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Compte-rendu de concert

The Kills


Date : 25/10/2008
Salle : Festival Picardie Mouv (Elispace) (Beauvais)
Première partie : Masala, BB Brunes
Maxime, le 01/11/2008
( mots)
Cela fait désormais trois ans que le festival Picardie Mouv’ poursuit ses explorations sonores en proposant des plateaux variés (de la chanson au rock, en passant par le folk, la world ou l’électro), disséminés dans la plupart des grandes villes picardes tout au long du mois d’octobre. Pour cette riche cuvée 2008, les amateurs d’électricité n’auront pas manqué de marquer la date du 25 octobre dans leurs agendas, qui leur a offert sur un plateau The Kills et BB Brunes, une affiche qui aurait bondé une salle parisienne à quelques dizaines kilomètres de là. C’est ainsi dans un Elispace à moitié rempli, à quelques encablures du tarmac de l’aéroport de Beauvais, que l’on a pu confortablement admirer les prouesses de l’une des sensations indie les plus excitantes de ces dernières années et du groupe teenage rock le plus populaire de l’Hexagone. Une petite horde de fans en jeans slims et chaussures pointues semblant toute doit sortie du Gibus hante logiquement les lieux.

Le mérite du festival est de proposer systématiquement un groupe picard en première partie. Masala se charge ainsi d’ouvrir les hostilités. Comme son nom l’indique (mélange en indien), la formation est hétéroclite, batteur tentaculaire, guitariste dreadlocké qu’on croirait échappé de Mass Hysteria (on reconnaîtra en fait le vendeur du rayon guitares d’un magasin de musique saint-quentinois) et bassiste/chanteur fluet alternant chant clair et hurlements hystériques. Mais la mixité de Masala trouve davantage sa source dans son empreinte sonore, cocktail fébrile entre une rythmique à la Primus, une pop metal lorgnant vers Incubus et un penchant progressif dans la lignée de The Mars Volta (en plus ramassé tout de même). Cela occasionne quelques belles échappées qui prennent toute leur mesure en live. Masala est un groupe frais, qui tourne autour d’une formule assez accrocheuse. Il manque cependant des mélodies un peu plus consistantes et un jeu scénique à développer, le groupe se révélant un peu trop statique sur les planches. Le titre "Planet Earth" joué en fin de set augure cependant du meilleur.
http://www.myspace.com/masalatrio

On ne mentira pas en avouant que la principale raison de notre venue se trouve contenue en cinq lettres assassines. Le public semble s’être rangé derrière notre avis, et accueille avec une formidable clameur l’arrivée de VV et Hotel. Même devant une audience plus jeune et moins branchouille que celle qui les fêtera trois jours plus tard à Paris, le duo ne se démonte pas et offre une heure d’un rock noir, incandescent, animal et incroyablement sexuel. En dépit d’une sono injustement bridée (Masala avait joué bien plus fort), "U.R.A. Fever" déploie ses beats heurtés, ses guitares chuintantes et son chant lugubre avec une force qui aimante tous les regards. Une chorégraphie bestiale se met alors en branle : Jamie Hince sarcle son instrument en de brusques gestes syncopés, se meut comme un robot détraqué, tandis qu’Alison Mosshart fait fondre les esprits en entrant en une transe libidinale, ses magnifiques cheveux élancés à tous vents, son allure féline quand elle arpente la scène pendant que son complice ajuste sa boîte à rythmes, sa manière charnelle de s’approprier les chansons. Si chacun se déplace à sa façon, l’un abrupte, l’autre tout en courbures, le duo est en dialogue constant. Quand vient le moment d’haranguer le public en se postant aux deux extrémités de la scène, les deux le font d’un même mouvement, en stéréo. La set-list est lourdement dominée par leur troisième opus, Midnight Boom révélant comme une évidence qu’il est bien l’un des meilleurs albums qu’il nous ait été offert d’écouter depuis ces derniers mois. Certains titres sont de véritables bombes pour dancefloors lugubres (l'affolant "Cheap And Cheerful", le jogging sous nicotine "Getting Down", "Sour Cherry"), d’autres de puissantes décharges pulsionnelles grillées à vif ("Last Day Of Magic", "Hook And Line", "Alphabet Pony"), d’autres encore de narcotiques bluettes qui hantent longtemps la conscience ("Tape Song"). Quelques judicieux extraits de Keep On Your Mean Side et No Wow s’intercalent dont un fantastique "Cat Claw". Bouleversé, ébranlé, en état de choc, l’expérience The Kills flingue encore les rétines alors que les lumières se sont rallumées depuis belles lurettes.

Après une telle démonstration de charisme vénéneux, l’arrivée des BB Brunes fait forcément pâle figure. Une puissance sonore revue à la hausse, une fougue juvénile, beaucoup d’énergie à revendre, mais infiniment moins séductrices que l’assurance toxique des Bonnie & Clyde de l’indie rock. Mais les BB Brunes abattent leur boulot (conquérir définitivement les foules de France et de Navarre) avec application, et le font bien. "Le Gang", "Dis-moi" sont les nouveaux hymnes de notre jeunesse, c’est indéniable. Le chanteur sait indiscutablement mettre un public dans sa poche, même au prix d’exhortations parfois bien niaiseuses ("Allez les filles, criez !"). Du rock’n’roll bien maîtrisé, encore prisonnier de ses influences (certaines nouvelles compositions en anglais sont dévoilées, et on se demande toujours au premier abord si ce ne sont pas des reprises), mais qui explique limpidement que le succès des BB Brunes ne doit rien au hasard. Surveillant du coin de l’œil leur progéniture, les parents, adossés contre le mur du fond, semblent approuver. Tandis que les autres, postés dans leur monospace sur le parking fouetté par un vent glacial, tuent le temps en écoutant RFM sur l’autoradio.

Avec une affiche des plus bigarrées, le Picardie Mouv a offert l’un des concerts de l’année, lequel se confondait avec cette exhortation simple : voir Alison Mosshart. Et mourir. Espérons que le festival offrira des sensations semblables l’année prochaine.

http://www.picardiemouv.com
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Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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