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De 2010 à 2020 : les dix albums préférés de Mathieu


Mathieu, le 25/11/2020

En cette nouvelle période de confinement, mon tour est venu de vous proposer ma sélection des dix sorties ayant marqué ma dernière décennie. En tant que nouveau rédacteur, cet article constituera, je l'espère, une bonne présentation de mon identité musicale et de mes de orientations stylistiques.

 

J'ai n'ai commencé à m'intéresser au rock que tardivement. Immergé dans la musique classique depuis mon plus jeune âge, c'est en rencontrant ma chère et tendre, rockeuse dans l'âme, que je me suis ouvert à des sonorités plus "actuelles" (Quelques années se sont tout même écoulées entre Beethoven et Les Beatles!). Après avoir forgé mes premières armes en compagnie d'autres Pink Floyd, Doors, Dire Straits, Led Zeppelin et ayant gambadé entre Green Day et Linkin Park, je me suis naturellement orienté vers les scènes alternatives et indé. 

 

Les 10 albums sélectionnés ici font partis de ceux qui m'ont le plus marqués au cours de mon parcours d'auditeur, ceux que j'ai le plus écoutés et que je sors avec toujours autant de plaisir. Il ne faut pas voir cette liste comme un ordre de préférence mais plutôt comme une évolution logique de mes goûts musicaux et styles d'intérêts. J'espère, à travers ce top, vous donner l'envie de découvrir (ou redécouvrir) l'un ou l'autre album ayant de mon point de vue, marqué les dix dernières années. Trêve de bavardages, voici les 10 galettes en question.

À moi de jouer !

The Black Keys - El Camino (2011 - Nonesuch)


Un classique, pour commencer, le fameux El Camino des Blacks Keys. Bien qu'après la découverte de la discographie entière du groupe, cet album peut être surpassé par son grand frère (le bien nommé Brothers), cet album a marqué ma rencontre avec le Blues-Rock moderne. Je retrouvais les sonorités old-school des guitares, le tout dans un album frais et moderne (la patte de Danger Mouse à la production venant ajouter ce brin de modernité au son des Keys).


Je me rappelle encore de ma fascination à la première écoute de ce disque rempli de tubes. Le cultissime "Lonely Boy" et son riff imparable qui vous attrape dès les premières secondes constitue une parfaite entrée en matière. Ce disque est rempli d'un malin mélange de blues-rock traditionnel et d'éléments pop (claviers, cœurs féminins), pour un ensemble cohérent, sans redondances dans un style très catchy. Idéal lors d'un petit coup de mou en cette période de confinement justement.


Les 3 titres sélectionnés :  "Lonely Boy"; "Little Black Submarines"; "Mind Eraser"

Foals - Holy Fire (2013 - Warner)


Un groupe faisant désormais parti de mes références. On ne présente plus le collectif d'Oxford qui a notamment frappé un grand coup l'an dernier avec la sortie des deux excellents volets de Everything Not Saved Will Be Lost.


Pour ma part, c'est avec Holy Fire que j'ai découvert l'univers musical si riche des Foals. De manière plus globale, c'est grâce à cet album que j'ai franchi les portes du merveilleux monde du rock indépendant, avec lequel je tisse toujours un lien très particulier. Le groupe délaisse ici quelque peu les allures Math-Rock des deux précédentes productions pour se diriger vers un style plus brut et direct. On fait face à une véritable bombe pop-rock, vacillant entre ombre et lumière. L'ouverture est littéralement phénoménale avec ce "Prelude" aux allures guerrières, quasi instrumentale, qui débouche sur le décapant "Inhaler". Tout au long de l'album, on retrouve deux des éléments si chers à l'identité sonore des poulains d'Oxford : la guitare mutée jouée en picking et la voix puissante et singulière de Yannis Philippakis, au sommet de son art. Les puristes sentiront les prémisses d'une volonté d'évoluer vers un style plus accessible, notamment avec le funky "My Number", véritable tube, mais je pense qu'il faut plutôt voir cette évolution comme un désir de diversification et d'enrichissement de leur palette sonore.  Cet album présente en somme une diversité assez incroyable, naviguant entre ballades subtiles merveilleusement travaillées et purs moments de rock.


Les 3 titres recommandés : "Inhaler"; "Late Night"; "Providence"

Alt-J - An Awesome Wave (2012 - Atlantic)


Premier album des Alt-J et de loin mon préféré, les trois anglais ont su frapper fort en nous proposant un premier disque hybride de haute volée, touchant à un vaste panel de styles et d'influences.


Mettons tout de suite de côté les analogies émises envers leurs compatriotes de Radiohead, la bande de Leeds a su trouver un style totalement à part, difficilement "classable". Prenez une bonne base d'électro-pop, mêlez la astucieusement à la subtilité du rock indépendant, ajoutez à celà une petite dose de groove et de beats aux accents hip-hop et vous obtiendrez les fondamentaux de ce petit bijou. Ce Awesome Wave surprend par ses textures, ses textes complexes et ses parties lyriques sublimées par le superbe travail effectué autour du grain de voix si particulier de Joe Newman. C'est expérimental, frais et original. Un album plus que recommandable et de mon point de vue bien au dessus des deux productions qui ont suivies.


 Les 3 titres recommandés : "Tesselate";  "Something Good"; "Fritzpleasure"

Nothing But Thieves - Broken Machine (2017 - RCA)


Bien qu'exerçant sur la scène alternative Anglaise depuis 2012, les Nothing But Thieves ont réellement confirmés les espoirs placés en eux avec la sortie de ce second effort, le magnifique Broken Machine. On fait ici face à un brûlot rock construit autour de la voix puissante, tout en falsetto, de leur leader Conor Manson. Souvent comparés au Muse des premières heures, les Anglais allient à la perfection gros riffs de guitares et sections rythmiques entêtantes autour de couplets apaisés et refrains puissants. Sombre par les thématiques qui y sont abordées, cet album a été composé sur la route de leur (difficile) première tournée, expliquant les textes parfois torturés. Au milieu de toute cette énergie, le groupe sait également nous proposer de magnifiques moments d'accalmie autour de quelques ballades savamment orchestrées. Les anglais n'ont malheureusement pas continués sur cette lancée en nous proposant cette année un troisième album un peu décevant, lorgnant vers des sonorités typées FM... Dommage !


Les 3 titres sélectionnés : "I Was Just A Kid"; "Amsterdam"; "Particles" 

Everything Eveything - Get To Heaven (2015 - RCA)


On parle ici du troisième opus des Anglais d'Everything Everything, groupe d'art rock formé en 2007. Après 2 albums de bonne facture, Get To Heaven a en quelque sorte propulsé le groupe sur le devant de la scène, celui-ci étant un chouïa plus accessible que les précédentes productions. 


La première rencontre avec cet étrange personnage représenté sur la pochette peut paraître surprenante et plusieurs écoutes peuvent ainsi être nécessaires avant de commencer à apprivoiser la bête. Les Anglais nous plongent dans un véritable labyrinthe sonore, dans lequel il est bon de se perdre, après avoir tout de même pris quelques repères. Un nombre impressionnant de styles et d'influences se mêlent joyeusement ici. C'est parfois complètement déjanté, tantôt subtil et mélodieux, tantôt jovial et dansant, le tout dans un style très théâtral. Le tout est sublimé par la voix de tête si riche et particulière de Jonathan Higgs. Du grand art, et la parfaite porte d'entrée de l'univers si particulier de ce groupe qui nous propose cette année son cinquième album, Re-Animator, également de très bonne facture.


Les 3 titres sélectionnés : "To The Blade"; "Spring/Sun/Winter/Dread"; "No Reptiles"

Balthazar - Thin Walls (2015 - PIAS)


Encore un peu de pop (promis après j'arrête), belge cette fois, avec un groupe originaire de Courtrai. Troisième album mais premier produit et enregistré en studio, Balthazar nous propose un album chaud et sexy de grande classe, à l'image de sa couverture aux paillettes dorées. La basse joue un rôle central dans cet album apportant une rondeur irrésistible aux compositions (et notamment sur "Bunker", magique). Le violon de la désormais regrettée Patricia Vanneste, marque de fabrique du son de Balthazar, se mêle parfaitement aux timbres des voix graves de Maarten Devoldere et Jinte Deprez qui se partagent le micro. L'ensemble de l'album évolue dans cette ambiance feutrée dans laquelle il est bon de se plonger pendant près de 40 minutes.


Balthazar confirmais en 2015 avec Thin Walls, sa place parmi les meilleurs groupes de rock indépendant Belges. Nous les attendons d'ailleurs avec impatience en début d'année prochaine avec la sortie de leur cinquième album, Sand.


Les 3 titres sélectionnés : "Decency"; "Bunker"; "So Easy"

Shame - Songs Of Praise (2018 - Dead Oceans)


J'aurais pu vous parler de Fontaine D.C., Idles, Bodega ou encore Pottery, mais Shame ont été les premiers à éveiller mon intérêt pour cette nouvelle génération de formations estampillées "Revival Post-Punk". La rencontre avec ce recueil de titres bruts, et de refrains acérés a été pour moi comme une évidence. Je retrouve dans cet album tout ce qui m'attire dans la musique : des guitares vives, des lignes de basses sautillantes, une énergie communicative et des textes assez sombres et pessimistes remplis de second degré ("The Lick" en tête). On retrouve dans la musique des jeunes anglais ce côté brut mais associé à une certaine subtilité, particulièrement au niveau de la composition et des arrangements, le côté rock alternatif restant par ailleurs très présent (notamment sur le magnifique "Angie" qui clôture l'album). 


Shame est à ne pas louper en live pour gouter pleinement à l'énergie communicative de son chanteur. En attendant en vain le retour des concerts, on espérera se consoler avec leur second album prévu pour janvier prochain, dont les deux premiers extraits sont plutôt alléchants.


Les 3 titres sélectionnés : "One Rizla"; "The Lick"; "Angie"

Ghost - Prequelle (2018 - Loma Vista)


Ghost a déjà été intégré à plusieurs reprises au sein des sélections - de très bon goût - de mes collègues. Cela souligne d'autant plus le fait que la bande de Ghouls de Tobias Forge a marqué au fer rouge la dernière décennie. De mon côté, c'est Meliora, leur troisième album, qui a marqué ma rencontre avec le groupe et Prequelle, sorti 3 années plus tard a confirmé mon engagement au sein du clergé Suédois. 


Ghost nous plonge ici au cœur du Moyen-Age, période de règne religieux et touchée par la peste. Tobias Forge combine à merveille riffs heavy, ambiances psychédéliques, mélodies pop et refrains imparables, le tout renforcé par un chant aux intonations théâtrales. Nous soulignerons la présence de deux pistes exclusivement instrumentales : "Miasma" et son surprenant - mais délicieux - solo de saxophone, et "Helvetesfonser" morceau progressif aux allures celtiques. Un certain côté retro se retrouve également tout au long de l'album appuyé par l'utilisation de nombreux claviers. Ce dernier effort est pour sûr le plus accessible du groupe mais n'en reste pas moins intéressant et cohérent. Amen !


Les 3 titres sélectionnés : "Rats"; "Miasma"; "Dance Macabre"

Oh Sees - Smote Reverser (2018 - Castle Face)


Avant de rentrer dans le vif du sujet, accordons nous un moment pour admirer cette magnifique pochette réalisée par l'illustrateur SF, Matt Stawicki. C'est d'ailleurs cet élément qui a retenu mon attention et m'a poussé à écouter l'album. J'ai donc, grâce à cet artwork, inconsciemment atterri en plein milieu de l'univers riche et complexe imaginé par le délirant John Dwyer. Riche par le nombre d'albums sortis par son groupe depuis 2003, soit 24 à ce jour sous diverses appellations (OCS, The OhSees, The Oh Sees, Thee Oh Sees, Oh Sees et Osees actuellement) et complexe par la quantité phénoménale de styles abordés (et apprivoisés !) au fil des années.


Ce 21e album studio explore le versant psychédélique et progressif de leur identité. On retrouve toujours ce côté jazz fusion qui a batti l'identité du groupe par le passé avec ses sonorités touchant au garage. Cependant sur certaines pistes, les arrangements se font plus léchés et complexes qu'à l'accoutumée. On nous propose par moments des ambiances aux allures groovy, misant justement sur ce virage progressif entamé par la formation américaine. Un gros travail est notamment effectué autour des textures et des rythmiques, se basant sur les talents de leurs deux batteurs (et c'est à voir en live !). Un album en soit assez complexe, qui peut demander du temps avant d'être apprivoisé, mais je ne peux que vous recommander de pleinement vous y plonger afin d'y déceler son véritable potentiel.


Les 3 titres sélectionnés : "Sentient Oona"; "C"; "Abysmal Urn"


 

Lysistrata - The Tread (2017 - Vicious Circle)


Un groupe Français pour clore ce top (cocorico !!) avec Lysistrata, trio basse-guitare-batterie originaire de Saintes. La sortie de leur premier album, The Tread, avait fait grandement parlé et avait frappé un grand coup sur la scène rock-indé nationale. Enregistré dans des conditions proches du live, pour justement retrouver cette énergie brute et naturelle des concerts, les 3 garçons nous proposent un savant mélange de math-rock à la Foals, de noise et de post-hardore à la At The Drive-In. On retrouve également quelques accents progressifs sur des titres construits de manière non-conventionnelle observant de subtils changements d'ambiance. La technique instrumentale est là, la puissance vocale de Ben , le chanteur batteur, est impressionnante et l'énergie dégagée par ce premier effort est tout bonnement incroyable.


En plus d'être très bon sur album, Lysistrata est un groupe né sur scène et n'est à rater en tournée sous aucun prétexte. Leur second effort sorti l'an dernier est venu renforcer leur notoriété sur la scène française, laissant présager un avenir radieux. Je vous encourage d'ailleurs à jeter un œil à l'excellente critique proposée par Olivier.


Les 3 titres sélectionnés : "The Thread"; "Answer Machine"; "Sugar & Anxiety"

Commentaires
MathildeAR, le 30/11/2020 à 17:36
Faut vraiment que j'approfondisse Shame, ta critique donne envie ! Et bien d'accord avec Foals, Balthazar et Ghost (un peu le trio gagnant là, dans les classements)
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The Killers


Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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