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Compte-rendu de concert

Loading Data


Date : 13/03/2013
Salle : Bus Palladium (Paris)
Première partie : 7 Weeks, Mudweiser
Maxime, le 21/03/2013
( mots)

Un vent caniculaire souffle sur les profondeurs de notre pays depuis quelques semaines. Les responsables : un dangereux conglomérat d'activistes heavy rock parmi les plus affutés de l'Hexagone, chacun venu défendre son dernier opus. En ce mois de mars, la tournée Stoner Rise renait de ses cendres, avec la même envie d'en découdre que lors de la première édition en 2011. Si 7 Weeks et Mudweiser sont toujours de la partie, les Elderberries ont cette fois cédé leur place à Loading Data sur la majorité des dates. Alléchés par les récents méfaits discographiques de ce trident diabolique, nous nous sommes rendus à leur escale parisienne, dans une capitale encore paralysée par la neige. Sûr que ce soir-là les énergumènes ont fait fondre les dernières congères.

Mudweiser se charge de cueillir le public. Sanglé dans sa panoplie de trucker mal dégrossi (jean troué, casquette et chemise à carreaux), Reuno gratifie l'audience d'un salut sardonique ("Salut, nous sommes les BB Brunes !") avant de faire dégueuler les amplis. Panique chez les quelques spectateurs n'ayant pas compris la blague. Le stoner huileux aux relents sudistes du quartet vrombit méchamment, tout en riffs massifs et rythmique charnue, clouant l'auditoire sur place. Le dernier opus (Angel Lust) est particulièrement à la fête, notamment sur ses savoureux breaks groovy qui raviraient aussi bien Clutch que Kyuss. Reuno assure plus que jamais le show, armé de son timbre gouailleur et de son regard fou perçant à travers les éclairages pourpres, esquissant une snake dance suave dès que la batterie consent à baisser de régime. Le Bus Palladium prend les allures d'un strip-club perdu au fin fond du Nevada. Le bassiste Jay n'est pas en reste et défend sa réputation d'animal scénique, véritable satyre barbu et au bide poilu valsant avec son instrument aux quatre coins de l'estrade. Timide et clairsemé au début du set, le public succombe enfin aux coups de boutoirs des montpelliérains.

7 Weeks débarque alors pour infliger la claque dans une atmosphère en ébullition. Rebondissant sur l'apostrophe de Reuno, Julien Bernard présente ses troupes sous le blase des Plastiscines avant de balayer toute équivoque avec l'intraitable "Acid Rain". Efficace sur disque, le combo se révèle sans merci sur scène, plus agressif et compact que jamais. Son savant mélange de stoner, grunge et heavy metal dégraissé de tout superflu ne laisse pas indemne et la foule en redemande, tandis que nos esgourdes vrillent sous l'assaut de la tornade. Allure de colosse bienveillant et jambes arquées dans le plus pur Hetfield style, Julien Bernard assure à son poste de frontman, bien aidé par son guitariste qui ne s'économise pas pour aller convaincre le public, travaillé avec autant de poigne que si les lascars se produisaient au Zénith. Récemment débauché par les limougeauds, le claviériste Manu Costa permet de déployer l'univers de Carnivora (la dernière livraison du quartette), notamment le long des breaks pétris de heavy blues de "Year Zero" et "Diary – Day 7", où les musiciens se complaisent à ralentir la cadence avant de relancer la machine sous l'approbation générale. Conquérant et affuté, 7 Weeks offre un set en béton armé, sans la moindre fausse note ni baisse de régime.

Loading Data ferme la marche, bien décidé à achever une salle chauffée à blanc par ses comparses, ravi d'exhiber devant son fief parisien le line-up flambant neuf qu'il étrenne depuis le début du Stoner Rise. Le vieux complice Robin Vieville a pris du galon et se voit confier la tâche de cadencer l'armada derrière les fûts, Julien Ribeill épaule à la guitare, Louise Decouflé allie charme et groove autoritaire derrière la basse. Au centre, l'éternel Lo mène les débats avec décontraction et nonchalance. Un concert qui fait office de release party, puisque ce jour-là déboulait Double Disco Animal Style, le troisième album du groupe, non disponible au stand merchandising (pour cause de livraison retardée par les intempéries) mais qui devrait l'être à l'heure où vous lisez ces lignes. C'est ainsi doté de quelques fraiches munitions que Loading Data met en branle son heavy groove rock, lancinant et lubrique. La setlist emboite sadiquement les ogives de Rodeo Ghettoblaster, toujours aussi létales ("Alarm Me", "Circus Blues", "Dreadlock Doll"), et les nouveaux titres creusant encore un peu plus la transe robotique qui fait la réputation du collectif ("Double Disco", "So High", "Armageddon"). Bouillant, convulsant de pogos moites en slams rageurs, le public adoube "Alright" et "Give The Rat A Name", déjà profilés comme des indispensables du répertoire du gang. Les chanteurs de Mudweiser et 7 Weeks viennent sur scène brailler à l'unisson le refrain de "Do It On The Beach" avant d'être rejoints par l'intégralité des forces en présence sur le "Voodoo" final, rassemblant sous sa bannière déjantée tous les freaks d'un soir.

K.O. Total. L'équipage a mâté la capitale comme les autres villes de province avant, chacun honorant l'idiome heavy rock avec sa personnalité propre. La qualité du plateau et l'excellente ambiance générale nous feront vite oublier un son approximatif qui ne nous aura pas fait goûter à plein aux organes chargés de Reuno et Lo, la soirée s'étant déroulée selon la sainte trinité stoner : décibels plombés, bière et fun décomplexé. Le Stoner Rise se poursuit encore quelques jours. Il serait criminel de rater une telle affiche si les lascars passent près de chez vous. Quant à nous, on vous cause plus en détail des disques très bientôt.

Mudweiser : Angel Lust (Head Records/Season Of Mist), sortie le 14 février
7 Weeks : Carnivora (Klonosphère/Season Of Mist), sortie le 1er mars
Loading Data : Double Disco Animal Style (Deadlight Entertainment), sortie le 13 mars

 

Les photos du set de Mudweiser

Les photos du set de 7 Weeks

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