvait avoir dans 50 pays la renommée qu'on a actuellement en France, ce serait parfait.
Martin : On s'en fout de remplir l'Olympia, tu vois...
Simon : ... Enfin, on aimerait bien, quand même !
Martin : Oui, mais... on s'en fout de remplir l'Olympia si c'est pour être inconnus à l'étranger.
Simon : Ce serait plus intéressant de remplir un Nouveau Casino dans toutes les capitales du monde.

Et pour finir, la question piège : Exsonvaldes, comme nom de groupe, c'est de l'humour noir ?
Martin : (Rire) C'est plutôt une mauvaise blague.
Simon : C'est une blague dont on n'avait pas conscience. On a choisi le nom pour sa sonorité. On recherchait un nom propre, et Exsonvaldes, on trouvait que ça sonnait bien. Après, on a peut-être sous estimé la référence.
Martin : On ne pensait pas que la référence était aussi évidente, en fait.
Simon : Bon, après, il y a aussi plein d'autres personnes à qui ça ne parle pas. Mais en fait, le pire, ce sont surtout tous les jeux de mots qu'on se tape dans les chroniques. Genre : "Ce bateau n'arrête pas de couler", ou "C'est l'Amoco Cadiz". Mais c'est juste un nom, rien de plus.

Le mot de la fin ?
Antoine : A table ! (Rire général)

Un grand merci à Simon, Martin, Antoine et Guillaume pour leur accueil chaleureux, leur gentillesse et leur disponibilité.
Merci également à Jennifer, sans qui cette interview n'aurait pas pu avoir eu lieu, ainsi qu'à toute l'équipe du Ferrailleur.
En savoir plus sur Exsonvaldes,
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